RD Congo: excuses vs pardon

Publié le par Vieuxvan

RD Congo : excuses vs pardon

 SACHA DISTEL & DALDA " SCANDALE DANS LA FAMILLE

 

Je viens de recevoir un commentaire de Firmin Kalonji, un fonctionnaire congolais à la retraite. Ce dernier lit pratiquement tous mes articles.  Il m’a demandé d`être son porte-parole pour dénoncer une situation dont il a été victime et pour laquelle il se demande quelle position il doit prendre. Voici de quoi il s’agit.

 

Notre compatriote est originaire de Mbuji-Mayi. Il a son diplôme du secondaire, sa femme Marie Kapinga aussi. Tous deux vivent à Kinshasa depuis  25 ans. Ils ont eu des enfants et de grands-enfants. Toutefois, notre ami et sa famille ont connu une vie de misère un an seulement après avoir déménagé dans la capitale. La pauvreté s’est attachée à leurs basques. Lui ne gagnait pas assez ; elle a dû vendre des « makayabu » au wenze « Calé banzazi » faute de se trouver un emploi ; leurs filles ont dû se prostituer pour survivre ; deux de leurs garçons sont en prison l’un pour braquage de banque et l’autre pour possession de drogue; ils ont perdu une fillette de 3 ans ainsi que deux petits-fils dernièrement. Le couple a consulté beaucoup de voyants et même des pasteurs pour connaître la cause de toutes ces déveines. Personne n’a été en mesure de les aider.

 

Or, ne voilà-t-il pas qu’ils viennent de recevoir un coup de fil de Mbuji-Mayi leur annonçant ceci :

À la veille de mourir, puisqu’elle est atteinte d’un cancer en phase terminale, une des cousines de Firmin

s’excuse pour le préjudice causé à lui, à sa femme et à leur progéniture. Il semble qu’une querelle anodine entre un des fils de ce dernier et un de ceux de cousine en question aurait été à la base de cette situation. Personne ne  se souvient de cet incident qui remonte à il y a 26 ans, ni Firmin, ni Marie, ni aucun de leurs enfants. Pendant ce temps, les enfants de la méchante cousine se paient la traite : qui médecin, qui diamantaire, qui encore ingénieur !

 

Imaginez-vous tout l’enfer vécu par notre ami et sa famille pendant 25 ans ! Peut-on effacer tous les préjudices subis et par où commencer ? Les enfants emprisonnés, les filles devenues des prostituées, le papa qui a logé le diable pendant tout ce temps, la maman qui a été obligée de vendre des « makanzenze » pour survivre, qui va les compenser ?

 

En tant que chrétien, je serais porté à conseiller à notre ami de pardonner. Sauf que j’estime qu’il faut faire la différence entre présenter des excuses et demander pardon. Quand vous pilez sur le pied de quelqu’un dans un autobus et que vous lui présentez  vos excuses, c’est tout à fait normal qu’il accepte. Mais quelqu’un qui a « pourri » votre vie et celle de votre famille pendant 25 ans et qui se contente de vous présenter de simples excuses, cela je ne l’avale pas du tout. La bonne cousine mourante de Mbuji-Mayi devrair confesser ses péchés et dire qu’est-ce qui s’est vraiment passé. Un mauvais sort, ce n’est pas qu’une petite offense !

 

J’ai été catholique pas vraiment pratiquant avant 1992. On nous a souvent parlé de péchés véniels et de péchés mortels. J’y croyais aussi. Depuis que je fréquente et suis membre d’une Église de réveil,  j’ai entendu des frères et sœurs en Christ proclamer « Tout péché est un péché ; il n’y a pas de petit péché ni de grand péché ». Je les arrête tout de suite. Dans 1 Jean 5 : 16-21, il est bien précisé qu’il y a un péché qui mène à la mort et un péché qui ne mène pas à la mort.

 

Beaucoup d’entre nous égarent leurs comparses en croyant que de simples excuses suffisent à compenser des années de vie d’autrui bousillées. Dieu est juste ; il n’aime pas les demi-mesures. Une demande de pardon devrait être précédée d’une confession et, dans le cas des chrétiens, d’une conversion.

J’ai conseillé à notre ami Firmin Ngoyi de faire dire à sa cousine mourante de Mbuji-Mayi qu’il faut qu’elle se confesse et révèle en quoi, pourquoi et comment elle leur a causé du tort et qu’est-ce qu’elle compte faire pour les réhabiliter après tant d’années d’esclavage spirituel. Quand ce sera fait, elle aura droit au pardon de tout le monde.

 

Vraiment, les Africains en général et les Congolais en particulier n’ont aucun respect de la vie d’autrui. C’est très méchant ! Si j’étais le Bon Dieu, les gens qui se confessent juste avant de mourir auraient droit à un traitement spécial. Les catholiques parlaient d’un purgatoire. C’est le passage obligé de ces méchants sorciers et je veillerais à ce qu’ils en arrachent au cours de leur séjour passager dans cet endroit expiatoire des péchés confessés tardivement.

 

Merci de votre bonne attention. À demain !

 

Sacha Distel - Monsieur Cannibal

 
 
 
 
 
 
 
 
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