RD Congo - Elections - Interrogations

Publié le par Vieuxvan

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Vendredi 10 décembre 2011

 

Grand Kalle - Independance Cha Cha - YouTube 

 

L’événement du jour

 

Deux morts dans une fusillade sur le campus de Virginia Tech

 

L’article du jour

 

 

RD Congo – Elections – Interrogations

 

Le suspense perdure, la tension aussi.  La CENI vient encore une fois de reporter la publication des résultats de l’élection présidentielle de 2011 à ce vendredi 9 décembre. Ce n’est donc que partie remise. Mais les cœurs battent la chamade. En langage populaire, on dirait qu’ils battent « boum…boum…boum… »

RDC: la publication des résultats provisoires de la présidentielle reportée à vendredi

 

Pendant ce temps, des incidents isolés ont été signalés au Katanga, l’une des provinces qui ont voté massivement pour le candidat numéro 3, Joseph Kabila. Le premier est la perte de la trace des bulletins de 51 bureaux de vote :

Présidentielle- Lubumbashi: les résultats de 51 bureaux de vote introuvables

 

Décidément, le Katanga connaît une certaine insécurité. On se souviendra de ce convoi de bulletins qui avait été attaqué par des inconnus il n’y a pas longtemps. Ce n’est pas tout. D’autres bandits se sont permis d’attaquer une banque à Kolwezi :

Katanga: des personnes armées braquent la banque Biac à Kolwezi

 

Heureusement que ces incidents se sont produits dans une des provinces favorables à Joseph Kabila et que leur perte ne changera pas grand-chose au vote national. Si cela s’était passé dans une province acquise à Tshisekedi, il aurait encore une fois vilipendé la CENI et crié à la tricherie.

Katanga: la police renforcée en hommes et en équipement

 

Pendant ce temps, le bras de fer entre Jeune Afrique et le gouvernement de Joseph Kabila se poursuit :

Présidentielle en RDC : "Joseph Kabila n'aurait pas remporté ces élections sans les fraudes"

 

La réplique du gouvernement congolais ne s’est pas fait attendre. Cet article de  Digital Congo n’y va pas par le dos de la cuiller:

« Jeune Afrique » vieillit décidément mal … dans ses regrets d’absence à la couverture de la présidentielle RD congolaise !

 

 

 

 

Le même média, qui appartient à une proche du régime Kabila, ne s’est pas gêné pour rire d’Etienne Tshisekedi qui se serait compromis lui-même en voulant faire cavalier seul, fidèle à ses penchants ethnique et égocentrique :

Et si Tshisekedi avait organisé son échec ! Réfléchissons- y, puisque cela n’est pas impossible !

C’est vrai que si l’opposition avait présenté un candidat unique, ce dernier aurait pu se retrouver en tête-à-tête avec le président sortant, mais qui nous dit que Tshisekedi aurait été ce candidat unique ? Pourquoi Vital Kamhere ou Kengo wa Dondo n’aurait-il pas été désigné ?

J’ai été dernièrement invité chez un compatriote mukongo. J’y ai surpris une conversation qui tournait autour des élections.  Voici ce qui s’y a été dit. Tshisekedi n’a gagné la bataille de Kinshasa que parce qu’il existait un malaise entre les Bakongo de Kinshasa et ceux du Bas-Congo, d’une part, et Joseph Kabila, d’autre part, et que ces derniers ont voulu le lui rappeler en votant pour le seul candidat susceptible de lui tenir tête. Un point, c’est tout. Ce n’est pas parce qu’ils portent Tshitshi dans leur cœur. Les Bakongo et les Baluba coopèrent rarement, ces derniers étant considérés par certains congolais comme des tribalistes et des vantards, deux qualificatifs qui éloignent les Bakongo qui leur préfèrent les originaires d’autres provinces. Pour eux, les gens de Bandundu sont des frères (Bampangi ya beto), ceux du Kivu des cousins (Nduku yangu) parce qu’ils affichent des attitudes qui sont semblables aux leurs (calme et sagesse) ainsi que ceux de l’Equateurs et du Haut-Congo qui sont réputés prompts et débonnaires (Miso ga, Bana ekanga) mais francs et sociables.  Plus tard, mes hôtes ont changé de propos. Il parait que des fonctionnaires proches du régime Kabila en poste au Bas-Congo, surtout des Kasaïens, s’emparent des domaines et terres appartenant à des propriétaires fonciers, hérités de leurs ancêtres. Likambo ya mabele.  C’est une attitude qui ne plaît pas aux Bakongo. Chez-eux, il y a souvent eu des batailles rangées avec effusions de sang entre deux villages voisins à propos de conflits fonciers.  Avec Kabila au pouvoir, certains Bakongo craignent de perdre davantage  leurs patrimoines ancestraux. Ainsi donc, toujours selon mes hôtes, s’il y avait eu un candidat commun de l’opposition, que ce soit Kamhere ou Kengo, il aurait peut-être obtenu plus de votes que Tshisekedi à Kinshasa et au Bas-Congo (sic)

Dans cette élection, j’ai été très impressionné par le calme affiché par les 9 autres candidats présidentiables dans la bouche desquels on n’a jamais entendu des menaces ni invitations à la violence. Coup de chapeau !

En tout cas, le décor est planté pour une prochaine législature dont les dirigeants, qu’ils soient de la majorité ou de la minorité, sauront respecter les règles de la démocratie et s’affronter en Chambres avec fair-play, tous dans le seul but de faire de la RDC un pays meilleur pour tous les Congolais sans distinction de provinces ou ethnies.

 

 

 

 

Je reviens néanmoins sur la nécessité de restaurer la paix sur toute l’étendue de notre territoire national. On vient de s’en rendre compte encore une fois lors de cette période électorale ponctuée et entachée par quelques incidents regrettables.

ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo

La pensée du jour

 

Au point de vue politique, il n’y a qu’un principe :

La souveraineté de l’homme sur lui-même

Cette souveraineté de moi sur moi s’appelle liberté

                                                 Victor Hugo

Congo - Mbilia Bel - Naza

 

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