Rectificatif -Rien ne sert de courir

Publié le par Célestin S. Mansévani

Une erreur s'est glissée à la fin de mon article à l'endroit du site du concors Writemovies contest #18.
Sur le document envoyé, il figure bien comme écrit , mais à la réception il nous ramène au contenu du site précédent, le contest #13 qui dès lora apparaît deux fois. Merci de bien vouloir remplacer le texte précédent par celui-ci.

RIEN NE SERT DE COURIR

Je regardais, l’autre jour le vidéo intitulé «Moscovite». Mon Dieu !

L’acteur principal de ce sketch télévisé, Shaba, pour ne pas le citer, débarque à Kinshasa, venant de Moscou,  sans aucun accessoire dans ses valises confirmant qu’il vient de Moscou. Il aurait pu se munir de coupures de journaux, de livres sur le communisme, des photos de Moscou, de la fameuse boisson préférée des Moscovites, la vodka. Rien de tout ça !

Les films que nous réalisons au cinéma ou sur vidéo doivent nous permettre d’informer ou d’éduquer le public qui est avide d’apprendre. Grâce à Internet, on peut se documenter soi-même sur divers sujets et rendre notre propos plus crédible.

Dans celui-là, en tout cas, ce ne fut pas le cas. On aurait dit qu’il débarquait juste de Kisenso, la zone d’à côté, à part son accoutrement qu’il a emprunté je ne sais où, sûrement au marché des «tombola-bwaka» de Matete..

Je n’ai pas non plus aimé sa façon d’exploiter les Inondations à Kinshasa -Makala sous prétexte qu’il voulait sensibiliser la diaspora de cette zone au problème vécu. Les comédies ne doivent, sous aucun prétexte, être confondues avec  des  drames vécus. Il existe d’autres façons d’amasser des fonds. Il y a souvent des inondations qui font des milliers de morts partout dans le monde comme nous pouvons le voir sur Internet: Australie (Bilan des inondations en Australie),  Asie ( Appel pour les victimes des inondations en Asie du Sud (Oxfam ...),  Yémen (Inondations meurtrières au Yémen),  Inde(Inondations catastrophiques en Inde),  Etats-Unis (Inondations aux Etats-Unis : 12 morts,) , Chine("Les pires inondations depuis 10 ans" en Chine) ,  France(Secours populaire : Urgence inondations en France), etc. Qu’on se souvienne du fameux  Tsunami du 26 décembre 2004  qui a fait plus de 200 000 morts ! Je ne vois pas un réalisateur allant sur les lieux et les décombres pour faire un film comique ? Il se ferait traiter de cynique et de sadique !

Ce que je reproche aux vidéastes congolais d’aujourd’hui c’est ce culot de se faire des touche-à-tout alors qu’ils manquent d’instruction et d’expérience. Chaque métier a ses règles ; le cinéma itou.  Moi-même, ce n’est  pas par hasard que je suis devenu cinéaste. Avant ma maîtrise en technologie de l’enseignement de l’Université Laval, j’ai eu mon diplôme de 6 ans d’humanités gréco-latines ( Collège Notre-Dame de  Mbansa-Mboma et  Collège Albert 1er  (1956-1962) . J’ai participé à un concours qui m’a permis d’effectuer un stage de formation d’un an en 1970 à l’Office de Radiodiffusion et de Télévision française (O.R.T.F) De retour au pays, j’ai débuté comme assistant à la réalisation (1971-1973) Je suis devenu réalisateur en 1973 puis j’ai été nommé chef de la réalisation des programmes télévisés de 1975, poste que j’ai occupé jusqu’en 1982. Pendant ces années, j’ai couvert bien de grands événements dont la Visite de Jean-Paul II (1980), l’inauguration de la station satellite de N’Sele (1978), les obsèques du feu Marien Ngouabi à Brazzaville(1978), celles de feue l’épouse du président Mobutu(1977), l’inauguration de la Cité de la Voix du Zaïre(1976) et autres. Puis je me suis envolé pour la France où j’ai suivi, pendant deux ans,  un stage  de perfectionnement de cadre supérieur-option réalisation. 

J’ai appris des Lutu Mabangu, Komba Kayumba et Tshitenge N’Sana, mes prédécesseurs qui, eux aussi, ont connu des  cheminements analogues.

En plus, j’étais encadré par une équipe de réalisateurs compétents dont Botulu Monga Longo,  chargé des tournages en vidéo extérieure, Diambu Kumbazi, qui travaillait aux côtés de Benoît Lukunku pour  Kin-Kiese,  et  Wamushala Kamba, jeune cinéaste sorti de l’I.S.T.I. Eux aussi avaient leurs titres de noblesse.  

 

Bon. Revenons à nos moutons. Réaliser un film ne s’improvise pas. Il existe des écoles pour ça. Il faut aller sur le plateau de tournage d’une production professionnelle pour se  rendre compte que ce n’est pas une sinécure. Hélas ! Nos vidéastes congolais le savent mais ils  préfèrent contourner les règles du métier et brûler les étapes.   Il faut ne pas, dès lors, s’étonner des résultats. Quand nous posons un regard général sur l’ensemble de nos productions sur vidéo, nous nous rendons compte, avec stupéfaction, que les réalisateurs sont devenus légion. Il n’y a qu’à regarder les sketches qui sont distribués à travers le monde pour se rendre compte que n’importe qui peut désormais s’improviser réalisateur. Certains signent juste pour signer. Ce sont les caméramans autodidactes qui s’improvisent monteurs et réalisent le film en lieu et place du prétendu réalisateur.  C’est vraiment le monde à l’envers ! Pour reprendre une expression de feu Franco Luambo, j’aurais tendance à dire : «Filme ba mariages, tika kosala ba faux films» !

Avant de quitter le pays en février 1982, j’ai laissé le groupe Salongo au mieux de sa forme. «Ndeko ya», «Keba na muana ya moninga» et «L’enfant de mon chauffeur», pour ne citer que ceux-là, nous ont valu des éloges et nous ont permis de nous créer des relations au point que je me suis vu affubler du sobriquet «Pape».  Qu’est-il advenu du groupe Salongo après le décès de Tshitenge N’Sana ? Il s’est disloqué. Pour paraphraser le vieux Justin Bomboko, je dirais : «Bawele mpifo, ntina na »! Leur léthargie donné le champ libre aux bricoleurs, d’où  l’émergence et le foisonnement des apprentis sorciers… pardon… vidéastes. Ba petits, botika ba aventures !

Ce qu’il faut au Congo, c’est une infrastructure qui permette à nos vrais cinéastes de s’exprimer. Tala-Ngai, Komba Kanyumba, Lutu Mabangu, Tshitenge Madika, Maseke Muaninta,  Shango Onokoko,  Masamba Mankwe, Luzolo, Bokakala, Wamushala, Mpasi Samba et autres sont de vrais cinéastes instruits, éduqués, expérimentés et compétents qui attendent seulement qu’on leur fournisse les moyens financiers pour réaliser des films conformes aux règles et normes d’usage. «La Vie est belle» de  Gangura Mwenze aurait dû nous servir de motivation ? Qu’attend-on pour le faire ? Dégoter un ou deux millions dans les caisses du trésor public pour produire un film qui va en rapporter le double, est-ce impossible ? Est-ce trop demander à nos gouvernants ? Voyons donc ! Il y a un commencement à tout pourvu d’y mettre de la volonté. Regardez ce que l’Inde fait  de Bollywood !  Slumdog Millionaire , ça ne vous rappelle rien ?  Oh ! Mon pauvre pays ! 

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Untitled Document – contest # 13

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