L'homme qui voulait un million

Publié le par Vieuxvan

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Jeudi 23 juin  2011

 

 

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Tragédie: l'un des cascadeurs de «Jackass» perd la vie

 

L’article du jour

 

L’homme qui voulait gagner un million

 

Voici une histoire qui m’a été envoyée par Gives Luzolo, un jeune habitant de Mbanza-Ngungu. Elle est écrite en « kindibu » J’ai essayé de la traduire du mieux que j’ai pu.

 

A Mbanza-Ngungu, en RDC, vivait une famille composée de Camille Mabuidi, sa femme Denise Lukuela et six enfants dont cinq garçons, Nsinga, Ngina, Nzunga, Bankewa et Matanda ainsi qu’une fille, la puinée, nommée Mungwa. La famille habitait l’avenue Sévérens, non loin du Centre social. Le père était un pasteur kimbanguiste. Il était connu pour ses prédications, son engagement communautaire et sa prodigalité.

 

Sa sœur cadette, Wala, étant décédée, il avait adopté le fils aîné de celui-ci, Minamete, issu d’un flirt de la disparue avec Michel Tudi, un enseignant collègue de l’Ecole primaire de Lowa, un village voisin. Ce dernier était réputé coureur de jupons   porté sur la bouteille. Là-bas, à Lowa, la boisson préférée des habitants était le vin de palme mais lui était adepte du « lungwila » alias « mandat d’amener » alias « tala bunkitukidi », à base de canne à sucre, comme l’est le rhum de la Martinique ou de la Jamaïque. D’ailleurs, il a fini par devenir schizophrène et se voir enfermer dans un centre pour fous dangereux.

Le pasteur voulait que ses enfants réussissent dans la vie. L’aîné, Nsinga avait terminé ses études à l’Athénée de Nbanza-Ngungu ; la fille Mungwa aussi. Le 3ème, Ngina, avait étudié l’agronomie à Ngombe Matadi avec Minamete ; Nzunga, le 4ème, avait étudié les Beaux arts à Kinshasa où il avait été hébergé par Ntima, le frère du pasteur qui était un fonctionnaire ; Bankewa, le 5ème et Matanda, le 6ème, étudiaient au secondaire mais ils n’étaient pas très doués.

Dans cette ville du Bas-Congo, il y avait beaucoup de féticheurs et guérisseurs mais aussi de sorciers.  Papa, un garçon « munfundunga », qui habitait à côté, était réputé grand sorcier. Il mettait souvent la famille du pasteur en garde contre Minamete, lequel se montrait très dévot, en disant que c’était un loup déguisé en agneau qui leur jetait des mauvais sorts, mais personne ne le prenait au sérieux. Or, Minamete se mit à envouter les enfants de son oncle et père adoptif ; ils devinrent tous ses prisonniers spirituels. Il les manipulait à sa guise, les dressant les uns contre les autres et leur prédisant des malheurs s’ils ne lui obéissaient pas au doigt et à l’œil.  Bankewa, l’avant-dernier des garçons, qui était têtu se vit promettre un séjour en prison parce que, au cours d’une dispute, il avait traité Minamete de fils de pute. Et cela arriva. Il fut surpris lors d’une tentative de vol dans un magasin en ville. Ce fut la honte pour le pasteur

Mais, ce ne fut pas tout. Pendant que Bankewa croupissait derrière les murs de la prison, Minamete le visitait dans ses rêves et lui donnait des cours de sorcellerie à son corps défendant. Lorsqu’il sortit de prison, Bankewa avait beaucoup changé, d’autant qu’il avait été abusé sexuellement durant sa détention. Il était devenu méchant, susceptible et arrogant. Il ne s’entendait plus avec ses autres frères et il haïssait Minamete dont il dénonçait les activités nocturnes, confirmant ainsi ce que Papa, le fils du voisin leur avait toujours répété.

 

Le pasteur décida de chasser Minamete de sa maison. Ce dernier déménagea sur l’avenue Tabora, mais il promit de leur mener la vie dure et il tint parole..

 

Pour faire contrepoids, et pendant que Bakewa était en prison, Minamete avait initié Matanda, le fils cadet de la famille. Il fut poignardé à deux reprises en moins de deux ans au cours de rixes. Il se retrouva dans les deux occasions entre la vie et la mort. Pendant qu’il se trouvait ainsi, allongé sur un lit d’hôpital, apparemment inconscient, Satan lui conféra plusieurs pouvoirs dont celui de maudire ses ennemis. A sa sortie de sa deuxième hospitalisation, il se retrouva transformé en démon ambulant. Il suffisait qu’il vous touchât de sa main gauche pour vous voler votre chance. Tous les garçons de la localité, qui l’avaient touché, avaient perdu leur chance pendant que lui, il se mit à faire du commerce qui prospérait. Il se vantait partout d’être le leader de sa famille.  Son père, le pauvre pasteur, qui n’avait pas vu venir le coup, se retrouva désemparé. Il le chassa de chez-lui, mais sa maison demeura sur écoute électronique spirituelle. Matanda les épiait et venait jeter le mauvais sort sur les murs intérieurs et extérieurs de la maison en l’absence de ses parents (il avait gardé un double de clé de la demeure) ; il envoyait des cadeaux « empoisonnés » à ses frères. Il les tenait tous à sa merci, recevant ses ordres du diable en personne via Minamete, son maitre et conseiller spirituel.

 

Ses enfants, sauf le dernier, ne pouvaient plus rien faire. Leur benjamin, lui, prospérait. Il travaillait à la morgue de l’hôpital de Sona-Nkulu en qualité de laveur de cadavres. Il organisait des tournois de football, des compétitions de pêche et de chasse et il en vint même à créer un orchestre : Le Ziki-Ziki Jazz.

 

Un jour, un pasteur venu de Brazzaville passa par là et fit des révélations troublantes. Matanda avait conclu un pacte avec le diable qui lui avait promis de gagner un million de dollars américains. Lui et Ngina, le 4ème, tous deux légèrement bègues depuis leur naissance (signe satanique, selon ce pasteur) avaient sacrifié le fœtus de leur enfant à naitre. C’est d’ailleurs grâce à ce pacte que ses affaires prospéraient. Le garçon fut convoqué pour rendre compte. Il refusa de se présenter. Les deux pasteurs s’unirent pour la délivrance de la famille. Après une semaine de jeûne et de prières intenses, la famille entière fut enfin délivrée.

 

 

 

 

Quant à Matanda, surnommé désormais « main gauche », « capitaine » et « faux leader », il fut terrassé par une amnésie et se retrouva au CNPP de Kinkole où il croupit encore jusqu'à ce jour. Il n’eut jamais le million que Satan lui avait promis au prix du sacrifice de son bébé à naître. Quant à Minamete, qui l’avait mis en contact avec le diable, on ne sait pas ce qu’il est devenu. Il a disparu mystérieusement. Sans doute a-t-il subi désormais le même sort que Caïn.…

 

Voici le conseil que Gives Luzolo, mon lecteur et correspondant, donne aux parents africains :

 

Faites gaffe quand vous adoptez un enfant. Il faut prier fort pour qu’il ne vous apporte pas des malheurs, comme ce fut le cas de Minamete alias Messe de Zéro heure.

 

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La pensée du jour

Quand vous avez lavé vos linges en famille

Assurez-vous que, en quittant les lieux

 Personne n’a pris les traces de vos pas

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À demain !

Rose Laurens - AFRICA-

 

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