Qui est Kinois - suite!Qui est Kinois- suite ! SACHA DISTEL & DALDA " SCANDALE DANS LA FAMILLE Suite à mon article intitulé « Qui est Kinois », j’ai reçu quelques commentaires dont celui-ci

Publié le par Vieuxvan

Qui est Kinois- suite !

 SACHA DISTEL & DALDA " SCANDALE DANS LA FAMILLE

Suite à mon article intitulé « Qui est Kinois », j’ai reçu quelques commentaires dont celui-ci.

Vous qui côtoyiez les acteurs politiques de premier plan de notre pays, auriez-vous appris comme moi que le "grand
léopard gardait" une dent contre ceux qu'on appelait les "enfants terribles", càd, la bande à Sakombi, kandé et kabayidi, qui se moquaient du maréchal, le méprisant comme "un mbokatié" contrairement
à eux qui se considéraient comme de vrais kinois?

Tout d’abord, je dois préciser que je ne côtoyais pas beaucoup de politiciens. J’en ai connu beaucoup, que je ne citerai pas, dont des ressortissants de la même région ou des anciens co-pensionnaires de Mbansa-Mboma. Une fois au pouvoir, ils ne se préoccupaient plus de nous. J’ai même hébergé le frère cadet d’un ministre qui vint à Kinshasa pendant l’absence de son frère.  Quand ce dernier rentra, le frère « mowuta » alla le rejoindre. Je ne reçus aucun témoignage de remerciement. Pourtant, le frère, qui travaillait à la présidence de la république, a raconta l’épisode à certaines de mes connaissances, sans jamais chercher à me rencontrer. Je ne me souviens même plus de son visage.

J’ai toujours été fier de moi et j’ai toujours gardé ma dignité. Je ne suis pas de ceux qui vont implorer les autres pour qu’ils fassent quoi que ce soit pour eux. J’ai déjà été sollicité par des filles des hautes personnalités du régime Mobutu. J’ai toujours refusé. Ceux qui se sont fait prendre au piège se sont mordu les doigts dans certains cas. Tout ce que j’ai acquis l’a été à la sueur de mon front.  Si vous parcourez ma biographie, vous constaterez que j’ai souvent participé à des concours et que, c’est grâce à ceux-ci, que ma vie a très souvent changé de cap. Biso tozanga na biso bandeko !

Pour ce qui est des « enfants terribles », ils appartiennent à la génération qui a précédé la nôtre. Par contre, je connais ces grandes familles de Kinois : les Nzeza, les Kanza, les Sakombi, Kabayidi et autres. J’ai débuté ma carrière dans la fonction publique à l’époque des Esaïe Kuyena, Philippe Madudu et autres. Je les considérais comme des oncles en raison des relations avec certains membres de ma famille, dont ma sœur aînée Cécile Kiandumba, la Mama Kulutu de Lisapo ongee, dont ils étaient de vieilles connaissances. C’est ainsi que Marcel Kuyena Muzita et ses frères et sœurs étaient pour moi des cousins. Nous sommes demeurés très attachés. Papa Philémon Maduda n’est pas resté longtemps dans le sillage de Mobutu après le fameux « Retroussons les manches » En ce qui a trait à Papa Kuyena, il s’était retiré de la vie politique active et s’occupait de son entreprise, « l’imprimerie Eku » sis à Ndolo non loin de la Bralima. J’ai revu son épouse, Maman Kuyena, plus tard. Elle faisait partie d’une chorale évangélique qui est venue s’exhiber à la télé lors des obsèques de Maman Antoinette Mobutu. Il faut dire que les anciens leaders bakongo n’avaient tellement plus la cote après l’émergence de la nouvelle génération acquise à la cause du Nouveau Régime. Mais, au risque de me répéter, à part Bayona et Nimy, beaucoup d’entre eux étaient plutôt indifférents. Ce sont quelques vieux Kinois, génération née dans les années 30, comme Dombasi, Mingiedi alias Mimile, Kashale des Imprimeries Kashale, Franco Luambo Makiadi, Vieux Degasin,  Masamba de la garderie Masamba, François alias Frantail, Simaro Lutumba, Amasco Kisombe, etc. ainsi que des autorités plus âgées originaires d’autres provinces, parmi lesquelles le général Bangala, le PDG Tshiongo, l’ancien président du sénat Kalonji Mutambayi,  le Vieux le DG des Finances Londole, etc, qui ont manifesté  de l’admiration mêlée de sympathie à mon égard. À vrai dire, ils étaient plus des dirigeants d’entreprises que des politiciens au sens propre du terme. Je ne vous parle pas des amis de ma génération (années 40-46), à l’exclusion des collègues de travail,  parmi lesquels Jean-Marie Gomba alias Col Canto, Donatien Mahele, José Nimy, Antoine Ghonda, Rochereau Tabu Ley, Jean Mateta Kanda, Empompo Loway, etc.

 Il y a un peu du vrai dans ce que notre ami lecteur a écrit sur les « Enfants terribles » vs Mobutu. J’ai connu, grâce à mon ami Jeff Mateta Kanda, le vieux  Dombasi alias Domson, qui réparait les disques des véhicules sur 24 novembre avant d'arriver aux rails de chemin de fer, en face de la rue qui menait vers les Magasins généraux. Il nous a raconté une scène dont il fut témoin oculaire. Mobutu et Kande travaillaient comme journalistes dans le même journal. Mobutu, nouvellement débarqué à Kin, se promenait avec Kande sur un vélomoteur "Solex". Kande conduisait et Mobutu était assis à l'arrière. Après avoir rempli le réservoir d'essence, Kande démarra si soudainement que Mobutu bascula en arrière et tomba à la renverse sur le pavé. Ses vêtements blancs furent salis. Il paraît s’habillait toujours chic.  Kande s'excusa et l'aida à épousseter ses vêtements. Mais il se moqua de lui, en disant: "Yo ozali vrai mowuta; oyebi kovanda likoko ya vélo te? Ceux qui assistaient à la scène se mirent à rire. Mobutu ne répondit rien mais il était furieux. Franco avait raison de demander au feu président Kava-Vubu : « Nani apédalaki te » La bicyclette était le moyen de déplacement individuel le plus rapide à une certaine époque. Je vous l’ai mentionné dans mon article d’hier.

Les autobus de la TCL, qui s’approvisionnaient aux arrête à des câbles électriques suspendus, constituaient  le transport public de l’époque.

Ceux, comme J.J. Kande, qui considéraient Mobutu comme un « mowuta », appartiennent à une génération avant la nôtre. Si Mobutu était un « Mvenant », ses enfants, eux, ne l’étaient pas du tout ! À bien y penser, le terme de « movila » devrait plutôt s’appliquer aux Kinois, toutes générations confondues, qui arrivent à Kinshasa à l’âge adulte. Ceux qui naissent à Kinshasa ou y passent autant leur jeunesse que leur adolescence, devraient ne pas faire partie de cette catégorie.

J’espère que ce débat s’arrêtera ici ! Mine de rien, c’est un sujet très sensible !

À demain !

Sacha Distel - Monsieur Cannibal

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