RD Congo - Jeunesse sacrifiee

Publié le par Vieuxvan

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            Samedi 23 juillet 2011

 

      Congo - Mbilia Bel - Naza

 

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RD Congo –  Jeunesse sacrifiée 1

 

J’ai eu le bonheur de lire l’article ci-dessous qui s’interroge su le sort de notre jeunesse.

La jeunesse désoeuvrée, une bombe à retardement et un frein du développement pour la Rdc

 

Je suis de ceux qui pensent que le sort de notre jeunesse est désormais scellé a cause de plusieurs facteurs dont essentiellement la pauvreté qui affecte les parents. Je vais en citer quelques-uns et faire le constat ensemble avec vous.

 

La petite enfance

 

La petite enfance est une période très cruciale dan le développement de chaque individu. L’enfant grandit et découvre son environnement merveilleux notamment l’affection des ses parents et d’autres choses nécessaires dans la vie : les mots, les phrases, les poupées, les jouets, la cohabitation avec d’autres enfants de son âge. Il faut voir comment les enfants d’ici sont gâtés :

RD Congo : lendemains d 'Halloween (05/11/2010 )

 

Quand je me trouvais à Kinshasa, mes enfants sont allés à l’école maternelle Masamba à Limete. Cette école- l à était fréquentée par les enfants de riches. Les autres enfants, qui ne pouvaient pas y aller, devaient fréquenter leurs homologues et recevoir ainsi leur apprentissage dans la rue. Ils acquéraient forcement de mauvais rudiments de la vie sociale. 

 

L’enseignement

 

L’accession du pays à l’indépendance a porte un coup dur à notre système d’enseignement. A notre époque, les études primaires et secondaires étaient gratuites. Les seuls critères pour monter de classe et décrocher son diplôme étaient la performance et la discipline. Moi, qui ai fait mes études secondaires au Collège Notre-Dame puis qui les ai poursuivies et terminées au Collège Albert 1er, je peux vous affirmer que mes parents n’étaient pas riches.

Les pères missionnaires jésuites ne l’étaient pas non plus, mais ils étaient bien organisés au point qu’on ne manquait de rien. Nous disposions de salles de classe bien équipées ; nous pratiquions le football qui était un sport obligatoire ; d’autres terrains de jeux étaient aménagés pour le basketball et le volley-ball ; nous avions des salles de jeux où l’on pouvait jouer au tennis de table, aux cartes, aux dames, aux échecs et autres ; nous avions une chorale, une fanfare, plus tard un orchestre. J’ai été personnellement impliqué dans toutes ces activités aux frais de la princesse.

 

Après l’indépendance, le sort de collégiens de Mbansa-Mboma a beaucoup change. L’enseignement n’était plus gratuit et ce sont les fils à papa qui y avaient accès. La performance n’était plus le critère déterminant. Certains pontes du régime se permettaient de graisser la main de certains professeurs. Je vous ai parlé de cette année ou tous les élèves du Collège de Mbansa-Mboma ont échoué aux examens d’Etat. A notre époque, c’eût été impensable !  Nous étions l’une des crèmes des élèves du secondaire. Il n’y à qu’ à voir combien d’entre nous sont allés à l’université et sont devenus nos dirigeants politiques ou d’entreprises.

 

L’éducation familiale

 

Je vous ai expliqué les valeurs dans lesquelles nous avons grandi. Nous craignions nos parents, nos aînés et l’autorité et respections les biens d’autrui. Il faut dire que les parents n’avaient pas forcément besoin d’être riches. Qui plus est, la pauvreté, la famine et le chômage chronique n’existaient pas. Quand les Belges ont vidé les lieux, la donne a changé. Les parents appauvris, incapables de nourrir leurs enfants ou de payer leurs frais de scolarité, ont perdu la face et leur autorité. Les fils des mieux nantis pouvaient s’octroyer tout ce qu’ils voulaient alors que les enfants de la basse classe, eux, voyaient leur sort se détériorer. Leur réflexe conditionné a été de se rebeller contre leurs parents et de vouloir voler de leurs propres ailes.

 

Les activités parascolaires

 

Avant l’indépendance, il y avait d’un coté les Belges fonctionnaires et contremaitres et de l’autre les Congolais simples employés de bureau ou d’entreprises. Depuis les années 60, ce sont les enfants des hommes riches qui mènent le bal. Ils ont tout pour vivre en sante, fréquenter les bonne écoles et s’offrir voyages et divertissements.  Du temps colonial, il y avait des espaces verts, notamment des terrains de jeux, partout. On pratiquait notre sport favori, le football, mais il y avait aussi des soirées de projection de films comme ceux de l‘Abbe Cornil, ainsi que d’autres spectacles culturels accessibles à tous. Plus tard, avec l’avènement de la télé. Les moins nantis devaient aller regarder les émissions chez des voisins. Je sais que la télévision a joué un rôle important dans l’imaginaire de notre jeunesse. Je reçois des messages de Congolais dans la quarantaine qui étaient mes fanatiques à mon insu.

 

Les modèles

 

Avant l’indépendance, nous rêvions tous de devenir des gens instruits et des leaders de notre pays. Les médecins, ingénieurs, juges, avocats, professeurs et dirigeants entreprises nous fascinaient.

Après 1965, incapables d’aspirer à ces grands honneurs à cause des clivages sociaux, les jeunes se sont tournés vers les solutions de facilité. L’éclosion des orchestres en est une des preuves. La musique, c’était la porte d’entrée pour avoir l’argent. Le confort et le respect des autres. Hélas ! Tout ce qui brille n’est pas or, mais certains jeunes ont quand même eu la chance de s’imposer, d’autres de s’affirmer.

 

Dans l’un de mes articles, j’ai cité les Docta Nico Kasanda, Grand Kallé, Gérard Madiata, Rochereau Tabu Ley, Frank Lassan, Zatho, et autres qui étaient des musiciens instruits. Et cela se voyait ! Ils ont composé ou chanté en français et dans d’autres langues. Aujourd’hui, seul Sam Mangwana s’est démarqué des autres à ce chapitre.

 

Les apparences

 

Il y une autre chose que j’ai observée chez nos jeunes d’aujourd’hui, c’est qu’ils veulent impressionner. A cause de vouloir bien paraître, ils se font souvent séduire par certaines activités qui ne sont pas toujours catholiques, forts du dicton « la fin justifie le moyens » C’est ainsi qu’ils commettent des bévues ou se retrouvent impliqués dans des situations dramatiques qui les fait se retrouver derrière les barreaux.

 

Des parents muselés

 

Tous ces facteurs que je viens d’évoquer, se recoupent.  La pauvreté a privé les parents de leur dignité et de leur autorité.  J’ai connu des parents pauvres qui ont économisé de l’argent pour envoyer leurs enfants étudier ou travailler en Occident dans l’espoir qu’ils les aideraient. Il y en a qui l’ont regretté. Pourquoi ? Parce que les relations parents - enfants doivent se tisser alors que les enfants sont encore dans leur jeune âge. Quand ils ont grandi dans la dèche et au contact de leurs semblables qui réussissent par la débrouillardise, ils imitent ces derniers.

 

Demain, dans notre 2ème partie, nous verrons comment les jeunes Occidentaux se retrouvent souvent dans la même galère que nos jeunes à nous.

 

La cause reste la même : la pauvreté.

 

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La pensée du jour

 

Dans une famille normale,

En cas de doute sur la génétique d’un enfant

La mère n’a pas besoin de subir un test d’ADN

 

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À demain !

Rose Laurens - AFRICA-

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