RD Congo - Diaspora et developpement rural

Publié le par Vieuxvan

 

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Jeudi 2 février 2012

Grand Kalle - Independance Cha Cha - YouTube 

 

L’événement du jour

Les Québécois s'installent davantage en région éloignée, l'exode se poursuit à Montréal

Source: Radio-Canada) La Côte-Nord et l'Abitibi-Témiscaminque ont attiré davantage de nouveaux habitants en 2011 qu'elles n'en ont perdu, tandis qu'à Montréal l'exode se poursuit. Selon l'Institut de la statistique du Québec, pour la première fois depuis plusieurs années, la Côte-Nord et l'Abitibi-Témiscaminque affichent des soldes migratoires positifs. Une tendance qui a aussi été observée pour une deuxième année consécutive dans la région de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Bien que dans d'autres régions éloignées des grands centres, comme le Bas-Saint-Laurent et le Nord-du-Québec, les bilans migratoires demeurent toujours négatifs, la situation semble s'améliorer, note l'institut de la statistique.

L'exode se poursuit à Montréal - Mais la grande perdante en ce qui concerne les échanges migratoires en 2011 a été de loin l'île de Montréal, qui affiche une perte nette de plus de 22 000 personnes entre 2010 et 2011, principalement au profit des banlieues de la Rive-Nord et de la Rive-Sud.

Les banlieues en profitent - En effet, les régions administratives de Laval, de Lanaudière et des Laurentides ont terminé l'année 2011 avec un solde cumulé de plus de 10 200 personnes qui se sont établies dans ces régions. La Montérégie a quant à elle accueilli 6260 habitants de plus. Dans les autres régions de la province, les bilans migratoires sont demeurés positifs, notamment dans le Centre-du-Québec, la Capitale-Nationale et l'Outaouais, qui ont enregistré des gains migratoires notables l'an dernier.

 

L’article du jour

 

RD Congo – Diaspora et exode rural

 

Sur Radio Okapi, j’ai suivi il y a cinq jours une émission intéressante consacrée au phénomène de l’exode rural. L’attrait urbain est une des raisons principales qui ont été avancées par les auditeurs.

 

C’est vrai. Nos campagnes rurales sont trop vétustes comparées à celles des pays industrialises.

 

Quand je me promène ici, je vois des voitures de police patrouiller. Il existe dans chaque paroisse rurale un commissariat de police. Il y a des banques, écoles, pharmacies, casernes de pompiers, etc. que se partagent certains comtés ou paroisses. Ce n’est pas le cas chez-nous en RDC.  Dans ma jeunesse, il n[y avait pas de postes de police dans les environs des villages. En cas de problème, i e. vols, assassinats, drames conjugaux, etc., il n’y avait rien à faire. Comme il n’y avait même pas le téléphone, il fallait envoyer quelqu’un en ville pour alerter la police. Celle-ci s’amenait tardivement deux ou trois jours plus tard, mal outillée, pour constater les dégâts. Je ne me souviens pas avoir vu des voitures de police ni des ambulances débarquer dans notre village. Je ne sais même plus si les policiers qui étaient dépêchés chez nous étaient véhicules. Pratiquait-on des autopsies sur les personnes décédées brutalement ? Je m’en doute.  C’etait la même chose pour l’éloignement des hôpitaux. Des femmes sont mortes de faux accouchement, des hommes ont été victimes de morsures de serpents, des bûcherons sont morts coincés sous un gros arbre qui s’était abattu sur eux, des chasseurs et pêcheurs, victimes d’attaques animales, n’ont pu être secourus à temps.

Suite à ce débat sur Radio Okapi, je me suis rappelé que, par le passé, j’ai moi-même proposé des solutions pour retenir les jeunes dans les campagnes d’une part, et favoriser le retour en campagne de certains citadins. Le dernier en date était celui ci-dessous :  RD Congo - Une faille au discours

Les divers intervenants à cette émission de Radio Okapi ont exprimé leurs préoccupations selon leurs besoins respectifs. Ils ont été entendus de partout : l’Equateur, les deux Kasaï, le Bandundu et du Kivu. La plupart ont parlé du développement rural et de la mécanisation agricole et aussi de divertissements, des thèmes que j’ai abordés à maintes reprises.

 

Aujourd’hui, j’y ai réfléchi. Nous, de la diaspora, sommes des dizaines de milliers. Beaucoup de nos compatriotes ont été obligés de s’expatrier précipitamment ou sont restés bloqués dans les pays occidentaux à leur corps défendant. Certains ont dû épouser des femmes blanches pour éviter la déportation et acquérir un statut. Ne me demandez pas pourquoi certains hommes sont infidèles. Juste un exemple. C’est un vrai calvaire que de partager toute sa vie avec une personne qu’on n’aime pas vraiment. Or, j’ai connu un Sénégalais qui avait horreur d’embrasser sa femme parce qu’elle avait un dentier, ce qui n’était pas sa faute. Quand on veut noyer son chien…Pourtant sa femme lui rétorquait qu’il avait lui-même avait la mauvaise haleine, sentait mauvais aux pieds et aisselles, pétait et rotait sans s’excuser et empestait le Johnny Walker et les Gauloises. Souvenez-vous de la parabole de la paille dans l’œil du prochain.  Ses conquêtes féminines duraient l’espace d’une étreinte. Les femmes belles et bien dans leur peau n’apprécient pas les gens mal élevés et pouilleux. Mais, ce n’était pas sa faute ! Il est né « mapeka » et il l’est demeuré. Qui plus est, son anglais et son français étaient ternis par son accent ouest-africain. Lui aussi aimerait rentrer au Sénégal. Il me l’a dit. Bon, passons !

