El Norte à la congolaiseEl Norte à la congolaise SACHA DISTEL & DALDA " SCANDALE DANS LA FAMILLE Il y a de cela deux semaines, j’ai essayé de trouver quelque chose d’intéressant sur l’ac

Publié le par Vieuxvan

El Norte à la congolaise

 SACHA DISTEL & DALDA " SCANDALE DANS LA FAMILLE

Il y a de cela deux semaines,  j’ai essayé de trouver quelque chose d’intéressant sur l’actualité de notre pays, la RDC. N’ayant  rien trouvé de nouveau à part les nouvelles de la veille,  je me suis tourné vers Jeune Afrique. Un article a attiré mon attention, celui-ci:

Forum Cinquante ans de rêves assassinés par Emmanuel Dongala

Je suis parfaitement d’accord avec cet auteur à propos du bris du rêve de notre jeunesse actuelle, abandonnée à son propre sort par nos leaders politiques qui n’ont pas su s’ajuster aux réalités contemporaines après 50 ans d’indépendance.

J’aimerais cependant ajouter que nombre de nos dirigeants ont été les premiers à donner l’exemple aux jeunes en cherchant à copier l’Occident. Seulement, ils s’y sont mal pris. Plutôt que de chercher à moderniser nos villes et campagnes, ils ont plutôt fait preuve d’égocentrisme. Ils ont copié le mode de vie des Occidentaux à leur seul profit. Ils se sont tapé de belles garde-robes, des voitures rutilantes et des villas de luxe. Ils se sont constitués en bourgeois africains. Pendant ce temps, les structures socio-économiques héritées de la colonisation, elles, se dégradaient et s’étiolaient.

Je suis mal placé pour connaître ce qui se passe dans d’autres pays africains mais, dans le cas de la RDC, le règne de Mobutu a été une vraie catastrophe. Il  n’y a aucun doute qu’il a su préserver l’unité du pays à la pointe du fusil et à force de folie des grandeurs, mais il a précipité le pays vers une décadence à la fois de ses structures coloniales que des valeurs traditionnelles.

Il est vrai que, jadis,  les étudiants boursiers, qui étudiaient en Europe avaient hâte de rentrer au pays dans l’espoir d’occuper des postes importants et de mettre leurs acquis au service du pays. J’étais de ceux-là ! Cependant, d’aucuns ont été désabusés en constatant que l’instruction n’était plus un critère de réussite dans la vie. Elle devait être assortie de relations familiales ou d’affinités particulières avec le tenants du régime. Qui plus est, dans un système politique qui se voulait totalitaire, faire entendre un autre son de voix devenait un crime. Ceux qui avaient des idées à revendre devaient se la boucler.

Dans un climat comme celui-là, où les médecins, ingénieurs, juristes et autres technocrates se voyaient imposer le bâillon, comment pouvait-on maintenir les hôpitaux, les écoles et même notre système judiciaire en bon état ? À propos de la jeunesse justement, celle-ci n’a pu bénéficier d’un système éducatif adéquat. Crise économique aidant, certains parents n’ont pu envoyer leurs enfants à la bonne école. Ceux-ci leur en ont voulu et se sont rebellés contre leurs parents, les institutions et le système en place. Ils ont opté pour la débrouillardise, les plaisirs précoces et l’arrogance.

Cependant, dans un pays où toutes les places étaient déjà occupées par la classe au pouvoir et où les conditions de vie devenaient de plus en plus difficiles, une première vague de ces jeunes s’est  ruée vers l’étranger où ces concitoyens avaient l’espoir de trouver du travail et, dans le cas contraire, de bénéficier d’un système qui assure un minimum de vie acceptable à tous. Désormais, ils pouvaient acquérir un semblant de luxe dont ils n’auraient jamais rêvé dans leur propre pays. Grâce à leur débrouillardise héréditaire, ces jeunes ont pu s’acheter de beaux habits et de belles voitures souvent d’occasion. Comme le Congolais aime impressionner, ils ont commencé à en mettre plein la vue à leurs congénères demeurés au pays. Certains ont ramené des voitures qui faisaient le taxi ; d’autres  ont même acheté ou fait construire des propriétés.  Voilà ce qui a précipité l’exode des jeunes vers l’Europe dans un premier temps. La diaspora congolaise était ainsi née ! Avec le temps, certains d’entre eux se sont organisés pour importer les divertissements, d’où des invitations adressées à des orchestres à aller se produire en France, en Belgique ou en Suisse.

