Haïti, 1000 ans la tèr qué tremblé.

Publié le par Vieuxvan

Haïti, 1000 ans la tèr ké tremblé.

 

Ne soyez pas surpris que je revienne sur le séisme qui a mortellement frappé Haïti. Comme vous le savez tous, cet événement monopolise l’actualité. L’O.N.U., les États Unis, le Canada, la France, tous ces pays sont sur un pied de guerre. Au milieu des morts et de la puanteur, des secouristes sont déjà à pied d’œuvre sur place à Port-au-Prince. Ils sont en train d’enlever les grosses pierres écroulées, de dégager les passages et de fouiller les décombres. Des survivants sont retrouvés ici et là et c’est de bonne augure. Est-ce terminé ? Aurait-on pu prévoir ce séisme ? Il semble que depuis l’an 2008 la question a été posée.

 

La terre va-t-elle trembler en Haïti? - Foire d'Opinions Haitiennes

 

Je reviens sur ce sujet à cause de cette histoire de pacte que les ancêtres du peuple haïtien auraient signé avec le diable et dont je vous ai présenté l’essentiel dans mon article d’hier. Avant de poursuivre, je vous présente quelques étapes importantes de la lutte du peuple haïtien pour son indépendance :

 

« En 1802, Bonaparte envoya À Saint-Domingue son beau-frère — il avait épousé Pauline Bonaparte , le général Charles Victor Emmanuel Leclerc (1772-1802), avec 35 000 hommes et 96 navires, ce qui constituait la plus grande force expéditionnaire de l'histoire de France, avec l'ordre formel de «faire respecter la souveraineté du peuple français». Toussaint-Louverture pratiqua une politique de la terre brûlée, une guerre d’usure, véritable guérilla usant les troupes françaises qui ne tenaient que la côte. Après trois mois d'une sale campagne pleine d’atrocités, Toussaint-Louverture offrit sa reddition (le 2 mai 1802) au général Leclerc, contre sa liberté et l'intégration de ses troupes dans l'armée française. Il fut capturé par ruse le 7 juin et interné au château de Joux, dans le Jura, avec son fidèle serviteur Mars Plaisir. Pendant son incarcération, Toussaint Louverture fit l'objet d'une étroite surveillance et ne pouvait communiquer qu'avec son serviteur. Finalement, malade de froid, on le trouva mort le 7 avril 1803, assis sur une chaise. Il fut enterré comme un obscur prisonnier dans une fosse commune au cimetière du village de Saint-Pierre, près du château. Le surnom de Louverture (ou L'Ouverture) lui serait venu des «brèches» qu'il ouvrait dans les rangs de ses ennemis (français, britanniques ou espagnols). Conscient de sa valeur comme militaire, il n'avait pas hésité à envoyer à Bonaparte une lettre en commençant par ces mots: «Du Premier des Noirs au Premier des Blancs.»  Lors de son exil à Sainte-Hélène, Napoléon se reprocha d'avoir été entraîné à soumettre la colonie de Saint-Domingue par la force. Il admit qu'il aurait été préférable de se contenter de gouverner Saint-Domingue «par l'intermédiaire de Toussaint»:

J'ai à me reprocher une tentative sur la colonie de Saint-Domingue pendant le Consulat. C'était une grande faute que d'avoir voulu la soumettre par la force. Je devais me contenter de la gouverner par l'intermédiaire de Toussaint [...]. Je n'avais fait que céder à l'opinion du Conseil d'État et à celle de ses ministres, entraînés par les criailleries des colons, qui formaient à Paris un gros parti et qui, de plus, étaient presque tous royalistes et vendus à la cause anglaise. 

« Voici ce que pensait le célèbre prisonnier de Sainte-Hélène dit (Mémorial de Sainte-Hélène, chap. VI) de Toussaint-Louverture:

Toussaint n'était pas un homme sans mérite bien qu'il ne fût pas ce qu'on a essayé de peindre dans le temps. Son caractère prêtait peu, il faut le dire, à inspirer une véritable confiance; il était fier, asticieux; nous avons eu fort à nous en plaindre; il fallut toujours d'en défier [...].

