Coree du Nord - Un peuple sachant pleurer

Publié le par Vieuxvan

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Jeudi  28 décembre  2011

 

Grand Kalle - Independance Cha Cha - YouTube 

 

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A la recherche du monstre du Loch Ness congolais

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Corée du Nord - Un peuple sachant pleurer

Le thème de la mort a souvent été exploité par nos musiciens. De la chanson Paul Kamba à celle dédiée à Pepe Kalle, feu Wendo Kolosoy a mis beaucoup de temps et vécu plusieurs événements avant que le regretté M’Zee Laurent Kabila le sorte de l’ombre. A part lui, d’autres artistes musiciens ont pleuré des copains ou des parents.

Tenez ! Franco et Tabu Ley ont pleuré Grand Kalle ; Lutumba a rendu un hommage posthume à Franco en plus de publiciser Testament Bowule de Malage. Mais, de tous, c’est Rochereau Tabu Ley qui a le plus exploité ce thème dans Mokolo na kokufa, Nzale,, Karibu ya Bintou et Kashama Nkoy. Cette dernière a failli lui attirer des ennuis du temps de Mobutu. Inutile de vous raconter cette histoire que d’autres ont du vous narrer déjà :

CongoTube - Tabu Ley: Kashama Nkoy

 

De toutes les funérailles auxquelles j’ai assisté, ce sont celles des Bayombe du Bas-Congo, inventeurs du Mai-Doda, qui m’ont le plus impressionné par leur procession funéraire de toute beauté. Lors des obsèques de Maman Antoinette Mobutu, que j’ai coordonnées à la télé, j’ai vu défiler des chorales et groupes traditionnels affligés. Mobutu lui-même n’a pratiquement pas été pleuré par le peuple comme le fut Mzee Laurent Kabila, son tombeur. Je me demande à quelles funérailles Mobutu Sese Seko aurait eu droit s’il etait mort au pouvoir. Par contre, j’ai été superviser la retransmission en direct des funérailles de feu Marien Ngouabi à Brazzaville. Ce fut très impressionnant mais pas autant que ce que la Corée du Nord vient de nous servir. Qu’en est-il au juste ?

 

Hier, dans mon article intitulé « Tu quoque fili mi », nous avons vu ensemble quel rôle jouent les taupes officielles infiltrées dans les pays étrangers. Figurez-vous que la mort du président Kim Sung-il de Corée du Nord a été ignorée pendant deux jours par son voisin et ennemi traditionnel, la Corée du Sud et par ricochet par le reste du monde :

La mort de Kim Jong-il, nouveau pied de nez aux services secrets étrangers

 

Pendant ce temps, renfermé sur soi-même, la Corée du Nord rendait un ultime hommage à son guide qui venait de trépasser. L’hommage en question relève du culte divin. C’est inimaginable de voir un peuple de millions d’habitants versant des larmes pour un dirigeant dont on dit qu’il était un dictateur implacable :

Pyongyang éploré pour Kim Jong-il

 

Je ne sais combien de litres de larmes les Nord-Coréens ont versés, de quoi risquer de se voir engloutir comme le fut la mythique Atlantide. Le problème est de savoir si ces pleurs étaient naturels et spontanés ou s’ils ont été forcés ou simulés. Dans le dernier cas, le metteur en scène qui a organisé cette mascarade mérite un sacré coup de chapeau et le peuple, lui, devrait remporter deux Oscar : celui de la soumission et celui de l’hypocrisie. Les pontes du Livre des records Guinness ont quoi se mettre sous la dent et de quoi enrichir leur célèbre répertoire !

Scènes de pleurs et de lamentations en Corée du Nord

 

Je me demande qui de George Bush Jr ou de Nicolas Sarkozy aura droit au même traitement lorsque viendra son tour de quitter à jamais la terre des hommes. Heureusement, chez-nous, au Canada, nous avons juste des Premiers ministres !

 

Un chasseur sachant chasser sans son chien est un chasseur sachant chasser. Un peuple sachant pleurer son guide sans armes visibles braquées sur lui est un peuple sachant pleurer.

YouTube - ‪Congo - Tabu Ley Rochereau – Karibu ya Bintou

 

La pensée du jour

Personne n’a jamais compté la quantité de larmes que verse un homme

Car il en reste toujours des particules sous les paupières ainsi qu’à l’intérieur de l’œil.

 

Congo - Mbilia Bel - Naza

 

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