Bourgeoisie oblige - reprise

Publié le par Célestin S. Mansévani

BOURGEOISIE  OBLIGE – reprise

Dans mon article, sur la deuxième ligne, je vous prie de lire s’arrangeaient plutôt que d’arrangeaient. Une faute de frappe, une fois de plus. Toutes mes excuses !

Dans mon article intitulé « Saison sèche au village », j’ai décrit comment jadis deux familles de chez-nous s’arrangeaient pour organiser les fiançailles et le mariage de leurs garçons et filles. On aurait tendance à dire qu’il s’agissait de mariages arrangés. Eh ! Bien, nenni ! Parce que chacun des prétendants était libre d’accepter ou de refuser l’homme ou la fille qu’on lui avait fait rencontrer. En plus, il ne s’agissait pas d’une personne désignée d’avance comme c’est le cas dans certains pays comme l’Inde et le Pakistan où les choses se déroulent différemment. D’entrée de jeu, commençons par définir le mariage arrangé selon Wikipédia.

Composante culturelle.

Le mariage arrangé est une tradition culturelle où la famille (en général les parents) choisissent l'époux d'un ou une personne célibataire et en organisent le mariage, avec ou sans (on parle alors de mariage forcé) son consentement. Ceci se fait dans beaucoup de pays d’Afrique  et d’Asie, c'est par exemple la norme au Pakistan où les mariages d'amour sont rares et plutôt mal-vus. .

Les Pakistanais, eux, considèrent qu’il est tout à fait correct que les mariages soient arrangés par la famille. Comme on pourra s’en rendre compte, il s’agit d’une tradition vieille de centaine de siècles, héritée de leurs ancêtres. En plus, les jeunes garçons et filles pakistanais ont un respect de la famille et des parents inné. Vous savez, il y a beaucoup de pays au monde où la famille est sacrée. On n’a qu’à penser aux Italiens, à la mafia et autres exemples à notre connaissance.   

Le mariage pakistanais

L’époux pakistanais fait presque systématiquement partie de la famille. C’est un cousin germain ou éloigné, un beau-frère, un oncle. En se limitant au cercle familial, les parents donnent leur fille à un homme qu’ils connaissent et obtiennent la garantir que l’argent de la dot restera dans la famille. Quel que soit le mari ou l’épouse choisi(e), les parents sont convaincus d’agir pour le bien de leur enfant, d’où la souffrance et l’incompréhension mutuelles en cas de refus. Après tout, un époux choisi selon des critères aussi rationnels que la nationalité, la classe sociale, la religion, le confort, l’intelligence et la beauté n’est pas nécessairement un plus mauvais mari qu’un homme désigné au hasard par des battements de cœur en saccades et des joues empourprées.

© Martin Bohn

Le mariage arrangé est une vieille coutume qui était pratiqué par des familles royales et aristocratiques dans le monde. De nos jours, les mariages arrangés sont encore d'usage en Inde, en Afrique et, dans une certaine mesure, au Moyen-Orient. L'un des mérites du mariage arrangé est sa focalisation sur les valeurs familiales. Depuis les souhaits des parents et des membres de la famille sont considérés ou même suivre pour le choix d'un partenaire, il y aura moins de risque de querelle et de discorde au sein de la famille. Par-dessus tout, les mariages arrangés sont moins sur la passion et la romance et plus sur le démarrage d'une famille.

Par Renée Larochelle

Au Québec, on se marie généralement par amour, les conjoints choisissant librement leur partenaire de vie. Dans d’autres parties du monde cependant, les mariages arrangés sont la norme. C’est le cas de l’Inde, du Pakistan, de la Chine, du Moyen-Orient et de plusieurs pays d’Afrique, par exemple, où ce type de mariage vise à créer ou à renforcer des alliances économiques ou politiques entre deux familles. Le choix de la future épouse y est ainsi dicté non seulement par les parents mais aussi par la famille élargie. Ce type d’arrangement bouscule peut-être nos principes occidentaux basés sur le libre-choix mais la question des mariages arrangés doit être analysée dans le contexte des rapports de parenté des sociétés et des cultures où ils sont pratiqués, insiste Manon Boulianne, professeure au Département d’anthropologie.

