Ratés ou crimes?Ratés ou crimes ? Grand Kalle - Independance Cha Cha Hier, une panne généralisée dans notre réseau de connection à Internet m’a obligé d’écrire mon article intitulé « De

Publié le par Vieuxvan

Ratés ou crimes ?

Grand Kalle - Independance Cha Cha

Hier, une panne généralisée dans notre réseau de connection à Internet m’a obligé d’écrire mon article intitulé « Des villageois » un peu en catastrophe, ayant cru que les liaisons n’allaient pas être rétablies avant aujourd’hui. Tout est bien qui finit bien ! Nous y voilà !

J’ai lu et bien aimé l’allocution du président de la République Démocratique du Congo à la nation en présence des hautes instances internationales conviées aux festivités commémoratives de nos 50 ans d’indépendance.

Joseph Kabila: « Nous sommes tous responsables des ratés »

«Nous sommes tous responsables des ratés observés aussi bien dans...

Le fait qu’il y ait eu autant de personnalités à cet événement est déjà en soi un grand exploit. Il faut à tout prix soigner notre image et nos relations internationales. J’aime bien la franchise de notre jeune président. Ne dit-on pas qu’une faute avouée est en partie pardonnée ?

J’ai souvent écrit sur ce qui se passe en RDC. Je ne fais que me référer aux articles que je lis dans les journaux. Et, à moins que tous les journalistes soient corrompus, nous devons reconnaître que le président Kabila n’a pas chômé depuis qu’il est au pouvoir. Des ratés, il y en aura toujours car nul homme n’est parfait.

J’estime cependant qu’il a fait preuve d’euphémisme en parlant de ratés de nos leaders politiques d’après  le 30 juin 1960. En réalité, il aurait dû parler de crimes. À vrai dire, des politiciens blancs comme neige, je n’en connais pas des tonnes si je me fie à mes souvenirs d’adolescent (le 30 juin) et de ceux d’adulte des années 60 et celles qui ont suivi. Cette conviction est renforcée en lisant certaines bribes de révélations sur les périodes sanglantes qui ont endeuillé notre pays. À la lumière de celles-ci,  je me rends de plus en plus compte que même certains de nos martyrs les plus vénérés  ont eu, directement ou indirectement, des crimes sous la conscience.

Bon. Il est inutile de revenir sur les atrocités commises sur des compatriotes. Il est une autre sorte de crime que je n’ai personnellement pas cessé de dénoncer. Il s’agit de l’état lamentable de nos régions rurales, plus précisément de nos campagnes.

Les élus congolais logent dans des résidences de luxe pendant que 80% du peuple vit dans des taudis, s’éclaire au bois et à la lampe à pétrole.

Les députés congolais roulent dans des voitures rutilantes pendant que nos villageois doivent se déplacer à pied faute de voitures et d’autobus en milieu rural.

Les parlementaires congolais travaillent dans des bureaux climatisés alors que nos agriculteurs grillent sous un soleil de plomb.

Les sénateurs de la RDC peuvent suivre, grâce à la télévision par satellite, tous les grands événements qui se déroulent dans le monde. Le peuple dans nos campagnes est isolé du reste de la planète.

.Pendant que les membres du gouvernement sont logés à Binza, Gombe, Limete et autres quartiers huppés de la ville, à quelques kilomètres de là, les Kinois des zones périphériques risquent à tout moment d’être engloutis sous les érosions et les inondations qui sont devenues une menace constante.

Aurait-on eu le courage de faire visiter tous ces endroits aux hôtes de marque que nous avons reçus à l’occasion du 50ème anniversaire de notre indépendance ? Bien sûr qu non !

J’aime bien le travail accompli par Joseph Kabila tant au plan diplomatique qu’à celui des infrastructures, en passant par l’unité et la pacification du pays. Ce n’est pas de sa faute si ses prédécesseurs ont maintenu nos banlieues urbaines et nos campagnes dans des conditions qui prévalaient dix mille ans avant Jésus-Chrit, si l’on se réfère à l’histoire des peuples grec, romain, égyptien, chinois et autres dont certains abritent  l’une et l’autre des 7, 10, si pas 14 merveilles du monde :

Les 7 merveilles du monde, version moderne || Relief

Qu’appelle-t-on crime au juste ? Lorsque des villageois meurent de malaria et trypanosomiase à cause de l’insalubrité des eaux ; quand un agriculteur, rentrant chez-lui à pied, se fait tuer par un fauve affamé ; quand une mère, victime d’un faux accouchement, meurt avant d’atteindre un hôpital éloigné ;  quand un villageois se fait mordre par un mamba qui s’est faufilé dans sa hutte ; à qui revient la faute ? Aux autorités qui n’ont pu doter ces coins du pays des conditions de vie sécuritaires ! Si j’étais l’une de ces autorités-là, je me sentirais indirectement coupable voire même criminel !

Nous sommes pas le peuple de l’Amazonie qui se plait à demeurer avec son passé traditionnel. Notre population à nous veut enterrer les vestiges de ses ancêtres. Il ne s’en cache pas ! Je ne parle pas de culture mais d’habitat et d’environnement.

Laissons le gouvernement central s’occuper des grands travaux de structures. Le train du développement est désormais engagé sur la bonne voie ferrée. Mais, à moins que je fasse fausse route, le développement de nos régions relève de la compétence des gouvernements provinciaux. Ceux-ci  devraient s’impliquer et mettre la main à la pâte davantage pour que nos campagnes soient modernisées, ce qui n’est nullement pas le cas après un demi-siècle de gestion congolaise.  Mobutu a souvent clamé: « Kinshasa n’est pas le Zaïre » Il avait raison. Sauf que, concrètement, nos villageois restent encore, 50 ans après le 30 juin 1960,  les grands oubliés de notre indépendance.

Il est temps que ça change ! À quoi bon les grands sentiers si le peuple est privé de confort, de moyens d’information, de divertissements, de soins de santé et de nourriture ?

«  La révolution morale »  doit commencer par certains de nos élus eux-mêmes qui promettent monts et merveilles au peuple mais qui, une fois qu’ils ont accédé au pouvoir, oublient de respecter leurs engagements électoraux. Ils me rappellent souvent notre illustre renard de la fable…

À demain !

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