RD Congo : le Bas-Congo de demainRD Congo : le Bas-Congo de demain SACHA DISTEL & DALDA " SCANDALE DANS LA FAMILLE Il ne se passe pas un jour sans que je lise des nouvelles de la province du Bas

Publié le par Vieuxvan

RD Congo : le Bas-Congo de demain

 SACHA DISTEL& DALDA " SCANDALE DANS LA FAMILLE

Il ne se passe pas un jour sans que je lise des nouvelles de la province du Bas-Congo. Les choses ont vraiment changé car à notre époque c’était plutôt rare. Ceux qui ont bien connu Franco Luambo Makiadi vous diront à quoi il pensait lorsqu’il a chanté « Bas-Zaïre à la mer ! »  Cette province-là était oubliée, enterrée, engloutie. Et il n’y avait personne pour lever un seul petit doigt ! C’est donc avec un grand soulagement que je constate qu’on parle de plus en plus du Bas-Congo ces dernières années ! Tant mieux !

Quelques-unes de ces dernières nouvelles ont particulièrement retenu mon attention et je m’empresse de donner mon opinion sur chacune d’elles. Commençons par celle qui est sujet à controverse :

Kinshasa-Brazzaville

Kinshasa-Brazzaville, le pont de la discorde

Dire que je connais le Bas-Congo serait un mensonge. Je connais une partie des Cataractes, de la Lukaya et du Bas-Fleuve. Mais il existe beaucoup trop de coins où je n’ai jamais mis les pieds. Pourtant la province n’est pas si vaste que ça ! En tout cas, si moi, je ne peux pas vous décrire le Bas-Congo dans les détails, voici un article paru sur Jeune Afrique, qui vous en donne une bonne idée.

Le Bas-Congo, province pionnière: Une force tranquille RD Congo ...

L’un des  problèmes des campagnes de notre pays, c’est que les communications par route sont encore comme au siècle dernier. J’ai souvent séjourné en France notamment dans la région parisienne. C’est fou ce que le réseau ferroviaire est bien organisé ! Allez faire un tour à la gare St-Lazare de Paris entre 8 heures et

9 heures du matin et vous m’en direz des nouvelles ! C’est à se demander d’où provient toute cette foule ! Et si vous observez les trains qui partent vers les autres coins du pays et la banlieue avec toutes ces voies de fer qui s’entre croisent, il y a de quoi pousser un petit sifflement d’admiration. Chez-nous, ce n’est pas le même décor. J’ai souvent voyagé par train et par camion entre Kinshasa et Matadi. Je dois vous avouer que c’est loin d’être la même ambiance.

Bas-Congo : l'absence du train voyageur appauvrit les campagnes

À mon époque, il y avait une seule voie ferrée et un seul train par jour, un venant de Kinshasa, l’autre de Matadi, et se croisant à Catier, je crois. À mon humble avis, il plus que temps que l’on songe à construire plusieurs voies. Le hic est que Matadi, comme les « Bula Matari » l’ont nommée, est construite sur une zone rocailleuse. Il faudrait trouver une solution pour résoudre ce problème, à moins de construire un pont aérien entre l’avant-dernière gare et Matadi, lequel pourrait supporter quatre voies supplémentaires qui passeraient par d’autres terrains que le parcours actuel. Ensuite, on pourrait moderniser les trains et faire en sorte qu’il y ait plus de trafic entre la capitale et la ville portuaire avec plusieurs trains par jour allant dans les deux sens dont certains à vitesse moyenne et d’autres à grande vitesse (TGV) un peu comme cela se passe en France. En 1970, lors de mon stage pratique à la station de télévision de Marseille, j’ai pris deux fois le Mistral pour aller de Paris à Marseille où j’ai logé dans un hôtel non loin de la Cannebière. Ce fut époustouflant ! Si un tel projet pouvait se concrétiser au Bas-Congo, le pont entre les deux Congo à hauteur de Matadi ou de je ne sais quelle autre localité du Bas-Congo pourrait attendre. 

 

Les deux autres bonnes nouvelles sont  celle de l’implantation d’une université à Matadi et celle de la construction d’une école supérieure de gaz et pétrole à Moanda. On ne le répétera jamais assez, l’avenir de demain demeure dans l’enseignement supérieur et l’apprentissage des nouvelles technologies. Nous ne serons réellement indépendants que si nous disposons de cadres congolais capables de maîtriser toutes ces innovations au point que nous n’ayons plus besoin d’expatriés pour diriger nos entreprises de haute technologie. Je sais que le pétrole de Moanda pourrait davantage être exploité et raffiné sur place au lieu d’être acheminé à l’état brut aux États-Unis,  si nous disposions de toutes les ressources humaines et matérielles pour ce faire.

Projet d’implantation d’une université à Matadi et d’une école supérieure de gaz et pétrole à Muanda

Je me réjouis aussi  de l’initiative de construction d’une cimenterie par les Chinois à Kimpese.

