Démineurs.

Publié le par Vieuxvan

Démineurs

Dans mon article d’hier, je vous ai parlé de la 82ème Cérémonie des Oscars, cette année, qui s’approche à grands pas.  J’ai aussi fait mention de la rivalité qui oppose « Avatar » à un autre aspirant aux honneurs, le film The Hurt Locker » (Démineurs) de la réalisatrice Kathryn Bigelow, interprété par Jeremy Renner et  Anthony Mackie. Je n’ai pas visionné celui-ci. Cependant, j’en ai lu quelques critiques et commentaires que je m’empresse à partager avec vous.

SYNOPSIS
Bien que les soldats américains se soient retirés officiellement de Bagdad, quelques-uns y sont restés tels le sergent-chef James, spécialiste du déminage en zone de combat, et deux de ses hommes Sanborn et Eldridge, ultra-entraînés au désamorçage d'explosifs. Ils se retrouvent au coeur d'une ville où l’ennemi peut se présenter sous l’apparence de monsieur tout le monde (marchand itinérant, enfants, femmes) où chaque immeuble peut cacher un sniper et où chaque objet peut être piégé. Précédés  d’un petit robot télécommandé qui évolue avec maladresse sur un terrain accidenté,  leur objectif est de désamorcer une bombe artisanale irakienne, enfouie sous un tas de détritus. Véritable tête brûlée, sans se soucier de leur sécurité, James se comporte comme si la mort ne lui faisait pas peur. Ses subordonnés tentent de le raisonner mais peine perdue.

  le 22 Septembre 2009 par Roland Hélié

En donnant corps au sergent James, Kathryn Bigelow crée un personnage qui, pour ne jamais connaître la peur, devient fascinant. Rien moins qu’un monstre d’un type relativement inédit. Outre cette dimension, le film met en scène la vulnérabilité d’une armée suréquipée, incapable de sécuriser une zone d’intervention, un carrefour, quelques pâtés de maisons. L’intervention du démineur équivaut à un spectacle offert à la population, à sa porte, sous ses fenêtres, où les curieux sont nombreux. Ce qui fait froid dans le dos, c’est que la mort et la destruction viendront du spectateur, du public. Du badaud au commerçant désoeuvré, chacun est le terroriste en puissance. Dissimulé, un simple téléphone, un engin électronique quelconque est susceptible de déclencher un carnage. Faire la guerre avec chars et fusils d’assaut est une chose, lutter contre un téléphone en est une autre. Comment, dans ces conditions, ne pas trembler ? Bien sûr, ‘Démineurs’ est un film de guerre. Il oppose deux types d’hommes, illustre de manière exemplaire le conflit entre l’individuel et le collectif, démonte la complexité d’une chaîne de commandement. C’est aussi un formidable document fictionnel sur le monde dans lequel nous vivons, lequel, en de nombreuses occasions, nous donne bien des raisons d’en avoir peur.

Plusieurs faits marquants  sont à noter au cours de la présente course aux Oscars 82ème édition. Primo : Kathryn Bigelow risque d'être la première femme à mettre la main sur l'Oscar de la réalisation. Secundo : La réalisatrice de 58 ans est l’ex-épouse du réalisateur d’Avatar, James Cameron. Tertio : « Démineurs » est un film à budget modeste de 12 millions de dollars. Quarto : « Démineurs » a obtenu dimanche le prix du meilleur film décerné par la Producers Guild of America, le syndicat des producteurs d'Hollywood.

Je penche personnellement en faveur d’Avatar pour plusieurs raisons. La première, c’est que, par le passé. Les Américains nous en ont mis plein la vue avec leurs films évoquant les guerres auxquelles leur pays a participé de la 2ème Guerre mondiale à l’Afghanistan, en passant par l’Irak. On dirait qu’ils ont une psychose de ces campagnes de guerre que beaucoup d’entre eux désapprouvent. Plusieurs films ont  abordé le sujet entre autres.

 L'Enfer du devoir (Rules of Engagement), de William Friedkin

Secours à l’aube  (Rescue Dawn)

Le retour des braves (Home Brave)

Platoon - Wikipédia

Voyage au bout de l'enfer

Full Metal Jacket

Il faut sauver le soldat Ryan

Ce film montre à quel point les Américains sont détestés dans le monde arabe au point que des femmes et enfants sont prêts de se suicider en acceptant de se faire attacher une bombe.  Il fait également allusion au fait que les Américains, eux-mêmes, sont en désaccord avec leur administration qui envoie leurs soldats combattre sur les fronts de guerre. 

DH.be - Etats-Unis: le visage des soldats morts en Irak sur Internet

3000 soldats américains morts en Irak

Rencontre avec des parents de soldats américains morts en Irak ...

