RD Congo - Adieu, tristesse!

Publié le par Vieuxvan

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Mardi 7 juin 2011

 

L’événement du jour

DSK plaide non coupable. Je vous avais prévenus, n’est-ce pas ? Rendez-vous pour la suite, le 16 juillet prochain.

DSK plaide non coupable

 

L’article du jour-    RD Congo – Adieu, tristesse

 

Orfeu Negro OST (Black Orpheus) | KoToNTeeJ

 

Il y a trois jours, je vous ai parlé de l’artiste Mpongo Love, décédée à fleur d’âge comme tant d’autres musiciens célèbres de chez-nous. Je tiens, aujourd’hui, à vous entretenir d’une autre artiste que je n’ai pas connue personnellement, mais qui m’a beaucoup marqué. Il s’agit de la Togolaise Bella-Bellow.

 

Quand elle est venue en RD Congo, c’était à mes débuts à Télé-Zaïre. Si mes souvenirs de me trahissent pas, c’était avant que nous ayons la télévision en couleur. A l’époque, la RENAPEC était une station de télévision privée appartenant à des missionnaires belges. Le directeur en était le père Boischot. Ce studio nous était souvent prêté notamment pour les Kin-Shows qui étaient réalisés avec brio par Lutu Mabangu. C’est lui qui fut le maître d’œuvre des variétés sur Bella-Bellow lorsque celle-ci fut de court passage à Kinshasa.

TOGO Music-- Bella Bellow bouyele 

 

J’ai beaucoup aimé ses chansons, son charme et aussi le travail de l’équipe de réalisation. Comme nous n’avions pas encore la télévision chez-nous, mon épouse et moi allions regarder la télé chez des voisins. C’était impensable de voir un assistant réalisateur de la télé dans cette situation. Mais, que voulez-vous ? Kufua nsoni kuna mpasi (pauvreté n’est pas vice)

bella bellow sings "zelie" 

 

 De mon côté, tout en admirant ces variétés enregistrées en studio, je profitais de nos caméras de tournage. Je filmais du play-back avec une caméra Harriflex et, avec une autre muette, une Bell & Howell de la  RENACT, j’expérimentai les possibilités techniques de cette dernière, à  savoir les accélérés, ralentis et autres. Je recherchai aussi des effets de personnes et objets volants  ainsi que les déplacements d’objets « dans le vide » A l’époque, nous filmions en 16 mm noir et blanc. C’est dans ces conditions que nous avons filmé et réalisé "Fifi nazali innocent" (Simaro), puis Nzale (Rochereau), puis Mabele (Simaro) Dans le cas de Mabele, pour simuler le Dernier jugement, nous avions besoin de jouer avec les effets de décor. Nous sommes allés aux chutes de Kinsuka ou les pierres aux abords étaient noires, où les reflets du soleil sur l’eau du fleuve donnaient des effets de scintillement. Ensuite, nous avons acheté du linge et fabriqué nous-mêmes soit les habits soit des ailes pour illustrer d’une part l’ange qui conduit d’une part la femme sans reproche au paradis et d’autre part le diable qui entraine le mari infidèle en enfer. On s’était débrouillé ainsi mais ça avait réussi.  Dans la vie, il faut savoir oser.

 

Bon. Revenons à Bella-Bellow. C’est d’elle que Gérard Akwesson fut le manager. A l’époque, Abeti Masikini n’était pas encore connue du public.

[TOGO] Bella Bellow - Awula 

 

Je suis dernièrement tombé sur cet article consacré à Bella-Bellow après sa mort. Comme le dit si bien l’auteur, le Togo a perdu une vraie diva.

 Bella Bellow : trente-cinq ans après sa mort, que reste-t-il de la diva togolaise ? -

 

Lorsque j’ai rencontré Gérard Akweson, ce fut plusieurs années plus tard alors qu’il était devenu le mari et manager d’Abeti Masikini. Moi, j’étais désormais un réalisateur plus autonome. Ce fut un couple très sympathique. Elle avait de temps en temps des sauts d’humeur sans conséquence. On blaguait souvent à propos notamment de mon nom que Tantine Abeti semblait beaucoup apprécier.

Abeti Masikini- Viens mon amour

 

Abeti elle aussi est morte des années plus tard. Je n’etais plus au pays. J’ai cependant bien apprécié sa chanson « Je suis fâchée » dont le thème, la langue d’expression, le timbre de la voix et l’orchestration se passent de tout commentaire

Abeti Masikini- Je Suis Faché

 

Parmi mes amis Québécois, il y en a eu qui ont eu le béguin pour cette chanson parce qu’elle « swingue » bien (bien rythmée) et qu’ils en comprennent les paroles.

 

J’ai souvent regretté que nos musiciens actuels ne chantent qu’en lingala, et ce, malgré des titres mirobolants en français de leurs opus apparaissant sur les pochettes de disques. Jadis, nos musiciens ont chanté ou interprété avec brio des chansons dans la langue de Voltaire notamment le Grand Kallé (Indicatif African Jazz, Timide Sérénade, Ma Doudou, Anita Belle, La Dernière danse et autres ; Franco (Tu bois beaucoup), Vicky Longomba (Quand le film est triste).Rochereau Tabu Ley (Fétiche d’Afrique, La Chanson de Malory, Le Secret de l’enfance), Gérard Madiata, Frank Lassan, etc. Aujourd’hui, seul Sam Mangwana nous abreuve de chansons en français, lingala, kikongo, portugais, espagnol, swahili et même créole :

Le blog de Célestin S. Mansévani

 
En tout cas, nos artistes musiciens africains meurent trop jeunes à mon gout. Ce que je trouve dommage, c’est de voir que les chanteurs et musiciens occidentaux roulent sur l’or alors que les nôtres font souvent figure de parents pauvres. Ce qui me fait mal, c’est le sort de ces belles femmes africaines qui se sont distinguées parmi les hommes au moment où la femme africaine subissait encore de la discrimination à bien des égards.
 
J’espère que leur mémoire ne tombera point dans l’oubli.
 

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La pensée du jour

Tous les poissons ne se pêchent

Ni se cuisinent de la même façon.

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À demain!

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