Quand l'esprit vient aux femmes!

Publié le par Célestin S. Mansévani

Quand l’esprit vient aux femmes !

Que signifie « Bula » ? Bula Matari ? Non ! Bula ntulu ? Non ! Bula Ndungu ! Nenni ! Quoi alors ?…Bulawayo !

Les hommes africains et particulièrement ceux de la République Démocratique du Congo sont reconnus infidèles. La liste de ceux-ci est aussi longue que la partie navigable du fleuve Congo. Des politiciens, des hommes d’affaires prospères, des musiciens et autres vedettes ont semé par-ci par-là des rejetons, un euphémisme pour ne pas dire des bâtards, délaissant carrément la femme de leur premier amour.

Appelez-la « mère-chef », si vous voulez, mais son statut reste le même. Elle n’a de cheftaine que la résidence et les meubles de son mari mais la tête et la libido de ce dernier sont souvent ailleurs. Beaucoup de vieux politiciens, hauts fonctionnaires et hauts gradés qui se sont mariés avant l’indépendance, ont adopté ce style de vie. D’aucuns y ont eu recours du fait que la « Mama na bana » officielle est une inculte, d’autres parce qu’elle a perdu de sa jouvence, d’autres encore pour faire bonne figure auprès de collègues. En tout cas, les excuses sont faites pour s’en servir. Cela ne les autorise toutefois pas à multiplier les « bureaux » dans plusieurs zones de la capitale ou du pays.

Ne nous contentons cependant pas de condamner les hommes. Certaines femmes comme celle que chante le poète Lutumba dans « Ma Hélé » adorent ravir l’homme d’une autre femme ou simplement l’obliger à se partager. Écoutez donc « Nandimi kosasa » ! L’opportunisme a gagné beaucoup de femmes à tel point qu’elles ont eu des enfants d’un amant pendant qu’elles étaient officiellement mariées. Elles ont bien essayé de cacher leur jeu. Rien à cirer ! Elles ont été trahies lorsque les enfants se sont mis à grandir, au fil du temps, et que les traits de leur véritable papa biologique ont apparu. Les rumeurs voulant que Kongolo Mobutu  alias Saddam Hussein fût un enfant de Gérard Madiata ont été fondées là-dessus. Si Mobutu a été qualifié de prédateur sexuel, n’allez surtout pas vous imaginer que ses épouses se croisaient les jambes. Oh ! Que non ! Le témoignage de maître José Mayidika Ngimbi qui a dit avoir trouvé l’ex-Premier ministre Nguz-a-Karl-I-Bond agenouillé, saignant du nez et implorant le pardon du président Fondateur donne raison à un commentaire qui a prétendu que la source du conflit entre Mobutu et son ex-bras droit semble avoir été Maman Antoinette.

Bref, bien des femmes ont compris le bénéfice qu’elle pouvaient tirer d’un régime qui prétendait promouvoir la femme zaïroise mais qui, en réalité, l’asservissait, faisant d’elle un objet purement sexuel. Je viens de lire l’article ci-dessous. Lisez-le aussi  et vous comprendrez que je n’invente rien.

La rumeur au Zaïre de Mobutu: radio-trottoir à Kinshasa - Résultats Google Recherche de Livres de Cornelis Nlandu-Tsasa

« Qui, tue par l’épée, périt par l’épée » Les élucubrations du prédateur Justin Marie Bomboko ont beaucoup alimenté les bobards. Il paraît que, dans son bureau de la SAPA, il passait ses journées au bureau à s’envoyer en l’air avec de petites filles et même des femmes mariées qui s’étaient hasardées dans son magasin ou ses parages, comme l’agneau de la fable dans ceux du loup…. Avec tout le fric et la protection du président, il était un intouchable et pouvait tout se permettre.

De voir que sa femme est allée s’acoquiner avec un autre mec me fait sourire. Ce n’est qu’un retour de l’ascenseur. L’arroseur arrosé, ça vous dit quelque chose ?