Si cet exode s’est révélé un mirage pour certains jeunes qui végètent, victimes de racisme et de pénurie d’emplois, ce fut là, par contre, une belle aubaine pour les artistes musiciens. Tous, nous connaissons la loi de l’offre et de la demande. L’argent n’est plus désormais entre les mains de ceux qui sont demeurés au pays mais dans celles des jeunes de la diaspora. La sape, les concerts à Bercy ou ailleurs, le phénomène ngulu, tout cela découle de l’attrait qu’exerce désormais l’Occident sur la jeunesse africaine. Les artistes se font gâter par leurs fanatiques d’Europe qui leur paient des billets d’avion, les hébergent durant leur séjour, leur font cadeau de tenues vestimentaires portant des griffes et même parfois de voitures. Le phénomène s’est répandu à d’autres pays européens et a gagné l’Amérique du nord. Voici un article intéressant qui nous décrit ce qui se passe avec les Congolais immigrés aux Etats-Unis d’Amérique.

L'intégration des Congolais Immigrants aux USA Par Bernard Manseka

Actuellement, il est très difficile de convaincre les jeunes de ne pas se joindre à la diaspora.

Au Canada, la citoyenneté s’acquiert plus facilement et, grâce à l’octroi de crédits bancaires, on peut  facilement s’acheter une voiture ou une maison. En cela, beaucoup de nos compatriotes se tirent vraiment bien d’affaire. Le seul hic, c’est qu’ils sont  rares ceux qui sont vraiment intégrés. Avoir un emploi, une maison, une voiture, c’est bien beau. Mais à quoi sert tout cela si l’on continue de vivre en vase clos ? Comment échangerons-nous notre culture avec celle des autres ?.

Les Congolais du ghetto. (12/11/2009 )

À vrai dire, nos jeunes de la nouvelle génération ne copient pas les Blancs. Dans un de mes articles, je me suis interrogé sur cette sorte de ghettoïsation  dont s’illustrent les Congolais de la diaspora. Ils vivent entre eux, se tiennent loin des autres races et se comportent parfois comme au pays. Ils font de fausses promesses, ne respectent pas leurs engagements, arrivent souvent en retard aux rendez-vous, ils veillent tard et font beaucoup de bruit. Lorsqu’ils organisent une soirée, il faut que la police intervienne, suite à un coup de fil anonyme, pour les faire déguerpir, autrement ils veillent jusqu’au matin.

Pour ce qui est des habitudes vestimentaires, ils copient leurs propres compatriotes qui s’habillent et se comportent gauchement comme des Blancs. Les jeunes Congolais nouvellement débarqués au Québec s’habillent souvent en plein été de manteaux et de bottes d’hiver comme ils ont vu faire des compatriotes. Les passants, qui eux sont en bermudas et tenues légères propices à l’été,  les regardent passer et rient d’eux intérieurement.

Le Nord est devenu, entre autres, un débouché  incontournable pour nos artistes mondains et chrétiens. Ils y écoulent leurs œuvres musicales ou théâtrales auprès de compatriotes nostalgiques qui, eux, ont les moyens. J’ai ouï dire que les producteurs de DVD font plus d’argent en Europe et en Amérique qu’en RDC. Le hic, c’est que, piratage oblige, les copies laissent parfois à désirer et les producteurs perdent souvent le contrôle de leurs profits, ce qui est fort dommage.

Non. Les jeunes Africains ne copient pas les Occidentaux mais leurs propres frères africains qui les ont précédés dans les pays du nord, là où ils peuvent se sentir plus en sécurité physique et matérielle et d’où ils peuvent eux-mêmes venir en aide à leurs familles demeurées au pays. Certains Congolais natifs de Kinshasa ont même construit des hôtels ici et là dans les quartiers moins nantis de la ville. Au moins, ils ont réussi là un exploit qui aurait été inimaginable s’ils étaient demeurés au pays !

Avec les conditions socio-économiques actuelles en RDC, qu’adviendrait-il si les millions de citoyens de la diaspora - au fait, combien sont-ils ? - décidaient soudainement de rentrer tous en même temps au bercail ? Y aurait-il assez de place et de structures pour les accueillir ? Je ne pense pas ! Je reviens à ce que j’ai dit et répété tant de fois. Si l’on développe nos régions de sorte que les jeunes y trouvent toutes les structures adéquates : emplois ; banques ; accès tant aux crédits pour achat de voitures et de logements modernes qu’aux institutions d’enseignement, complexes sportifs, lieux de divertissement et centres d’achats, etc., l’exode de nos jeunes prendra progressivement fin et même certains Congolais de la diaspora auront le goût de rentrer au pays pour y investir, tout en gardant leur deuxième citoyenneté étrangère.

Merci de votre bonne attention et à demain !

 

Sacha Distel - Monsieur Cannibal

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