Le mariage arrangé ne se pratique pas seulement au Pakistan. Aux temps de la monarchie, les familles royales d’Europe occidentale s’arrangeaient pour que leurs princes et princesses respectives se marient entre eux. Isabelle de Bourbon, Catherine De Médicis, Marie Stuart, Anne de Bretagne et autres sont des exemples de princesses devenues reines par alliances. Ceux qui connaissent l’histoire de la Belgique savent que les épouses de certains rois et princes viennent de pays voisins, Fabiola et Paola entre autres. Ces unions entre princes et princesses de pays voisins, entre cousins et cousines servaient jadis à conserver, à renforcer ou à étendre leurs pouvoirs pour les familles régnantes. Si vous êtes un fan de l’histoire et des généalogies, je vous convie à lire l’article DH.be - 170 ans de mariages royaux.
L’Afrique n’est pas demeurée en reste. Jean-Bedel Bokasa a essayé d’instaurer une sa dynastie à lui en Centrafrique. Il a lamentablement échoué. Au niveau des mariages et alliances, ceux qui ont lu mon article intitulé « Hergé avait vu juste » ont peut-être été choqués des pratiques de certains de nos chefs d’État en matière d’inceste. Eh ! Bien ! Cela n’est rien comparé à l’histoire de pharaons égyptiens dont épouser sa propre fille était une coutume institutionnalisée! L'Egypte Eternelle - Les mariages royaux dans l'Egypte ancienne.
En tout cas, en Europe, personne ne s’est jamais offusqué que les bourgeois se marient entre eux. Bien au contraire, ceux qui dérogeaient à la règle s’exposaient souvent aux critiques. Vous souvenez-vous du prince Rainier III de Monaco ?  Le fait qu’il ait épousé Grâce Kelly, une actrice américaine, a fait jaser et n’a pas échappé aux manchettes des journaux de l’époque du fait que cela sortait de l’ordinaire. RFI - Les années Grace Kelly, princesse de Monaco.

La chanson « L’argent appelle l’argent » de Pamelo Mounka nous rappelle combien le monde est injuste. Les familles royales peuvent se marier entre elles; les riches aussi. Mais dès que l’un ou l’autre noble tombe amoureux d’une personne de sang non royal ou venant d’un autre  cercle, on crie aussitôt au scandale. Qu’est-ce qui ne s’est pas dit lorsque le président Nicolas Sarkozy a épousé Carla Bruni, une mannequin devenue danseuse ? Lui au moins, il a laissé parler son cœur au lieu de se tourner vers une bourgeoise ou une fille de la haute société à côté de laquelle il se serait ennuyé à mourir.

Les mariages arrangés qui tiennent compte de la classe sociale existent aussi chez-nous. Des bourgeois congolais ? J’en ai connu qui s’arrangeaient pour que les garçons et filles des uns et des autres se mariassent entre eux. Ceux qui ont regardé jadis « L’enfant de mon chauffeur » que j’ai écrit et réalisé avec le groupe Salongo à la télé s’en souviennent.  Certains opportunistes et téméraires ont cependant essayé de briser ce mythe. Inutile de citer les journalistes, musiciens et autres célébrités qui se sont prostitués à ce sujet. Qui a été nommé ministre,  qui a été promu colonel, qui d’autre a hérité de la zaïrianisation. Mboka te ! Ceux qui connaissent l’histoire des hyménées et élucubrations de Suzanne, la sœur de feue Maman Antoinette Mobutu et celle de l’ex. épouse de Bosekota fils vous le confirmeront. Dans ce cas, pour l’opportuniste, il s’agit d’un mariage de raison ou d’intérêt. Si l’on se fie à la radio-trottoir cependant, et c’est là mon point fort, moult hommes âgés ayant épousé des épouses plus jeunes, dont certaines en secondes noces, et vice versa, s’en sont mordu les doigts avec d’où l’entrée en scène des « petits poussins »,« petits mbongo » ou autres amants plus sexy. Les chansons comme « Bisalela », « Très fâché », « Mamou » et « Ngungi » en disent long.

Les fiançailles et mariages de mes souvenirs de jeunesse décrits dans « Saison sèche au village », eux, étaient des mariages pour des gens ordinaires. L’argent ou le confort n’entrait vraiment pas en ligne de compte. La dot, elle-même, était souvent une somme modique, juste symbolique! J’espère que les choses n’ont pas changé depuis.

En tout cas, de par le monde, toutes nations confondues, quand on pose aujourd’hui la question à certaines personnes au sujet du mariage arrangé, les avis sont très partagés. Mais il s’en trouve une majorité qui souscrivent au mariage organisé par les parents et la famille. D’ailleurs voici un commentaire, parmi tant d’autres,  assez intéressant qui semble privilégier et justifier cette approche.

Auteur Message yasmineke : Les mariage arrangés procurent une sécurité car ils évitent ce genre de confusion (c'est d'ailleurs le but principal de ce genre de mariage) Les mariages arrangés c'est la rencontre de 2 familles donc il est plus difficile de cacher la situation financière ou physique de la personne en question. Car lors de la rencontre on remarque vite de quel milieu la personne vient, ou elle à vécu, l’éducation qu'elle a reçu, son environnement... Il n'y a pas de secrets puisqu'il s'agit de mariages publics. Même si un doute persiste on sait facilement obtenir de l'information dans les parages L

Comme vous pouvez le constater par vous-mêmes, dans un monde que d’aucuns accusent d’avoir cédé sa place au libertinage et d’être  en pleine décadence, il y a des voix qui s’élèvent pour affirmer que si on laisse nos enfants donner libre cours à leurs sentiments et propres jugements, on risque quelquefois de le regretter. 

Si vous voulez en savoir davantage, vous pouvez toujours naviguer sur Internet. En ce qui me concerne, je compte vous parler, dans mon prochain article du mariage forcé que d’aucuns ont tendance à confondre avec le mariage arrangé. J’espère que vous serez nombreux au rendez-vous ! À plus !

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