FLAMINGOS -Reprise

Publié le par Célestin S. Mansévani

FLAMINGOS - Reprise
Ne m’en voulez pas de ces nombreuses reprises de textes. Mon ordinateur est équipé d’un correcteur d’orthographes mais, des fois, il ne fait pas son boulot ou c’est lui qui fait des fautes. Je m’en rends compte plus tard quand le texte a déjà été publié. Il y a aussi ma vue qui me joue des tours puisque je n’aime pas porter mes lunettes de lecture que je trouve encombrantes. Bon. Reprenons !
Ma revue quotidienne de nos journaux qui publient sur Internet m’a permis de lire deux articles intéressants consacrés à la mesure prise par le ministre Pika Massamba relativement aux hôtels de Kinshasa dont certains ne répondaient pas aux normes de confort et de salubrité.

Kinshasa, 13/10/2009 / Société

Le ministre Pika a souligné la nécessité de ce contrôle pour assainir ce secteur en marge des préparatifs du cinquantenaire de l’indépendance de la RDC dans la capitale qui va accueillir des hôtes de marque. (Tkm/GM/PKF)

La Prospérité Le Ministre Provincial Rody Mpika s’en va-t-en guerre contre les hôtels insalubres de Kinshasa !
Kinshasa, le 13/10/2009

La Commune de Barumbu est déjà visée et ce n’est que le début. En effet, c’est avec acrimonie et dégoût que le Ministre Provincial des Transports, Tourisme, Culture et Arts, Rody Mpika a déploré les conditions dans lesquelles fonctionnent certains ‘‘hôtels’’ de la Capitale Rd-Congolaise. Pour ne pas aller par quatre chemins, il a décidé de fermer 109 de ces maisons de passe. Lesquelles sont loin, en tout cas, de répondre aux critères d’hygiène, de confort et de sécurité. …par Urbain Kidindi   

Au fait, jadis, je ne sais pour quelle raison, on appelait communément ces maisons de passe des flamingos. En tout cas, dans la commune de Barumbu, ils étaient légion. Effectivement, les conditions d’hygiène laissaient beaucoup à désirer. Il y en avait où l’on allait simplement avec une femme rencontrée au marché, dans la rue ou dans un autobus et qui avait envie de se faire un peu de sous. Il fallait vraiment avoir perdu la tête pour se livrer à ce genre de relations sexuelles avec une inconnue, à la sauvette, très souvent sans avoir pris des précautions pour se protéger.

Dans le coin de la commune de Limete où j’habitais, nous avions un grand hôtel, La Rigole, qui appartenait à Moyo Wabo, un de ces célèbres membres et ancien président de V. Club.  Le confort, la sécurité et les conditions d’hygiène y étaient impeccables. Souvent c’est là que j’allais écouter les nouveautés du Tout-Puissant O.K. Jazz avant que les disques déferlent officiellement sur le marché. À l’époque c’est l’album contenant les chansons Ayan-droit, Locataire, Propriétaire, Mamba et autres qui faisait le bonheur des mélomanes. C’est là que j’ai rencontré pour la dernière fois Simaro Masiya Lutumba. Il était venu voir le gérant. Une fille  s’est approchée de moi et m’a fait signe que quelqu’un voulait me parler. Je me suis retourné dans la direction indiquée et j’ai reconnu mon ami Simaro  Je me suis levé et je l’ai rejoint. On a passé quelques minutes ensemble à boire et converser amicalement avant qu’il quitte les lieux. 

La Rigole était un hôtel très couru. Beaucoup de touristes de passage y louaient des chambres aux étages: diamantaires en provenance de Mbuji-Mayi, sportifs venus d’une province pour livrer des matchs et autres. On les voyait descendre de leurs chambres et venir au bar-dancing draguer des filles, la plupart des filles du quartier, puis disparaître en catimini pour aller monter au septième ciel. Là aussi, le danger de contracter des maladies vénériennes subsistait. J’ai appris il n’y a pas longtemps  qu’une dizaine de ces filles sont  même et qu’on a soupçonné le sida d’être la cause principale des décès. Vrai ou faux ? Va donc le savoir! En tout cas, il y en a deux qui étaient très copines avec une de mes sœurs, elle aussi  décédée. Elles m’avaient surnommé « Casque rouge » !

