RD Congo¨Kinshasa et les rues de la honteRD Congo : Kinshasa et les rues de la honte SACHA DISTEL & DALDA " SCANDALE DANS LA FAMILLE Le 50ème anniversaire de l’accession de la RDC à l’ind

Publié le par Vieuxvan

RD Congo : Kinshasa et les rues de la honte  

 SACHA DISTEL & DALDA " SCANDALE DANS LA FAMILLE

Le 50ème anniversaire de l’accession de la RDC à l’indépendance est désormais relégué aux calendes grecques.  La vie continue à Kinshasa où les quartiers éloignés du centre-ville continuent à présenter quelques scènes désolantes.  J’en veux pour preuve ce reportage photographique qui se passe de tout commentaire.

Où va l'argent de la République Démocratique du Congo ?

J’ai été secrétaire de la 2ème direction de la Ville de Kinshasa en 1969. C’était l’année charnière entre mes 4 années passées comme secrétaire communal de Ndjili et le moment où j’ai participé à ce concours à l’issue duquel je me suis retrouvé à l’ORTF en France avant de changer carrément de carrière. Les travaux publics et l’Urbanisme étaient de notre ressort. Je puis vous dire que les rues étaient plus présentables que celles que j’ai vues dans ce reportage. J’en arrive parfois à me demander si la Ville de Kinshasa est vraiment gouvernée.

Notre pays bénéficie d’un climat tropical. Les pluies torrentielles provoquent souvent des dégâts matériels tels ces nids de poule, bris de route et habitations emportées. Il fallait s’y attendre. Depuis que Kinshasa attire des millions de nouveaux venus, les constructions anarchiques ont envahi toutes les communes périphériques. À qui la faute ? Premièrement, il faut condamner les citoyens qui construisent sur des terrains tout en sachant que les terrains sur lesquels ils le font sont des zones déclarées inhabitables à l’époque coloniale. En second lieu, ce sont les autorités urbaines qui ont fermé les yeux, état parfois eux-même partie prenante dans cette situation chaotique. Et que dire des fonctionnaires des Cadastres et de l’urbanisme qui se sont fait la malle sur le dos de citoyens à la recherche de parcelles ?

Tant que les Congolais ne prendront pas conscience qu’il existe des lois et règles en toutes circonstances, nous se seront pas sortis du tunnel.  Nous avons tendance à tout prendre à la légère et à contourner les règlements. Conclusion : c’est notre propre environnement et nos propres vies qui se retrouvent déréglés.

Je me demande si les monarques et chefs d’État qui ont été des hôtes de notre gouvernement le 30 juin 2010 ont eu le privilège de visiter les bas-fonds de la ville, notamment les communes nommées jadis zones annexes.  Toutes ces rues sales, avec des ordures jonchant le sol, toutes ces crevasses en plein milieu de la chaussée, toutes ces flaques d’eaux où les moustiques vont pondre leurs œufs, toutes ces conduites d’eau bouchées, le gouverneur de la Ville ne les voit-il pas ?

Lorsque quelqu’un meurt de malaria, lorsque produit un accident mortel dû au mauvais état de la chaussée, lorsque des habitations sont emportées par les pluies diluviennes, le gouverneur de la Ville devrait se sentir en partie coupable.  « Mens sana in corpore sano » (un corps sain dans un esprit saint), dit-on.  Comment voulez-vous que les citoyens entrain de rendre l’âme et ceux qui ne savent pas si un prochain orage va les engloutir soient productifs pour contribuer au développement du pays ?

Il est temps que quelqu’un se lève et nous débarrasser de ces décors et images de rues en décrépitude.  Mes amis,  la RDC, ce n’est pas n’importe quel petit pays d’Afrique. Notre pays vaut son pesant d’or au propre comme au figuré. Alors faisons en sorte qu’il soit à la hauteur de sa réputation !

À demain !

Sacha Distel - Monsieur Cannibal

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