Une entreprise chinoise est en voie d’aller monter sa propre cimenterie à Kimpese dans la province du Bas-Congo

Je viens moi-même de cette région. J’ai connu l’ancienne cimenterie de Lukala ; plus tard on a parlé plutôt de la cimenterie de Kimpese. Je n’ai jamais compris s’il s’agissait d’un simple changement d’appellation ou si une autre cimenterie avait vu le jour. Quoi qu’il en soit, cela faisait notre affaire. Je sais que des gens d’affaires kinois comme Lusakivana et Nzolantima, le père de Mbuta Mashakado, ainsi que d’autres, ont agi comme intermédiaires et grossistes pour vendre ce ciment aux Kinois qui se faisaient construire des résidences. Je ne connais pas la capacité de production de l’ancienne usine ni son état actuel. Je ne saurais donc dire si la présence des Chinois ne va pas porter préjudice aux deux autres, à moins que ces derniers aillent plus loin vers la montagne de Bangu. Quoi qu’il en soit, c’est bon pour la création d’emplois dans la région et c’est aussi profitable à l’économie de la province.

Enfin, j’en arrive à l’autre aspect du Bas-Congo qui avait été négligé auparavant : le tourisme.  Là aussi, je ne puis que me fier à la plume de ceux qui connaissent le domaine mieux que moi.

Patrimoine

Comme il vous plaira...

Même si je ne connais pas la province comme le fonds de ma poche, j’ai quand même beaucoup voyagé au Bas-Congo avant que mes obligations professionnelles me prennent tout mon temps. J’ai visité les plages de Banana, la cathédrale et le jardin botanique de Kisantu, la gare de chemin de fer et les grottes de Mbanza-Ngungu, les deux barrages d’Inga et de Zongo, le Mont Cristal,  la chute de Kimpese, le Belvédère et l’hôtel Mangrove et le port de Matadi, les ponts sur les rivières Mpozo, Kwilu et Lukaya,  la croix « mythique » de Mbata Kuluzu, les plantations de palmiers de Kolo-Fuma, les plantations UNILEVER de Kikobola, la Sucrière de Moerbecke (Kwilu-Ngongo), la Cimenterie de Lukala, le lac Ma Vallée, etc. Je crois qu’il existe un potentiel touristique considérable qui n’attend qu’à être développé. Le climat de certaines régions du Bas-Congo attirait beaucoup d’Occidentaux à l’époque. À Thysville, actuel Mbanza-Ngungu, par exemple, le climat était comme celui des régions méditerranéennes. Il arrivait souvent qu’il gèle au sol. Ma mère et mes sœurs cultivaient des fraises, des choux-fleurs, des carottes, des pommes de terre et autres légumes et oléagineux qui faisaient l’affaire des Belges de l’époque. Mais, il faut l’avouer, à mon époque, le tourisme était pratiquement inconnu au Bas-Congo. Il est une autre carence notée à mon époque. C’est l’absence d’un parc naturel ou même d’un jardin zoologique. Pourtant, la province regorge d’un cheptel animal digne de ce nom.  Nous avons des lions, des éléphants, des buffles, des hyènes, des antilopes, des singes, des macaques et d’autres espèces de mammifères sans oublier les serpents comme le python, le mamba noir, la vipère, d’autres batraciens comme le varan, une brochette de poissons d’eau douce sans compter ceux de l’océan atlantique à Banana et Moanda. Il y a aussi le fameux crocodile de Luozi…et que dire des  oiseaux rapaces tels que le vautour, l’aigle, le hibou, la chouette et les autres espèces dont la perdrix, la colombe, le rouge-gorge, le rossignol et tant d’autres ?  Il n’est pas trop tard pour qu’on puisse aménager un parc naturel et des jardins zoologiques pour remédier à cette carence. Bien sûr, avec le développement  de tous ces aspects touristiques, il faudra investir dans la construction de structures d’accueil au niveau des hôtels, des transports, des communications, voire même des télécommunications pour que les touristes se sentent à l’aise.

Au final, je sens que, comme partout ailleurs à Kinshasa et dans les autres provinces, les choses sont en train de bouger aussi dans la province du Bas-Congo. Celle-ci n’est plus à l’abandon comme ce fut le cas depuis l’accession du pays à l’indépendance. Je souhaite que ça continue car il existerait encore des îlots comme Luozi, Kimpangu, Ngeba et Ngidinga et Ngombe-Matadi où il y aurait encore beaucoup à faire. Mais, si la tendance actuelle se maintient, il est garanti que le Bas-Congo de demain sera plus moderne et plus prospère que l’ancien « Bas-Zaïre à la mer ! » tant de fois  décrié par feu le Grand maître Franco Luambo. Ce que je souhaite pour le Bas-Congo, je le souhaite aussi pour le Bandundu et d’autres provinces qui ont beaucoup souffert d’abandon.

Merci de votre bonne attention. À demain !

Sacha Distel - Monsieur Cannibal

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