Le général Leclerc était décédé le 2 novembre 1802 de la fièvre jaune l'année précédente.  Avec l'aide des Britanniques et des Espagnols, la longue guerre de libération de Saint-Domingue aboutit à la capitulation de l'armée française le 19 novembre 1803, décimée par la fièvre jaune. Dans une guerre inutile, Napoléon avait perdu quelque 55 000 soldats. C'est pour cette raison que, le 30 avril 1803, Bonaparte vendit toute la Grande Louisiane aux États-Unis, qu'il n'était plus en mesure de défendre la colonie, ses troupes étant décimées. L'indépendance de la colonie de Saint-Domingue fut proclamée le 1er janvier 1804, qui devint officiellement Haïti, la première république noire libre.  Voici la déclaration de l'Acte d'indépendance:

 
Gonaïves, le 1er janvier 1804, an 1er de l'Indépendance
Aujourd'hui premier janvier, mil huit cent quatre, le général en chef de l'armée indigène, accompagné des généraux, chefs de l'armée, convoqués à l'effet de prendre les mesures qui doivent tendre au bonheur du pays;
Après avoir fait connaître aux généraux assemblés ses véritables intentions d'assurer à jamais aux indigènes d'Haïti un gouvernement stable, objet de sa plus vive sollicitude; ce qu'il a fait par un discours qui tend à faire connaître aux puissances étrangères la résolution de rendre le pays indépendant, et de jouir d'une liberté consacrée par le sang du peuple de cette île; et, après avoir recueilli les avis, a demandé que chacun des généraux assemblés prononçât le serment de renoncer à jamais à la France, de mourir plutôt que de vivre sous sa domination et de combattre jusqu'au dernier soupir pour l'indépendance.
Les généraux, pénétrés de ces principes sacrés, après avoir donné d'une voix unanime leur adhésion au projet bien manifesté d'indépendance, ont tous juré à la postérité, à l'univers entier, de renoncer à jamais à la France, et de mourir plutôt que de vivre sous sa domination.
Fait aux Gonaïves, le 1er janvier 1804, et le 1er jour de l'indépendance d'Haïti

L'appellation Haïti proviendrait d'un terme amérindien ayiti, aïtij ou ahitij. Plusieurs auteurs affirment qu'il s'agit d'un dérivé de l’arawak aetti signifiant «pierre» et lui donnent comme définition «terre» ou «pays» qualifié de «pierreux», «rocheux», «escarpé», c'est-à-dire «terre élevée» ou «terre de hautes montagnes».

3.2    L'indépendance

C'est Jean-Jacques Dessalines qui avait expulsé les derniers Français et proclamé l’indépendance de Saint-Domingue devenu Haïti. Lors de son accession à l'indépendance, Haïti était encore la partie la plus riche, la plus puissante et la plus peuplée de l'île d'Hispaniola. Mais aucun pays n'appuya le nouvel État noir, qui fut abandonné à son sort. La France exigea 150 millions de francs en réparation, contribuant ainsi à ruiner l'économie de l'île. Elle ne reconnaîtra Haïti qu'en 1838. Ce fut la seule «république de nègres» de tout le XIXe siècle.

Dessalines prit aussitôt le titre d’empereur en 1804 sous le nom de Jacques Ier. Le français fut utilisé comme langue officielle de facto, et ce, même si la totalité de la population noire parlait le créole. Seule l'élite mulâtre parlait français. Après l’assassinat de Dessalines, en 1806, le pays se scinda en deux: au nord, un royaume dirigé par Henri Christophe, au sud une république gouvernée par un mulâtre Alexandre Sabès, dit Pétion. Les Haïtiens ne parvinrent à se maintenir que dans la partie occidentale de l’île. Le traité de Paris de 1814 rattacha à nouveau Santo Domingo à l’Espagne. La dictature imposée par l'Espagne provoqua, en décembre 1821, la révolte des Dominicains qui proclamèrent à leur tour leur indépendance. En Haïti, une période confuse ne faisait que commencer, quand on sait que, entre 1804 et 1957, quelque 24 chefs d'État sur 36 seront renversés ou assassinés. En 1822, le président haïtien Jean-Pierre Boyer annexa la partie orientale de l'île. Toutefois, l’antagonisme entre les Noirs d’Haïti, les Créoles et les Métis hispanophones rendit l’unification de l’île pratiquement impossible. Une insurrection chassa en 1844 la garnison haïtienne de Saint-Domingue et entraîna la proclamation de la «république de Santo Domingo» (partie orientale). Fragilisée par la menace d’une invasion haïtienne, la nouvelle république de Santo Domingo demanda l'aide de l’Espagne qui annexa à nouveau le pays (lequel redeviendra définitivement indépendant en 1865 »

Or, selon des spécialistes en sismologie, le phénomène datait de quatre siècles avant le fameux pacte conclu en 1791.

TREMBLEMENT DE TERRE EN HATI

La terre va-t-elle trembler en Haïti? - Foire d'Opinions Haitiennes

 

N’oublions pas que, à l’époque, Port-au-Prince n’était pas aussi peuplée qu’aujourd’hui. Selon le même Eric Calais, professeur de géophysique à l’université de Purdue aux États Unis :

 « Le dernier a ainsi eu lieu en 1946 de l'autre côté de l'île, en République Dominicaine. Pour Haïti, le précédent grand tremblement de terre remontait à 1842. La magnitude de cet événement avait néanmoins été bien plus importante et l'énergie libérée, 30 fois supérieure à celle relâchée en début de semaine ».

