RD Congo - Nom d'un chien 1

Publié le par Vieuxvan

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Mercredi 30 mars 2011  

 

      Congo - Mbilia Bel - Naza

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L’événement du jour

Le bras de fer entre Mouammar Kadhafi et la communauté internationale s’intensifie.  Qui aura gain de cause ?

La coalition anti-Kadhafi s'organise à Londres

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L’article du jour

 

 

RD Congo-  Non d’un chien !  Le chien africain.

 

Un article paru dans Digital Congo du 28 mars 2011 a attiré mon attention. Le voici.

Lancement à Matadi de l’opération « ville sans chien »

 

Cela me rappelle mon voyage en Chine en 1978. Dans la ville de Pékin, les chiens et les chats n’existaient pas. Le président Mao-Tse Toung avait ordonné qu’on les abatte tous ainsi que les oiseaux. Il avait horreur des aboiements et miaulements ; aussi il avait plus d’un milliard de bouches humaines à nourrir !

 

En tout cas, cet article a suscité bien d’interrogations en moi concernant l’utilité des chiens dans nos sociétés. J’ai donc pris la liberté de traiter ce dossier en deux volets : le premier sera consacré aux chiens africains, le second aux chiens occidentaux.

 

Avant de poursuivre, je m’en vais juste vous révéler, si vous ne le savez déjà, un proverbe kikongo qui dit : « Lelese muana kua mbua » (Il a confié la garde de son

bébé à un chien) Cette expression s’emploie péjorativement pour reprocher à quelqu’un d’avoir fait confiance à un traître ou une personne irresponsable.

 

Je me souviens d’un des contes hérités de ma mère :

 

Une jeune fille de 16 ans fut obligée par ses parents d’épouser un cousin qu’elle n’aimait pas, un idiot de surcroît. Comme le gars n’était qu’un bon à rien, c’est elle qui se tapait toutes les besognes, même celles ordinairement réservées aux hommes. Un jour, après avoir pêché des dizaines de poissons, ne se sentant pas bien, elle envoya son mari au marché à sa place. Ce dernier, faisant preuve de zèle, se leva avant le lever du soleil ; mais il arriva au marché trop tôt. Celui-ci était donc encore vide. Il aperçut des chiens qui flânaient là. Il s’assit, déploya ses poissons devant lui et attendit. Il vit s’approcher un premier chien. Il lui jeta un poisson et lui demanda de le payer. Comme le chien ne réagissait pas, il en conclut qu’il voulait acheter à crédit. Il lui demanda donc si c’était ça. Le chien remua la queue. L’homme en conclut qu’il avait opiné. Le chien s’en alla, emportant son butin. D’autres chiens, qui avaient observé la scène de loin, s’approchèrent un à un, à la queue leu leu, heureux de se voir servir chacun à son tour. Notre homme, fier de lui, retourna au village. Sa femme s’étonna de le voir revenir plus tôt que prévu. Il lui demanda ce qui s’était passé. Il le lui dit.

 

- Tu es vraiment le pire des idiots, le réprimanda-t-elle. Ainsi, tu as fait crédit à des chiens !

 

Ce fut la goutte qui fit déborder le vase. Il en avait commis d’autres bévues auparavant. Cette fois, la famille de la pauvre femme fut convaincue que cet homme était vraiment un idiot et qu’on ne pouvait rien attendre de lui. Ils n’eurent d’autre choix que de prononcer le divorce.

 

Les mariages forcés sont légion en Afrique. Je vous en ai déjà parlé. Je ne reviendrai donc sur mon propos, mais je vais quand même vous laisser en bonne compagnie avec Mbilia Bel qui a abordé ce thème dans l’une de ses en chansons intitulée « Contre ma volonté »

 

     YouTube - Contre ma volonte

 

J’ai souvent regretté de n’avoir pas connu Mbilia Bel en tant que chanteuse. Avant que je quitte le pays, elle était encore danseuse. J’aime bien ses chansons. Elle a vraiment bien pris la défense des femmes africaines. Dommage que personne n’ait été là pour illustrer ses belles chansons dont j’apprécie beaucoup l’originalité et la pertinence.

 

Revenons, si vous le voulez bien, a notre propos du jour, a savoir la place du chien dans le quotidien en Afrique.

 

Dans nos villages, le chien est avant tout un compagnon de chasse. Qu’ils soient solitaires ou chassent en groupe – nous verrons plus tard que les Occidentaux font aussi la même chasse appelée « chasse à courre » - les chasseurs africains s’adonnent à cet exercice depuis leurs ancêtres. Malheureusement pour le chien, lors du partage du butin, on lui jette juste les os, mais il n’en a cure. Il y est habitué et d’ailleurs il adore ça. D’où est sortie une autre expression disant de quelqu’un qui s’est fait flouer : « Batikeli ye se mikuwa » (On ne lui a laissé que des os)

 

Dans la chanson « Merci bapesa na mbua », Simaro Lutumba  nous propose  une autre expression pour dénoncer l’ingratitude.

 Tala merci bapesa na mbwa

 

C’est le même thème que Mbilia Bel a abordé lorsqu’elle a eu à en découdre avec Rochereau Tabu Ley à propos de ses émoluments, une des raisons, dit-on, qui a conduit à leur « divorce » Elle estima avoir été payée en monnaie de singe juste parce qu’elle était une femme.

      YouTube - Mbilia Bel - Nazali Mwasi

 

Eh ! Oui ! Il fut une période où la femme africaine fut négligée, bafouée et exploitée.

Elle a bien eu raison de renchérir plus tard : « Quelle méchanceté ! »

      YouTube - MBILIA BEL - QUELLE MECHANCETE

 

Quels beaux thèmes ! Quelle belle voix ! Quelle belles envolées ! Quelles belles orchestrations ! Je parle au pluriel puisqu’il s’agit de deux chansons et de tant d’autres. Bravo, Mbilia ! Dommage que personne ne nous les ait illustrées à leur juste titre !

 

Bon. Poursuivons !

 

D’autres expressions s’adressant à des humains font allusion au comportement du chien :

 

-Mbua akata singa (chien errant) pour désigner quelqu’un qui est en marge de la société, notamment une femme qui se prostitue

 

- Mbua azali na makolo minei, kasi atambolaka bobele nzela moko (le chien a quatre pattes, mais il ne suit qu’un seul chemin)

 

- Mika mia mbua, lekela ku mosi, sikamena ku mosi ( les poils du chien se couchent et se dressent en même temps) Ce slogan du parti Abako (1959-1960) invitait les Bakongo à être unis.

 

Jadis, lorsque je me trouvais en vacances au village de mon père, les aboiements nocturnes des chiens trahissaient, disait-on, la présence de fantômes rôdant dans le village…Vrai ou faux ? Allez donc savoir !

 

Par contre, en ville, les gens qui sont riches possèdent des chiens qui gardent leurs belles propriétés contre l’incursion de voleurs et personnes indésirables. Mais, le chien africain n’est pas un animal de compagnie comme c’est le cas dans les pays occidentaux.

 

Et pourtant ! Nous verrons demain pourquoi, en Europe et en Amérique du nord Occident, on le désigne sous l’appellation « le meilleur compagnon de l’homme » 

 

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La pensée du jour

Si le chien pouvait témoigner en Cour de tout ce qu’il voit

Beaucoup de gens se retrouveraient sous les verrous

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À demain!

Rose Laurens - AFRICA-

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