Il y avait aussi plus loin entre la 12ème avenue et la 14ème, de petits hôtels pour ceux qui n’avaient pas les grands moyens. J’en ai connu trois: Coco (12ème rue) à côté de la résidence de Mavungu Dionso ; Mikia (13ème rue) en face de l’habitation de Docteur Nico  Kasanda; et Nzakimuena (14ème rue) en face de l’École Mgr Malula. Ils ne désemplissaient pas. J’y ai été des fois pour étancher ma soif après une dure journée de travail. On y buvait le jour, on y dansait le soir et on pouvait y coucher la nuit. Il y avait des serveuses à gogo qui se laissaient volontiers courtiser par plusieurs prétendants. Ceux étaient disposés à allonger les billets, remportaient la palme et pouvaient consommer sur place. Ils n’avaient qu’à franchir la porte menant aux chambres.  Lorsque j’y pense, je me rends compte combien d’hommes mariés infidèles se rendaient dans ces hôtels. À vrai dire, ces trois boîtes-là n’étaient pas minables. C’est plutôt la levée de ces serveuses pour un flirt d’une nuit qui posait problème car, le lendemain, elles pouvaient changer de partenaires. Bien sûr, il y en a eu qui s’étaient trouvé des amants attitrés mais ces derniers se faisaient cocufier  aussitôt qu’ils avaient le dos tourné. Ventre affamé n’a point d’oreille !

J’ai appris une histoire loufoque qui s’est passée dans un flamingo de N’Djili. Un homme très connu, que nous appellerons M, a été vu sortant d’un de ces hôtels en compagnie de l’épouse d’un autre gars célèbre, que nous désignerons par la lettre Z avec qui il venait de s’envoyer en l’air. Un « radio-trottoir » est allé rapporter le fait à l’époux cocufié. Pour se venger, ce dernier s’est mis à la recherche de la vieille maman de l’autre. Il l’a dénichée,  a sollicité ses faveurs sexuelles et lui a promis de l’argent. La pauvre vieille ne s’est pas méfiée et ne s’est pas non plus fait prier. Qui a dit que les femmes octogénaires n’ont plus de libido ? Allons donc ! Hélas pour elle !  Quelqu’un est allé dire à M ce qui se passait! À la fin de ses ébats sexuels, la pauvre « nkokobar » a eu la surprise de sa vie. Son fils M se trouvait dehors ; une meute de badauds aussi. Ces derniers, rigolards, se sont mis à la conspuer. C’était un coup monté et Z, le coupable, lui, s’était éclipsé en douce  par la porte arrière. Quelle honte pour  M enragé mais impuissant ! Il faut être un sans cœur pour poser un tel geste, sauf qu’il existe un proverbe québécois qui dit : « La vengeance est douce au cœur de l’Indien ! » Qui cherche trouve ! Kinshasa, mboka te !

Bon. Redevenons sérieux ! Je félicite les mesures que vient de prendre le ministre du Tourisme. Je pense personnellement qu’il y a longtemps qu’on aurait dû recourir à de telles mesures. Elles auraient sûrement pu d’une part contribuer à baisser le taux des infidélités conjugales et d’autre part freiner la propagation des maladies transmises sexuellement dont principalement de sida. Mieux vaut tard que jamais. Attention !

La fièvre H1N1 est en ville ! Il faudrait se montrer davantage plus vigilant.

Au fait, je n’ai jamais su et je ne sais toujours pas l’origine du mot flamingo. Ce n’est sûrement pas le flamant, l’oiseau, qui l’a inspiré ? Un de ces correspondants du blog de Le Messager pourra peut-être un jour éclairer notre lanterne. Flamingo eh ! Flamingo, eh ! Mimingo, eh ! Mimimingo eh ! En tout cas, les Kinois ne manquent  d’imagination !

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