Bon. Au suivant ! Heu… plutôt à la suivante ! J’ai bien connu Kabangu Tshita, épouse de Marcel Mulumba, un gars de la boîte, très sympa, devenu ambassadeur au Japon. Elle avait son frère, un assistant caméraman qui a souvent travaillé sur le plateau avec moi. Un bon gars aussi ! Kele Kilaba (frère de Kilaba Nsansiem), Mabaka et Julien,  tous « ba petits na ngai »,  des gars du quartier « Molokaï », furent les fans de première heure de Papa Wemba et Viva la Musica. Il les chante souvent dans ses premières chansons. J’ai parlé de Pauline sans la citer dans « Les hauts et bas d’un maréchal » à propos du guitariste soliste Athel Mbumba, le Ndjilois, qui a inspiré à Rochereau la chanson « Mongali » Je n’en dirai pas plus par respect pour Pauline, une fille très chic. Nous avons tous un passé. Référez-vous à la chanson «  Ba jeux de coin » de Mbilia Bel.

 En ce qui a trait à Ngongo Kamanda, cousin de Benoît Lukunku, j’ai appris un peu la saga de ses trois hymens lorsque je fréquentais le « nganda » de Rossignol Cantador à Yolo-Nord. J’y ai une fois croisé Cécile Mombong qui fut chef des speakerines sous mes ordres. C’est d’ailleurs elle qui m’accompagna lorsque je fus  reçu par maître José Mayidika Ngimbi dans le cabinet de celui-ci. J’y ai appris des choses ! Avant Suzanne, Denis Ngongo avait été marié à une ancienne speakerine avec laquelle il est venu de Lubumbashi où il était un simple planton. Celle-ci l’avait arraché à une de ses collègues et copines, Mikiti Kombe, qui a animé jadis Télé-Dimanche après le duo Lukunku - Mombong Kerr. Une fille formidable avec qui Ngongo a eu un garçon prénommé Guido. Il a plaqué sa première épouse et son fils pour l’autre. Puis, lorsque madame Suzanne s’est manifestée, il n’a pas hésité à la délaisser à son tour. Il paraît que lorsqu’il devait aller voir celle-ci pour un cas de décès, il était accompagné de bérets verts et que les minutes de sa présence parmi les siens étaient comptées ! Plus esclave que ça, tu meurs ! (Expression québécoise) De son côté, Suzanne avait épousé en premières noces le chanteur compositeur et ténor Antoine  Landot alias Rossignol. Elle l’avait quitté pour un certain colonel dont j’ignore le nom avant de jeter son dévolu sur Ngongo Kamanda. Étrange couple ! Qui se ressemble s’assemble !

J’étais présent  le fameux jour où madame Suzanne a envoyé ses bérets verts pour venir le chercher à la sortie de l’ancien studio où il venait de présenter le télé-journal. Nous avons cru qu’il avait dit sur antenne quelque chose qu’il ne fallait pas. Soit !  J’ai eu personnellement maille à partir avec Ngongo Kamanda avant qu’il soit propulsé dans les sillages du président Mobutu. Nous émettions encore à partir de la station de la Gombe. Un soir, il devait présenter le journal télévisé. Il s’est amené en retard. J’avais mis un film de secours. Il est arrivé, le souffle coupé, et il a exigé que j’interrompe le film pour qu’il présente les nouvelles. J’ai refusé. Il a pris la mouche et a téléphoné au ministre Mandungu Bula Nyati alias Carbure pour m’accuser. Ce dernier a exigé que je prenne la communication. Je l’ai fait et je lui ai expliqué la situation. Il m’a donné raison et Ngongo a reçu un blâme ! Une semaine plus tard, Awuluwala ! Le voilà qui se voyait offrir les faveurs et le lit nuptial de la sœur de la première dame du pays ! Néanmoins, cet incident nous a, semble-t-il, rapprochés. Deux ou trois fois, lorsqu’il me voyait sur le trottoir, attendant un autobus ou un taxi, il me prenait dans sa voiture Mercedes et me déposait quelque part, non loin de mon lieu de destination.