 

Le dernier séisme, qui a été 30 fois supérieur à celui qui vient de se produire n’a pas fait autant de morts. Seulement, on ne signale pas combien de morts il y a eu. Peu importe le nombre, nous savons qu’il a eu lieu en 1842, c’est-à-dire 51 ans après la signature du prétendu pacte. Or, un certain pasteur du nom de Jean Gelin a contesté cette allégation ::

 

« La cérémonie du Bois Caïman, qui eut lieu dans le Nord le 14 Août 1791 sous la direction de Bookman, est citée comme le contexte dans lequel un pacte aurait été conclu entre les esclaves et le Diable pour assurer le succès de la révolution ….

…. Une statue de porc en l’honneur de Satan ? L’idée qu’une statue de porc existe actuellement en Haïti pour commémorer la cérémonie du Bois Caïman a été divulguée pratiquement à travers le monde entier grâce à des articles publiés en anglais sur le Web. Ceci a été présenté comme preuve irréfutable que la nation Haïtienne est reconnaissante envers le Diable - son bienfaiteur et libérateur. A ma connaissance, aucun de ces articles n’a fourni des photos ou des informations précises sur le lieu où se trouverait ce monument. Assurés peut-être de la crédulité de leur audience, les auteurs de ces articles n’ont pas jugé nécessaire d’offrir un support matériel quelconque à leur déclaration.» par Jean Gelin - mercredi 6 octobre 2004.

 

Or, si je me fie à Wikipedia, la cérémonie vaudoue  du Bois Caïman a bel et bien eu lieu en 1791 :

 

« La cérémonie du Bois-Caïman est considérée en Haïti comme l’acte fondateur de la révolution et de la guerre d’indépendance. C’est le premier grand soulèvement collectif de Haïti contre l’esclavage, l’équivalent de la prise de la Bastille pour la France. Dutty Boukman y organisa une cérémonie vaudoue pour un grand nombre d'esclaves, la nuit du 14 août 1791. Un cochon créole fut sacrifié et les assistants burent son sang afin de devenir invulnérables. Le vaudou fut ainsi un véritable catalyseur dans la révolte des esclaves de Saint Domingue, la brêche qui permit aux différentes tribus africaines de trouver une cohésion dans leur quête de liberté. Boukman ordonna alors le soulèvement général »

 

Voici un autre article qui va jusqu’à nous décrire la scène de Bois Caïman:

 

La Cérémonie du Bois-Caïman

 

Cependant, sur le blog de René Préval, le président d’Haïti, Nous avons une autre version faisant de Bookman un musulman et de la cérémonie de Bois Caïman un

rite non vaudou, d’origine arabe et non noir-africaine.  Sauf que, comme il le fait remarquer le blog, un cochon fut égorgé et la légende à ce propos est formelle. Or, les musulmans ne mangent pas la viande de porc ! Le mystère demeure donc entier !

Haiti:bois Chez L'imam = “bwa Kay Imam” En Créole

 

J’ai eu un entretien téléphonique avec Jean Paré, un Québécois ami  de longue date. On s’est connu à l’université Laval. Lui et sa famille ont l’habitude de prendre d’assaut les plages du sud, celles de la mer des Caraïbes au mois de février de chaque année. Ils le font, les hommes pour couper l’hiver en deux, les femmes pour bronzer au soleil des Antilles. Ils en connaissent les pays qu’ils visitent depuis une trentaine d’années: La Guadeloupe, la Martinique, Cuba, La Barbade, Haïti, St-Domingue, etc. Selon lui, l’histoire du fameux pacte est connue de tous dans la région et sa durée serait de mille (1000) ans !

 

Même si les tremblements de terre sont antérieurs à la date de signature du prétendu pacte, cela n’entre pas en contradiction avec les allégations. Il y a toujours eu des pluies, des inondations, des volcans et des séismes partout dans le monde, en tous temps. En fait, ceux qui raffolent des sacrifices de sang humain profitent simplement de ces phénomènes pour leur conférer des caractères accidentels et naturels. Je me souviens, chez-nous, à l’occasion des grandes fêtes, certains citoyens pouvaient arrêter ou provoquer la pluie. Et que dire de la foudre meurtrière ! Or, les accidents ne sont pas des événements fortuits si mon interprétation de la Bible (Luc 13 4-5 ) est exacte.

Des tours en feu, des tours qui s'écroulent : la Bible en parle

 

Peu importe, qu’ils soient géologiques ou surnaturels, les séismes d’Haïti sont récurrents. Ils se reproduisent tous les 100 à 120 ans ! Cela signifie qu’il y en aura encore. Faut-il rebâtir Port-au-Prince sur ses ruines ou lui choisir un autre site, c’est-à-dire un autre emplacement  plus sécuritaire? Un vrai casse-tête !

 

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