Le crocodile de Kizola - MveleziLe crocodile de Kizola-Mvelezi SACHA DISTEL & DALDA " SCANDALE DANS LA FAMILLE J’ai appris ce qui se passe à Kinshasa avec ses hommes amateurs et usagers des b

Publié le par Vieuxvan

Le crocodile de Kizola-Mvelezi

 SACHA DISTEL & DALDA " SCANDALE DANS LA FAMILLE

J’ai appris ce qui se passe à Kinshasa avec ses hommes amateurs et usagers des boissons « Supu ya Ntulu » qui boivent jusqu’à tomber ivres morts.

Bamama bobongisa elambeli na bino - GROUPELAVENIR.CD 3.0 ...

Il faut s’en méfier car derrière leur apparence d’ivrogne se cache souvent un sorcier. 

Quand j’étais jeune, on me raconta l’histoire, celle d’un batteur de tam-tam, un certain Ndonzuau Lifi,  qui était être ivre tout le temps. Quand il se trouvait dans cet état, plus rien ne l’arrêtait. Il se permettait de faire la cour aux femmes d’autrui en présence de leurs maris et de Wantela, sa propre femme.

Au début, tous croyaient que ce n’était qu’un soûlard.

Un jour, au cours d’une fête, il s’arrêta de jouer et s’approcha de Gemi, une femme qui admirait le jeu de jambes et de hanches des danseuses. Elle était très belle et se tenait à côté de, Lombe, son mari. La femme du batteur n’était pas loin et observait la scène. Notre homme s’agenouilla et avança sa main pour caresser les jambes de la femme. Elle recula, horrifiée d’un tel culot. Il se mit alors à la supplier.

- Madame, que vous avez de belles jambes ! Permettez-moi seulement de les toucher !

Toute l’assistance avait tourné son regard vers la scène. On savait que c’était un ivrogne et un baratineur maladroit et incorrigible, mais là, en public, en pleine fête, devant tous ces regards braqués sur lui, ce fut inattendu et irréel ! Ce fut le  comble de l’arrogance et de l’indécence ! On le crut devenu fou. Il parvint néanmoins à effleurer les jambes de la belle femme. Celle-ci, confuse, quitta les lieux, accompagnée de son mari.

Le lendemain, alors que cette femme se baignait dans la rivière Lungezi à un endroit qui n’était pas profond, elle fut attaquée par un curieux crocodile. Portant aucun crocodile n’avait jamais été signalé dans cette rivière auparavant.  Gemi eut les deux jambes sectionnées. Elle cria au secours. Un pêcheur l’entendit crier et se porta à son secours. On essaya de la transporter à pied à l’hôpital d’I.M.E., situé à 50 kilomètres de là, mais ce fut trop tard. Elle rendit l’âme en cours de route.

Les habitants du village soupçonnèrent notre batteur et coureur de jupons de s’être transformé en crocodile. Ils allèrent consulter un féticheur de Kikeba, un village voisin, qui leur apprit la vérité.

Il n’en était pas à son premier méfait. Il avait conclu un pacte avec le diable et avait sacrifié respectivement sa propre mère, sa sœur et sa nièce pour devenir le meilleur batteur de tam-tam de la région. Qui plus est, un de ses enfants, Benana, né hors mariage, était devenu fou et se promenait dans des cimetières, comme le Gadarénien (Marc5 :1-17) 

Lorsque ces méfaits avaient enfin été connus, les villageois allèrent  le trouver et le chassèrent du village à coups de bâton et de pierres. Il  s’installa dans un coin de la forêt et y construisit une hutte.  Or, celle-ci n’était pas loin d’un champ de manioc appartenant à une autre femme. Elle était très belle, elle aussi.

Il la repéra et, fidèle à ses habitudes, se mit à lui faire une cour assidue. Elle le méconduisit maintes fois mais il insista. Exaspérée, elle finit par prendre la mouche et l’injuria :

- Penses-tu que je vais tromper mon mari avec nain comme toi ? Qui plus est, tu es plus noir que du

 charbon. As-tu vu tes lèvres et tes dents proéminentes ? Éloigne-toi de moi, tu sens la mouffette !

Notre homme n’en avait cure. Il but toutes ces injures comme on avale du vinaigre malgré soi,  mais il continua néanmoins sa cour. À bout de patience, la femme alla tout raconter à son mari. Celui-ci était costaud et c’était un des meilleurs chasseurs du village. Il décida de tendre un piège à notre apprenti Dom Juan. Ne se doutant de rien, ce dernier revint à la charge. La femme fit semblant d’accepter de s’offrir à lui. Il ôta ses dessous, prêt à passer aux actes. Le mari de la femme choisit ce moment pour sortir de sa cachette. Il n’était pas seul. Il s’était fait accompagner par trois de ses amis. Le conseil du village était au courant et avait autorisé cette opération. Les trois malabars avaient obligé Wantela,  la femme de notre homme, de venir avec eux. Ils l’obligèrent à se déshabiller et de s’étendre à côté de son mari. Elle ne se fit pas prier, tremblant de tous ses membres. Tous deux, mari et femme, étaient là, nus comme des vers de terre. Les nouveaux venus prononcèrent le verdict. La peine de mort. Auparavant, les trois autres hommes, dont deux étaient des célibataires et le troisième Lombe,  le veuf de la morte, firent mine de vouloir violer la femme du coupable. Elle et son mari avaient fait caca sous la peur. Sous les supplications de la femme, ils décidèrent de lui laisser la vie sauve. Par contre, son mari fut obligé d’avaler ses propres excréments. Après quoi, les trois hommes tranchèrent les jambes et les bras de l’homme crocodile en souvenir de ce qu’il avait fait à la femme morte de ses morsures d’homme crocodile. Wantela s’évanouit. Lorsqu’elle eut repris ses esprits,  leurs bourreaux lui ordonnèrent de se rhabiller, de quitter les lieux et de ne pas porter plainte sous peine de représailles.

Une semaine plus tard, un homme qui était de passage, trouva le cadavre du batteur sorcier, baratineur et homme crocodile. Il n’était pas beau à voir ! Les abeilles, les fourmis et les rats s’en étaient offert un festin digne de Dracula. Les villageois n’en informèrent même pas les autorités territoriales coloniales. Ainsi périt ce sorcier. Lifi, l’homme fort du village est mort, comme le furent les géants de la Genèse, Goliath et Hérode. 

Cette histoire est devenue une sorte de légende pour mettre en garde les jeunes du village, les prévenant du sort qui attendait n’importe quel homme qui s’aviserait de se comporter comme Ndonzuau Lifi. Et, pour inviter les jeunes à s’abstenir de la consommation exagérée d’alcool,  on qualifia l’ivrognerie de « ntu umonekanga » ( figure visible) et la sorcellerie de « ntu kawumonekanga ko ( figure invisible)

Aucun vice n’est beau mais le plus laid de tous c’est la fausse ivrognerie. Sorcier en peau d’ivrogne, gare à toi !

À demain !

Sacha Distel - Monsieur Cannibal

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