RD Congo - Elections- Dialogue de sourds

Publié le par Vieuxvan

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Mardi 13 décembre  2011

 

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L’événement du jour

Fatou Bensouda élue procureure à La Haye

 

L’article du jour

 

RD Congo - Elections - Dialogues de sourds

 

J’ai suivi sur Radio Okapi un débat intéressant opposant plusieurs citoyens de haut niveau dont Jean Mbuyu et Valentin Mubake, respectivement représentants de la majorité présidentielle et de l’UDPS, ainsi que le professeur Muayila Tiembe. Ils ont discuté des irrégularités commises par la CENI lors de la dernière élection présidentielle dont les résultats sont de plus en plus contestés.

RDC: des irrégularités dénoncées lors de la présidentielle, retour au calme à Kinshasa

 

Après Etienne Tshisekedi, voici que Vital Kamhere, lui aussi, remet en question ces résultats et va jusqu’à affirmer que Tshisekedi est le candidat qui a remporté le scrutin populaire. Malheureusement, il a le fardeau de la preuve :

Vital Kamerhe conteste les résultats provisoires annoncés par la CENI ! - Lire l'article

 

Cependant, venant de deux candidats challengers de Joseph Kabila, cette affirmation nous invite à nous poser des questions notamment celle de savoir si la CENI aurait sciemment trafiqué les résultats du vote populaire au profit de Joseph Kabila, auquel cas on aurait assisté à l’une des plus grandes escroqueries de l’année.

La RDC à L'heure de la contestation :…

 

Si l’on se base sur la réaction spontanée du porte-parole du gouvernement, il s’agirait encore une fois là de suspicion et fausses allégations.

Lambert Mende : « les lois de la RDC seront appliquées dorénavant dans leur plus grande rigueur »

 

Mais, le Centre Carter, qui avait des observateurs sur place - il n’etait pas le seul - a relevé pour sa part de graves irrégularités, donnant raison aux contestataires sans pourtant mettre en doute l’ordre de classement des concurrents :

Le Centre Carter estime que la qualité de compilation des résultats de la présidentielle a varié de la bonne application des procédures à des irrégularités graves. Lire l'article

 

Monseigneur Mosengwo, archevêque de Kinshasa, a ranimé le débat, appuyant le constat du Centre Carter et inviter néanmoins les perdants de s’abstenir de toute violence

CARDINAL LAURENT MONSENGWO: “les resultats des élections ne sont conformes ni à la vérité ni à la justice”

 

Pour sa part, l’abbé José Mpundu de l’archidiocèse de Kinshasa condamne plutôt ceux qui ont confié l’organisation des élections à la CENI alors que celle-ci était limitée dans le temps, ce qui a provoqué le bâclage que l’on sait.

L’Eglise catholique poussée à la rébellion par un prêtre frondeur de l’Archidiocèse de Kinshasa, l’Abbé José Mpundu

 

Un vrai dialogue de sourdingues !

 

Quoi qu’il en soit, je vous réitère ce que j’ai dit à maintes reprises. Je me demande en vertu de quel droit l’Eglise catholique, que ce soit le Vatican, la CENCO ou Mosengwo en tant que cardinal, se mêle de politique. Ce n’est pas la mission que lui confère la Bible. Rendons à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César. Si Mgr Mosengwo ou l’abbé José Mpundu veulent changer de métier, qu’ils ôtent carrément l’un sa cappa magna, l’autre sa soutane ! Ceci est aussi valable pour les pasteurs dont certains ne le sont plus que de nom.

 

Quant à la CENI, elle reconnaît qu’il y a eu des bavures. Elle aurait dû exiger de disposer de plus de temps et de moyens. Cela est apparu suite aux incidents que  nous avons vus à la télé et dont tout le monde parle. La question est de savoir s’il s’agissait d’un désordre sciemment organisé par la CENI pour favoriser le candidat numéro 3. Voici sa mise au point faite par le biais de son vice-président, Jacques Djoli :

Le vice-président de la Ceni, Jacques Djoli s’exprime sur le dépôt de contentieux électoraux

 

D’autres sons de voix sont venus respectivement d’autres malheureux candidats à la présidentielle et de chefs coutumiers. Qu’en est-il au juste ?

Réactions par rapport aux résultats de Ngoy Mulunda!

 

Il est de plus en plus évident que, même si l’on ne parle pas de tricherie de la part du pouvoir en place par l’entremise de la CENI, il y a eu effectivement des irrégularités flagrantes. Dans ce cas de figure, que fait-on ? Faudrait-il reprendre l’élection présidentielle ? Que prévoit la Constitution en la matière ? La Cour suprême de justice est-elle un instrument de mèche avec le gouvernement ? Où est donc la démocratie qu’on clame à tue-tête ? Quand aurons-nous une vraie justice en RDC ?