Sa voiture sentait bon…très bon parce qu’il aimait s’arroser d’un parfum capiteux. Je l’ai encore vu à l’aéroport international de NDjili, lors du retour au pays de la dépouille mortelle de feue maman Mobutu, à la sortie d’avion du président affligé et pleurant à chaudes larmes, soutenant ce dernier.  C’est moi qui est couvert toutes le funérailles de feue Maman Mobutu pendant tout le temps qu’elles ont été diffusées en direct à la télévision. J’ai appris plus tard le décès de Ngongo Kamanda en Afrique du Sud. J’ai eu une triste pensée pour lui. Au fond, il a été correct avec moi.

Un autre incident m‘a opposé un soir à une ancienne speakerine, toujours à la vieille station de l’avenue de la Justice à la Gombe. Elle avait quitté le plateau sans dire où elle allait. Quelqu’un m’a rapporté l’avoir vue chez Colibri, un snack huppé en face du Parquet de district. Ce faisant, elle a manqué de faire deux annonces de programmes. Lorsqu’elle est revenue, elle titubait et puait l’alcool, son maquillage avait coulé et ses cheveux étaient défaits. Dans l’état d’ébriété où elle se trouvait, j’ai refusé de la laisser faire les autres présentations. Furieuse, elle s’est permise de me gifler. Je n’ai pas riposté dans l’intérêt de mon travail mais j’ai maintenu ma décision. Le lendemain, le régisseur d’antenne a fait son rapport. L’incident était clos. Une semaine plus tard, une productrice célèbre n’a pas présenté son programme. Je lui ai collé une demande d’explications. Elle est venue me trouver pour me mettre en garde : « Kokotaka makambo na biso basi te. Mokolo oyo ozwaki problème na moko kati na biso, oyebi epai  ye azalaki ? Na maboko ya ministre ! »

Je lui ai répondu : « J’ai reçu des ordres ! » Moi, chaque fois que j’ai eu à demander des explications à un réalisateur, un animateur ou une speakerine, ce n’était jamais de gaieté de cœur. Je n’ai jamais voulu entacher le dossier de qui que ce soit. Les gens ont déjà trop de problèmes de survie; il ne faut pas leur en imposer d’autres ! Mais quand je recevais l’ordre de le faire, j’exécutais. J’ai appris plus tard que la speakerine qui m’avait rudoyé était en train de s’envoyer en l’air avec notre ministre dans le bureau de celui-ci au moment où elle était supposée faire ses annonces. Elle avait, paraît-il,  protesté faiblement aux avances de ministre, lui disant qu’ils pouvaient remettre leur flirt à plus tard. Le ministre lui avait répondu:« C’est moi le boss. Il ne t’arrivera rien » Voilà pourquoi elle m’avait fait cette scène ! Quel pays ! Savez-vous quoi ? Elle est devenue plus tard officiellement le « deuxième bureau » du ministre- monsieur Tournesol - en question  qui lui a même fait des enfants ! Imaginez si je lui avais cassé la gueule ! J’aurais été viré de l’O.Z.R.T. sous quelque faux prétexte! Plus tard, l’autre, celle qui n’avait pas apprécié ma demande d’explications, s’est retrouvée dans de beaux draps. Une collègue speakerine avait appris qu’elle avait été aperçue en compagnie d’un de ses amants. Devant les autres filles présentes au 9ème étage où nous avions nos bureaux, elle lui a fait une scène terrible. Les employés sont sortis de leurs bureaux pour venir voir ce qui se passait. Couverte de honte, la fautive s’est mise à verser des larmes de crocodile, confuse et éperdue par l’étendue du scandale. Son mari serait tenu au courant ! Lorsqu’elle m’a aperçu, arborant un sourire goguenard, elle a baissé les yeux. Plus tard, en 1983, lors de ma formation à Paris, je recevais souvent dans ma chambre à Rosny-sous-Bois la visite du général Mahele, à l’époque colonel. On a ri de cet incident. Il la connaissait bien. Il m’a dit : « Quelle mouche a piqué son mari pour qu’il épousât une « Marie, couche-toi là » comme elle ? Je lui ai répondu : « Le cœur a ses raisons que la raison n’a pas » J’aurais plutôt dû dire : « le corps a ses raisons » À l’époque. Je n’entendais rien à la psychologie et j’ignorais qu’il existait des nymphomanes !

