RD Congo: au temps de "Quatre boutons"RD Congo: à l’époque de “Quatre boutons” SACHA DISTEL & DALDA " SCANDALE DANS LA FAMILLE Hier soir, j’écoutais la chanson « Quatre Boutons » de f

Publié le par Vieuxvan

RD Congo: au temps de “Quatre boutons”

 

 SACHA DISTEL & DALDA " SCANDALE DANS LA FAMILLE

 

Hier soir, j’écoutais la chanson « Quatre Boutons » de feu Franco Luambo Makiadi. Je me suis laissé bercer par les souvenirs que je garde de la belle époque des années 61-62 alors que j’entrais progressivement dans l’âge adulte. À travers les paroles de la dite chanson, j’ai pu faire marche arrière et me rappeler la Léopoldville de l’époque où ni la télévision ni les ordinateurs, ni les téléphones portables n’avaient encore fait leur apparition.

 

Cette chanson-là parle de deux accessoires importants qui ont marqué notre histoire. Il s’agit de la perruque et des engins roulants à deux roues.

 

D’abord, je me rends compte, en écoutant les paroles de ladite chanson, que d’une part l’égalité entre l’homme et la femme n’existait pas et que d’autre part certaines femmes étaient fières de se prostituer, sans du tout se gêner  de coucher avec les maris d’autrui. Bien au contraire !

 

Mobylette basombeli yo na mobali ya Kapinga

 

Tango perruque ebimaki, ngai nazuai, ba boutons boni bafungolaki te oh?

Cette chanson-là, la commission de censure aurait dû l’interdire. Elle s’était sûrement bouché les oreilles !

Je ne suis pas là pour faire le procès de cette commission de censure. Il y a eu d’autres chansons que j’aime écouter, telles « Ngai Marie nzotu ebeba », « Timothée abangi makambo » Plus tard, il y en a eu d’autres : « Nandimi kosasa ». Bien sûr, la réplique des femmes cocufiées ne se faisait pas attendre : « Catherine Ndoki », etc…..Il n’y a pas que les femmes « ndumba » qui se vantaient. De leur côté, les hommes aussi étaient fiers de coucher avec la femme d’autrui : « Mbanda ozwi kizungu zungu », « La vérité de Franco » et autres s’inscrivaient dans la même veine. Ô Kinshasa, ville de stupre !

 

Je reviens à la perruque. Elle fut à la mode avec la mallette diplomatique pour femme avant l’apparition du sac à main moderne et plus souple. À l’époque, les femmes portaient aussi des pantalons. C’est le recours à l’authenticité qui est venu nous débarrasser des femmes portant des perruques et même des films en noir et banc montrant nos musiciens de jadis. Les perruques et les costumes et cravates nous ont fait perdre beaucoup de nos vestiges notamment les images des concerts filmés des artistes célèbres de l’époque.

 

Je reviens sur la bicyclette. Cet engin a accompagné notre vie quotidienne à une certaine époque que je revois encore avec  nostalgie. Quelques chansons nous rappellent son existence :

« Umbanzanga » de George D’Oliveira : Tata cordonnier wayita e mvelo

« Opédalé » de Franco Luambo : Nani apedalaki na vélo te, baninga* O pédalé na vélo ya kimbambala.

 

Je me souviens d’avoir eu un vélo dont la chaîne était défectueuse. Tantôt, j’avais un pneu crevé ; tantôt les freins étaient brisés.

 Le vélo a évolué plus tard. C’est la mobylette ou vélo Solex qui a pris sa place, d’ou cette allusion faite par la femme pute à la mobylette qui lui a attiré la jalousie de sa copine ! À l’ère Mobutu, je n’ai plus vu de femme pétaradant à  bord d’un vélo à moteur !

 

Plus tard, le scooter, avec deux marques notoires respectivement communément appelées « Vespa » et « Lambretta », des noms des villes italiennes qui les fabriquaient a pris le relais. Je vous ai déjà parlé de Franco et ses 8 musiciens qui circulaient à la file indienne sur l’avenue de la Victoire pour nous impressionner. Nous, les adolescents de Camp Nicolas Cito (Kauka et du quartier Renkin (Matonge) leur courions après, les pieds nus !.

Ensuite, la moto Guzzi a fait son apparition. Sam Mangwana l’a immortalisé en se moquant de Rochereau Tabu Ley et son « Mukala » : Osombeli boy na yo moto Guzzi mpo olongola soni. En fait, il s’agissait plutôt d’un scooter couramment appelé « Vespa » Mais, il s’agissait d’une satire. Dans ce cas, toutes les déformations volontaires semblaient permises. Je me souviens que, à la Voix du Congo de l’époque, il y en a eu quelques-unes. Quand je travaillais encore à Ndlili, j’ai déjà rencontré André Maboke roulant fièrement sur l’un de ces engins. Ceux-ci ont disparu brusquement.

 

Dans « Toyota », à l’époque où les musiciens les plus fortunés (Franco, Nico, Roger Izeidi, Rochereau, Verckys) roulaient en voiture, Rochereau a fait la promotion de Toyota, Mazda, Ford et autres marques de voitures japonaises et américaines (Mocrano, Toyota, Taxi-bus ya Ford, Nganga ya Mazda, etc. Par contre, dans l’une des chansons, une femme qui se vante d’avoir épousé un gars plein aux as, chante : « Aboi natinda boy zando na makolo ; asombli ye Vespa »

 

J’ai vu aussi des gens rouler sur de grosses motos, les « tuku-tuku »,  comme celles des gendarmes et policiers de roulage. Mais ils étaient plutôt rares !

 

Quand je pense qu’aujourd’hui on est revenu en arrière avec les taxis-motos qui circulent dans les rues de la ville de Kinshasa.  Je n’en reviens pas !

 

Ici au Canada, beaucoup de cyclistes et motocyclistes sont happés à mort à cause des encombrements, excès de vitesse et refus de priorité. Ceux qui portent des casques s’en tirent avec quelques fractures des fois. Mais ceux qui omettent de les mettre se retrouvent la plupart du temps au salon funéraire.

J’espère que, dans la nouvelle Kin-la-Belle, où les conducteurs de taxi-motos et leurs clients font actuellement bon ménage,  le port du casque est obligatoire. On n’est pas à Niamey, à N'Djamena, à Tananarive. à Ouagadougou, à Porto-Novo ou à Lomé! Ah ! Pendant que j’y pense, voici comment les choses se passent au Togo

 

Au Togo, les taxi-motos ne constituent pas un danger pour la sécurité routière des conducteurs et usagers. C’est plutôt la survie des couples démunis qui est compromise lorsque d’une part l’épouse fait du commerce dans le style « Article 15 » pour arrondir les fins du mois et que d’autre part le trajet est parsemé d’embûches- pardon de « flamingos ».

 

Maris kinois, faites gaffe que vos femmes ne reviennent à l’époque des Quatre boutons avec ces « Zémidjans » à la congolaise !

 

À demain !

Sacha Distel - Monsieur Cannibal

 
 
 
 
 
 
 
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