 

Notre Constitution est poreuse au point qu’elle peut être modifiée à tout moment au gré des humeurs comme le fait remarquer Jose Mpundu. Les constitutions des pays industrialises ne subissent des changements qu’advenant des raisons impérieuses et par voie de referendum. Voilà pourquoi même les institutions en subissent les contrecoups. Quand les citoyens, et même des élus de la trempe de Tshisekedi et Kamhere, fustigent la Cour suprême de justice, imaginez le sort d’un simple citoyen placé devant une situation similaire !

Contentieux électoral: seul Vital Kamerhe a saisi la Cour suprême de justice

 

Peu importe puisque, à toutes fins utiles, nous ne pouvons rien y changer. Cependant, on en revient toujours à cette réalité qui veut que s’il y avait eu un candidat commun de l’opposition ou si nous avions eu droit à un deuxième tour, le candidat de l’opposition aurait récolté 51.05 % contre 48. 95 % pour Joseph Kabila.

Kabila rencontrera-t-il Tshisekedi ? Kinshasa, le 10/12/2011

Je relève trois bavures à charge des contestataires. Primo, les opposants frustrés n’ont qu’eux seuls à condamner du fait de ne pas avoir présenté un candidat commun. C’est Tshisekedi que Kengo et Kamhere ont crédité de cette fâcheuse situation. Secundo, l’élection à un tour a été décidée par les élus eux-mêmes en vertu d’un l’article de la Constitution.  Ce texte de notre loi a été soumis à trop de modifications pour satisfaire des intérêts personnels comme nous venons de le voir. Tertio, la CENI est une institution qui a légalement été établie au terme d’un consensus entre les membres de la majorité et ceux de l’opposition ; et ils en ont eux-mêmes voté les membres.

 

Nos élus ne nous disent pas toujours la vérité. Ils connaissent bien les termes de la loi mais ils sont aussi les premiers à vouloir les violer. Pourquoi votent-ils alors en Chambres ? Leurs réactions sont de nature de semer la confusion dans la tête des électeurs, d’où les frustrations qui engendrent le désir de se faire soi-même justice.

 

L’erreur étant humaine, ne nous leur en tenons pas trop rigueur. Enterrons la hache !

 

Cependant, je ne puis comprendre que les opérations et manipulations des bulletins aient été faites manuellement. Aux USA et au Canada, tous les résultats sont compilés électroniquement au fur mesure grâce à de puissants ordinateurs et publiés graduellement jusqu’à la décompte finale à 20 heures le jour même de l’élection, ce qui élimine toute possibilité d’erreur de manipulation ou de falsification. Tout ce merdier en RDC aurait pu être évité si nous disposions d’une haute technologie permettant de compiler, dépouiller et publier les résultats le jour même de l’élection comme cela se passe dans les pays industrialisés.  A quoi sert le serveur de la CENI ? Sort-il de l’époque de Tintin au Congo ou de l’âge de la pierre ?

 

Quoi qu’il en soit, le président élu Joseph Kabila, lui, n’en a cure. Il n’est pas la CENI. Et, à ceux qui disent que la RDC connait une crise, je l’ai vu sur TV5 dire en anglais qu’il n’en est rien :

« Il n’y a pas de crise en RDC… Nous sommes calmes et allons continuer à travailler » a assuré lundi le président Joseph Kabila

 

C’est quand même inadmissible que, pendant que nos petits enfants s’amusent comme des fous avec les iPhone, iPad, gadgets et dernières trouvailles de la haute technologie, un grand pays comme le nôtre fasse encore les choses manuellement.

A quoi nous sert-il d’avoir de l’argent pour mener des propagandes électorales coûteuses, fracassantes et tonitruantes alors que nous sommes incapables de sécuriser nos élections en nous dotant des outils de haute technologie indispensables ?

 

Deux choses demeurent. Tant que nous ne disposerons pas d’une Constitution en béton « armé », d’une part, et que nous n’arriverons pas à nous ajuster aux contraintes de la haute technologie moderne, d’autre part, tous nos discours demeureront des dialogues de sourds et nos récriminations des larmes de vieux crocodiles. Avez-vous entendu parler des républiques de bananes ? Visionnez donc le film « Les Dieux sont tombés sur la tête » !

 

La pensée du jour

Il existe deux leviers pour faire bouger un homme, la peur et l’intérêt personnel.

                                                                                    Napoléon Bonaparte

Congo - Mbilia Bel - Naza

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