Ceux qui ont écouté la chanson « Bisalela » du poète Lutumba savent que c’est un pamphlet qu’il adressait à la veuve de Madrandele Tanzi, une certaine Maguy, qui fut, elle aussi, une animatrice de la Voix du Zaïre.

Quant à Benoît Lukunku, d’aucuns prétendaient de lui que, à l’instar de son cousin Ngongo Kamanda, c’était aussi un opportuniste. Il a souvent reçu un coup de main de Kande Djambulate, originaire du Shaba comme lui. Quand il a été viré de la direction des programmes TV par Bula Mandungu pour négligence professionnelle (« Allô ! Lion 3 ? J’écoute ! » Je vous raconterai cet incident une autre fois) et remplacé par Tshitenge Nsana, devenu son pire ennemi pour des raisons personnelles que je préfère taire. C’est ce qui m’a permis d’être promu chef de la réalisation des programmes. Le ministre Bula m’appréciait beaucoup. Sous son règne, j’ai bénéficié d’un statut particulier. J’étais véhiculé et j’avais droit tous les dimanches à un repas et une bière tous deux gratuits au restaurant « Bidama » C’est encore lui qui m’a offert ma première télévision lorsque je réalisai avec succès la coordination de l’inauguration de la Cité de la Voix du Zaïre. Bon. Revenons à Benoît Lukunku ! Il a été désormais été affecté à la Ciné-Production où il n’a produit ni réalisé aucun film, se cramponnant à son Kin-Kiese et à ses allers et venues aux bureaux des dignitaires dont il servait de commissionnaire, autrement dit  « mukala ». Quand Jacques Kande est redevenu ministre de l’Information après moi, il l’a réinstallé dans ses anciennes fonctions. À propos de son rôle de « mukala », tenez ! Ceux qui l’ont connu savent qu’il se promenait dans une belle voiture noire aux verres fumés. Savez-vous qui la lui a donnée ? Selon les bobards, c’est Bisengimana. Un jour, paraît-il, en sortant de chez-lui en voiture, ce dernier aperçut  un inconnu gisant à terre dans la rue. Il arrêta sa voiture et fit se lever l’homme. Il fut surpris de reconnaître Benoît Lukunku. Il l’embarqua dans sa voiture. Le célèbre animateur se mit alors à se plaindre en « Mina sema » de son sort de piéton malgré ses fonctions de cadre de Télé-Zaïre. Comme c’était une vedette de la télé, Bisengimana lui proposa de devenir son « mukala » et lui offrit en échange cette voiture aux verres fumés pour que les femmes et filles qu’il embarquait pour son compte ne fussent pas reconnaissables. Le larron en a tiré profit pour offrir ses services de « mukala » à bien d’autres dignitaires qui le lui rendaient bien en termes d’espèces sonnantes !

