RD Congo - Le dilemme de nos filles

Publié le par Vieuxvan

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Samedi 1er octobre  2011

 

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RD Congo – Le dilemme de filles

 

Les enfants de la diaspora deviennent de plus en plus nombreux et essaient de prendre leur place dans un pays où la population est vieillissante et où le taux de natalité ne cesse de dégringoler en chute libre.

 

A les voir évoluer, on sent vraiment qu’ils sont désorientés, comme pris dans un étau entre leur culture et celle du pays d’accueil. Ces enfants, surtout les filles, qui vivent avec leurs familles éprouvent beaucoup de difficultés à concilier la vie quotidienne qu’ils vivent à la maison et celle qu’ils côtoient à l’école ou dans la rue.

 

Bien des parents de la diaspora lisent rarement les journaux et ne regardent presque pas la télévision. Parallèlement, ils ne disposent pas de l’instruction suffisante qui leur permettrait d’accompagner leurs enfants autant dans leurs études que dans leur absorption de la culture nord-américaine.

 

Il m’est arrivé personnellement d’observer la situation. Bien des enfants sont nuls en matière de culture générale. Qui plus est, ils ne connaissent même pas les réalités d’ici comme le nombre et le nom des provinces, les partis et les hommes politiques qui nous gouvernent, etc. Pourtant, ce sont des choses que l’on voit aux nouvelles à la télé chaque jour. Et pour cause ! Leurs parents regardent des vidéoclips et sketches congolais dans le salon principal et il y en a qui en profitent de commenter à hautes voix et discussions notre musique actuelle ou gauchement la politique congolaise. Certains enfants, dont les parents disposent des moyens, préfèrent s’enfermer dans leurs chambres pour ouvrir leur ordinateur, chatter, s’envoyer des textos, parler avec des copains au téléphone, s’envoient des MSN , etc. Et ils ne parlent de rien qui soit intéressant.

 

Lorsque nos adolescentes reviennent de l’école avant le retour des parents, elles se complaisent à regarder les programmes de musique d’ici ou des DVD. Il en est qui s’intéressent un petit peu à nos artistes musiciens les plus jeunes actuellement en vue (Fally Ipupa, Ferré Gola, Awilo Longomba, Félix Wazekwa, etc. ) mais, pour la plupart, ce sont les célébrités nord-américaines qui les intéressent. Cela est tout à fait normal puisque, à l’école, leurs collègues en parlent en tout temps.

 

Continuons ! Dernièrement, je vous ai parlé de la boutique Aux Sources de l’Afrique qui devient de plus en plus le rendez-vous des Africains sub-sahariens. On y trouve des produits alimentaires communs non seulement à l’Afrique noire mais également aux Caraïbes. D’ailleurs, il suffit d’aller y faire un tour pour constater le fait.

Aux Sources de l'Afrique, la tanière africaine

 

Il y a plein de boutiques africaines et congolaises à Montréal. Avec ce qu’on y trouve, nos jeunes filles et adolescentes n’ont aucune excuse pour ne pas être capables de cuisiner. Il y a du tout : du pondu, des légumes, des haricots, foufou, semoule de blé, poissons frais, fumés ou salés, de la viande de chèvre, bœuf, porc, poulet et autres. Et pourtant, beaucoup de nos filles ne semblent vraiment pas se donner la peine d’apprendre l’art culinaire.

RD Congo: le foufou au jambon

 

La faute est aux parents, particulièrement aux mamans qui ne se donnent pas la peine d’enseigner comment faire à leurs filles. Les Blancs sont habitués d’aller manger dans des fast foods. Nous, Africains, avons une autre façon de le faire.  Nous nous concoctons nous-mêmes de succulents mets à partir de recettes de chez-nous.

 

Pourtant, des femmes haïtiennes, togolaises et camerounaises amènent leurs filles aux Sources d’Afrique. Selon ce que me rapporte mon épouse, il leur arrive d’échanger leurs expériences culinaires avec elle ou d’autres femmes rencontrées sur place. Apparemment, leurs filles, qui les accompagnent, sont ravies et affirment qu’elles préparent à manger chez-elles.

 

Ce n’est pas tout a propos de nos filles. Un autre phénomène que j’observe est celui des filles à la mallette. La plupart du temps, ce sont des jeunes femmes entre la trentaine et la quarantaine qui ont grandi et étudié en RDC ou en Europe avant que leurs parents immigrent ici. Celles qui sont les plus instruites deviennent snobs. Elles se donnent beaucoup d’importance et veulent vivre à l’occidentale. Ce sont des fonctionnaires imbues d’elles-mêmes qui veulent faire comprendre aux hommes qu’elles se suffisent à elles-mêmes. Elles aiment s’habiller en pantalons ou jupes alors que nos femmes épatent les Québécoises, Haïtiennes, Latinos, Chinoises et autres qui sont en admiration devant la beauté et les colorations de nos super-Wax !

 

Certaines achètent des maisons ou des voitures à crédit ; elles se disent qu’elles n’ont pas besoin d’avoir un mari. Celles qui vivaient avec un conjoint le quittent, fondant par le fait même des familles monoparentales qui battent de l’aile ; d’autres n’arrivent pas à se trouver un mari ou conjoint parce qu’elles sont trop matérialistes, ce qui éloigne les hommes, ceux-ci préférant de la bonne bouffe, de la tendresse, des caresses et  des paroles d’amour aux discours qui ne parlent que d’argent et de factures à payer.

 

Les jeunes couples qui sont solides se comptent sur les doigts de la main et certaines de ces filles « au pantalon » se sentent mal dans leur peau. A quoi sert alors la vie lorsqu’on a rarement l’occasion de faire éclater sa joie ou ses sensations de toutes sortes ?

 

Le problème avec ce genre de filles est qu’elles ne sont pas vraiment intégrées. Elles vont travailler dans des bureaux mais ne se font vraiment pas des amis et copains dans leurs milieux de travail comme il se devrait. Pourquoi ? Sont-elles marginalisées par leurs copains et copines de race blanche ou ce sont elles-mêmes qui se tiennent à distance, mues par un certain complexe racial ? Je n’en sais rien.

 

Je penche plutôt pour la seconde hypothèse puisque des amis québécois à moi me l’ont déjà fait remarquer.

RD Congo - La désillusion

 

En tout cas, j’ai peur pour la génération actuelle des jeunes Africaines. Les filles instruites vont devenir des familles monoparentales mal dans leur peau ou de vieilles filles ; les moins scolarisées risquent de connaitre encore pire. Ce sont surtout leurs rejetons qui sont à plaindre. En effet, il est plus facile pour les filles à la mallette d’envoyer leurs enfants dans de bonnes écoles, ce qui n’est pas le cas pour les autres, c’est - à dire la majorité.

 

C’est là qui se situe le dilemme !

 

 

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La pensée du jour

 

La solitude et la monotonie

Affectent forcément notre moral                                                                                         

 

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À demain !

Congo - Mbilia Bel - Naza

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