Les Américains ne sont pas les seuls qui sont devenus paranoïaques à cause de ces guerres qui n’en finissent pas.  Beaucoup d’autres pays ont perdu des hommes loin de leur pays au service de l’OTAN entre autres.

Grande Bretagne : Blair a échoué à justifier sa décision d'entrer ...

Le Figaro - International : Dix soldats français tués en Afghanistan

Ici au Canada, principalement au Québec, beaucoup de citoyens désapprouvent l’envoi de soldats en Afghanistan. Ils ne trouvent pas la raison d’être de cette participation à la guerre contre les talibans qui n’ont rien à voir avec leur pays.

 

Soldats québécois morts au combat en Afghanistan

Soldats morts en Afghanistan: sept familles portent plainte ...

D’aucuns se demandent si le gouvernement afghan ne pourrait pas en découdre tout seul avec ses problèmes de sécurité interne. Sauf que, pour les Américains et les pays de l’OTAN, ce pays est une poudrière qui sert de base opérationnelle à Al Qaïda, ce qui constitue un danger permanent pour la sécurité mondiale.

Nonobstant ces positions et cette psychose de la guerre et des attentats terroristes, je trouve qu’il y a trop de films sur la guerre. Il y a lieu d’explorer de nouveaux thèmes. Je crois que le cinéma actuel est en manque de belles nouvelles histoires du fait la saturation dans le domaine, laquelle donne une impression de redondance. Et puis, le phénomène en question est typique des États Unis et ne concerne vraiment pas le reste du monde. Chez-nous, en RDC, par exemple, c’est la situation à l’Est du pays qui pose problème. Je me demande à cet effet si les soldats de l’ONU qui y opèrent vivent les mêmes craintes que ceux qui combattent en Irak ou en Afghanistan.

J’ai reçu des commentaires de certains compatriotes qui se demandent ce que la communauté internationale fait pour cette région de notre pays qui a connu plus de 7 millions de morts. Ä côté de ce drame humanitaire, Haïti ne fait vraiment pas le poids. Qui plus est, ce sont les ressources de notre pays qui sont exportées contrairement à Haïti qui n’a pratiquement rien à offrir comme monnaie d’échange.

Bon. Revenons-en au film Démineurs. En Amérique du Nord, la femme, qui a été victime de tant de discriminations par le passé, s’est constitué plusieurs mouvements de défense da sa cause. Dans le cas qui nous concerne, il n’y a pas eu de femmes nominées aux Oscars. Cela pourrait jouer en faveur de la femme réalisatrice, comme ce fut le cas des Afro-Américains avec Halle Barry et Denzel Washington. L’autre aspect à considérer, c’est ce choc entre la réalisatrice et son ex. Les Nord-Américains adorent la confrontation. Cette soirée des Oscars est en quelque sorte un règlements de comptes. Cela me rappelle la chanson « Très fâché » de feu Franco Luambo Makiadis qui dit : « Ba bureau oyo tozalaki kokota… »

« Démineurs » est la preuve qu’on peut produire des films à budget modeste. Je l’ai toujours dit, avec de l’imagination, on peut réaliser de très bons films sans forcément dépenser des fortunes. On n’a pas besoin d’effets spéciaux et trucages à tout casser pour réaliser des prouesses. Moi, j’ai toujours soutenu que la réussite d’un film dépendait au départ de son scénario. Par contre, je dois avouer que je ne suis pas toujours en accord avec le verdict du jury qui décerne les Oscars. Je trouve qu’il y a eu de grands oubliés comme « Orfeu Negro », « Un prince à New York », « Indiana Jones et le temple maudit », « La grande vadrouille » « Wasabi » et surtout « Les temps modernes », « Le Kid » et « Les lumières de la ville » de mon idole parmi tous : le grand et unique Charlie Chaplin !

Le fait que « Démineurs » ait obtenu dimanche le prix du meilleur film décerné par la Producers Guild of America, le syndicat des producteurs d'Hollywood, pourrait jouer gros dans la balance. Mais, je crois personnellement que « Avatar » a plus de chance de remporter les deux Oscars du meilleur film et du meilleur réalisateur en raison de ses  performances technologiques innovatrices et aussi en raison du battage médiatique qu’il a enclenché avec ses 2 milliards de recettes au Box Office. Du jamais vu !

Qui de «Avatar » ou de « Démineurs » l’emportera ? C’est du « Benda Bika » Pour paraphraser feu Amboise Mosete Mbombo, je dirais « Mafuta ya ntaba…Opesi mua, mbua aboi » Que le meilleur l’emporte !

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