Voyez jusqu’où les hommes ont pu se rabaisser, pris au piège par des courtisanes « agace-pissette » et jusqu’où celles-ci en ont tiré profit pour se faire la malle ! Les nanas de chez-nous  ne sont pas forcément des nymphomanes mais plutôt des opportunistes pressées de faire fortune. Franco, toujours lui, a chanté : « Bondumba na ngai ya civilisée » Autrement dit, « je suis une pute de luxe ! » L’occasion leur a été fournie par le Guide clairvoyant et père de la nation lui-même. Lisez plutôt ceci :

Mobutu, roi du Zaïre. Essai de socio-anthropologie politique à  partir d’une figure dictatoriale par Serge M'Boukou - La perversion des mécanismes de l’échange : signes, biens, femmes-25.

Ainsi, Mobutu n’était pas seulement un manipulateur politique. En faisant de la citoyenne zaïroise une « maman », il a pu s’en approprier, en faire une marionnette et s’en servir à sa guise.

Mobutu et la nation zaïroise : mode d'emploi - Afrik.com : l ...

Les femmes « de » Mobutu. « Eduquer une femme c'est éduquer toute une nation. »

Cette réalité proverbiale n’était pas rare dans le vocabulaire des mobutistes convaincus. Car dans le vécu quotidien du Congo-Zaïre, la femme constitue un noyau pour la famille.

En vue d’atteindre en profondeur ses buts propagandistes, quoi de plus efficace que de s’allier à la gente féminine ? Mobutu leur consacra tout un ministère dans ses multiples et successifs gouvernements : celui de la Famille et de la condition féminine. Un slogan on ne peut plus fort illustra cette alliance : « Otumoli Mobutu, otumoli ba mama ; otumoli ba mama, otumoli Mobutu. » (Qui en veut à Mobutu en veut à toutes les mères ; et qui en veut à toutes les mères en veut à Mobutu). Qui dit mieux !

Éduquer une femme c’est éduquer un peuple ! Si notre génération actuelle tient son éducation de cette femme-là, qui a reçu la sienne à la sueur de ses ébats sexuels, pourquoi s’étonner de la dépravation qui la caractérise ? Certains de nos jeunes actuels sont incultes, opportunistes, mal élevés, arrogants et exhibitionnistes. Voilà l’héritage que nous ont légué la bande à Mobutu et ses courtisanes ! Voici d’ailleurs à propos du Guide clairvoyant un autre article qui fait réfléchir.

Mobutu Sese Seko : l'anatomie cachée de l'ex-dictateur Congolais- P. Monguya Mbenge, écrit CONGO LINE- Mobutu avait une phrase particulière à lui en ce domaine, révèle P. Monguya Mbenge. Le vocabulaire de cette phrase laisse aujourd’hui tout parent digne de ce nom perplexe : “Je ne veux pas pour cette nuit des vieilles gloires mais de jeunes fraîches...” Voilà qui ressort de l’ouvrage de Monguya. Mobutu fut un criminel du haut chemin. En effet, Mobutu à prononcé cette phrase autant des fois qu’il a effectué les tours à l’intérieur du Congo devant tous les gouverneurs de provinces du Congo (alors Zaïre), soit dit en passant, qu’il était en tournée d’État! Les jeunes filles Congolaises outre leurs mamans constituaient alors des proies faciles et favorites de Mobutu, au nom du pouvoir.

Un père de la nation comme celui-là fut un vrai délinquant sexuel et un danger public ! Ouf ! Passons ! Dans « Rumeurs au Zaïre de Mobutu », on parle de Nzuzi wa Mbombo. En voilà une qui a fait des enfants avec le président Mobutu. Il paraît que la veuve de Mpinga Kasenda, la dame Atembina et elle furent des privilégiées de la cour du président. Elles ont vidé autant sa sève qu’une partie de son coffre-fort ! Si la grandeur d’une femme pouvait se mesurer à celle de ses orgasmes en cascades simulés et celle d’un homme à ses espèces sonnantes correspondantes!