 

On n’a jamais évalué le nombre des intellectuels congolais qui font partie de la diaspora à travers le monde. Ils sont une centaine de milliers ! Beaucoup de ces compatriotes-là, même s’ils ne se s’expriment pas ouvertement, ont la nostalgie du pays.

 

L’un des avantages de l’immigration occidentale pour nous, c’est cette possibilité, pour ceux qui le désirent, de parfaire leurs études ou de spécialiser dans quelque branche. Nous avons des ingénieurs, des juristes, des médecins, d’experts comptables, des professeurs, des notaires, des architectes, des chercheurs et autres Congolais sérieux, sages et hautement qualifiés qui s’ennuient de leur pays sans élever la voix.  lls ne sont pas les seuls qualifiés.  Les finissants de collèges d’enseignement professionnel (CEGEP), 2 années d’études postsecondaires, le sont aussi ; ils sont assurés de garanties d’emplois et salaires convenables. Ici au Canada par exemple, ce sont les journalistes, les travailleurs de la construction, les infirmières, les secrétaires juridiques, les policiers, les électriciens, les plombiers, les chauffeurs d’autobus et autres qui font de bons salaires. Ils sont suivis par les préposées aux bénéficiaires et les intervenantes en garderies qui souvent ont interrompu leurs études secondaires, mais ont pu suivre un stage. Les autres emplois, dont ceux de la vente, de la restauration ou des manufactures n’ont pas d’exigences scolaires particulières ; par contre, ils sont souvent précaires et ne paient pas bien. Cependant, ceux qui exercent ces métiers finissent, eux aussi, par acquérir de l’expérience.

 

Je constate de plus en plus que beaucoup de nos compatriotes, qui œuvrent ici, ont acquis des compétences et maitrisent souvent l’anglais et le français, ne peuvent s’exprimer librement en raison de préjugés que tout le monde sait. Même s’ils ne le crient pas sur tous les toits, ces gens-là rêvent de retourner un jour en RDC pour renouer avec leurs origines et pourquoi ne pas aller investir. Mais comment ?

 

Puisque le discours du moment porte sur la mécanisation agricole, la modernisation et le développement rural, ce serait là une belle occasion. Nous avons besoin de doter nos régions d’hôpitaux, de tribunaux, de complexes immobiliers, de centres commerciaux, de commissariats de police, de sociétés de transport, d’usines de transformation, de banques, de manufactures, de services communautaires, de centres de formation, d’installations sportives pour tous genres de disciplines et autres. Je crois que le gouvernement congolais pourrait créer un service qui recevrait les projets venant de Congolais de la diaspora désireux de mettre leur expertise au service du pays. Ceux qui peuvent se trouver des capitaux étrangers, tant mieux. Ceux qui ne le peuvent pas, le gouvernement pourrait les aider, en collaboration avec des banques et caisses populaires, à se confectionner des plans d’affaires qui, une fois acceptés, pourraient les aider à bénéficier de prêts ou subventions selon le cas. Je sais que beaucoup d’entre eux ne dédaigneraient pas, tout en gardant leur citoyenneté occidentale, retourner investir au pays tant dans les chefs-lieux de provinces que dans les villes de campagne et même les régions reculées. Les professions libérales et le travail autonome, les gars de la diaspora les connaissent et sont à l’aise avec ça !

 

Le seul risque viendrait de certains fonctionnaires qui chercheraient à tirer parti de cette aubaine pour solliciter des pots de vin ou commettre quelque intrigue. J’ai appris l’histoire -vraie ou fausse, je ne le sais- d’un concitoyen qui, il y a 5 ans, a emprunté de l’argent à une banque canadienne pour aller construire des toilettes modernes au marché de Lemba à Kinshasa. Le bourgmestre a exigé un pourboire, les agents de la SNEL ont réclamé leur cote part, ceux de la Regideso aussi. Puis, il semble que quelqu’un d’un ministère s’en est mêlé pour faire croire que c’était une initiative gouvernementale. Se voyant ainsi bousculé et truandé, notre compatriote a fait ses valises et repris le prochain vol d’avion. Il a quand même été obligé de rembourser son prêt bancaire. Personne n’aurait aimé se retrouver dans sa peau !

 

En tout cas, au risque de me répéter, j’estime qu’on se fait une mauvaise opinion des vraies préoccupations de ces centaines de milliers de citoyens de la diaspora. Ils sont légion ceux qui, victimes d’attitudes discriminatoires ou simplement nostalgiques, caressent le rêve de rentrer chez-eux pour retrouver leurs origines et leur dignité bafouée.  On n’est nulle part mieux que ce soit. Parlez-en donc à Jean-Claude Duvalier et Bertrand Aristide qui sont rentrés au bercail en Haïti bien que le pays ait presque été rasé lors du tremblement de terre de janvier 2010 !

 

Une diaspora qualifiée s’impliquant dans le processus de développement de notre pays, pourquoi pas ?

 

 

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