Quand certaines personnes affirment que les femmes sont des victimes des hommes en République Démocratique du Congo, je les réfère tout de go à ces quelques exemples. Nous, nous avons bossé dur pour ce pays-là ! Je n’ai

personnellement rien touché en droits d’auteurs, même pas un centime, pour tout le travail réalisé pour Télé-Zaïre: Plusieurs centaines de séries télévisées, clips, reportages, annonces publicitaires et autres programmes, sans compter les risques du métier dans un régime à la merci d’un président usant de droit de vie et de mort et qui ne s’en privait pas! Sous d’autres cieux, je serais devenu riche!  Je suis certain que, même si je tentais de revendiquer mes droits d’auteur aujourd’hui, beaucoup d’entre mes œuvres ont pratiquement disparu de nos archives. Quand je pense que, par notre naïveté ( « Salongo alinga mosala » Mon œil !) mes anciens collaborateurs (comédiens, techniciens) et moi-même, nous sommes fait avoir, exploiter et voler (les Français disent « baiser ») pendant toute une décennie au nom de la Révolution mobutiste pendant que le président et sa pléthore de courtisanes se remplissaient les poches ! ( « M.P.R.= Servir et non Se servir » : un slogan pour endormir les abrutis et esclaves que nous étions ! ) Voilà entre autres pourquoi j’ai fait entendre ma voix dans « À propos de la popularisation du cinéma congolais » Je ne suis pas du genre amer et revanchard. Je garde le cap et le sourire. Quand on est artiste et qu’on a du talent, tout est possible.  Mais les autres ? Ceux qui se sont exilés ? Ceux qui sont morts ? Leurs orphelins ? Où est la justice sociale en R.D.C.?

En tout cas, lorsque j’entends des chansons comme « Quatre boutons », « Ngai Marie nzotu ebeba », « Timothée abangi makambo »,« Bomba bomba mabe », etc., je me pose de sérieuses questions. Nos patrons nous disaient de serrer la ceinture pour la Révolution alors que certaines femmes, elles, n’avaient qu’à ouvrir leurs jambes pour obtenir pratiquement tout ce qu’elles voulaient ! Quel sadisme ! Je n’en veux nullement aux femmes. J’aimerais tout simplement que l’on cesse de généraliser en en faisant des victimes. Il y a beaucoup d’épouses fidèles et travailleuses ainsi que des filles entreprenantes et honnêtes. Ce n’est pas de celles-là que je parle, mais des autres, ces chipies,  sans-cœur, opportunistes et « wuyeuses » qui, sous un régime dégradant et corrompu, ont tiré la couverture de leur côté. Certaines ont réussi, bien sûr ! Mais d’autres ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes ! Le robinet fermé, les braguettes remontées, surclassées par les nouvelles « petits mbongo », elles, les « vuandu d’hier » qui faisaient saliver les plus hauts dignitaires du pays, se cachent désormais les visages ravagés et ridés.

Les crèmes blanchissantes et l’âge ne pardonnent pas. Désormais la mort dans l’âme, elles se regardent avec nostalgie dans un miroir, comme la Catasfiore, pour admirer autour de leurs cous leurs bijoux désormais inutiles. Elles ne savent plus à quel saint se fier, d’ailleurs aucun n’en voudrait. Bakoma na bango kotelengana. Bakoma koyenga-yenga. Bakoma kowaya-waya. Ainsi va la vie! 

Franco de Mi Amor, qui avait des entrées pratiquement partout, a bien peint notre société où la lutte pour l’hégémonie entre l’homme et la femme reste permanente. Il s’est souvent époumoné : « Pesa nzotu kilo ! » Et,  dans une des dernières chansons de sa vie, il s’est carrément écrié : « Non ! » En fait, si d’une part l’infidélité des hommes est décriée, de l’autre, la sournoiserie et l’opportunisme de certaines femmes assoiffées d’argent, usant de leur sexe comme d’une arme de persuasion, ont, elles aussi, fait tache d’huile. Il faut que ça change ! 

« Kolia na muasi, kolia na ndoki »  Quand l’esprit vient aux femmes !

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