RD Congo: nos meilleurs musiciens. RD Congo : nos meilleurs musiciens. SACHA DISTEL & DALDA " SCANDALE DANS LA FAMILLE De plus en plus, Jeune Afrique s’intéresse à ce qui se passe dans notre

Publié le par Vieuxvan

RD Congo : nos meilleurs musiciens.

 SACHA DISTEL & DALDA " SCANDALE DANS LA FAMILLE

De plus en plus, Jeune Afrique s’intéresse à ce qui se passe dans notre pays.  Cette semaine encore, entre autres sujets, il est question de Papa Wemba et de son histoire de « affaire ngulu » que je croyais pourtant reléguée aux oubliettes..

Papa Wemba, retour sous surveillance

J’ai beaucoup de respect et d’admiration pour Papa Wemba. La jeune génération de nos musiciens lui doit tout. C’est un artiste complet plein d’imagination. Il a fait la pluie et le beau temps avec Zaïko Langa-Langa ; grâce à Viva la Musica, il a propulsé Koffi Olomide, Kester Emeneya, Reddy Amisi et autres au zénith : il est le père de la sape ; il a joué le premier rôle dans un film de fiction, etc. Bref, il a fait beaucoup pour sa génération et celle qui lui survivra. Moi-même, ne lui dois-je pas mon sobriquet «vieuxvan » ? Vous me connaissez-bien. Moi je ne taris pas d’éloges envers tous ceux qui font preuve d’originalité et de créativité. Papa Wemba est l’un d’entre eux.

J’émets cependant des réserves sur cet autre article de Jeune Afrique à propos des grands de la chanson.

Papa Wemba, Koffi, Werrason : les grands de la chanson

Je me demande sur quel critère l’auteur de cet article s’est basé pour désigner nos trois musiciens cités. Il n’a pas tort, il est vrai en ce qui a trait à la popularité des trois musiciens cités mais je crois qu’il y en a d’autres comme Kester Emeneya, Awilo Longomba et Fally Ipupa, qui ont été oubliés. Une nouvelle génération est en train de se confirmer de plus en plus surtout à l’étranger.  À ce chapitre, Lokwa Kanza et Fally Ipupa méritent d’ être pris en considération.

Cependant, peu importe le succès actuel de nos jeunes artistes, n’oublions pas les autres vieux loups qui ont hissé notre musique à son niveau actuel. En tout cas, parmi ceux qui sont encore en vie, il faut rendre hommage à Rochereau Tabu Ley, Nyoka Longo, Sam Mangwana, Kanda Bongo-Man, Bimi Ombale, Pépé Felly Manuaku et autres.

Nous avons souvent tendance à juger notre musique par ce qui se passe au présent. Ça, s’est typiquement congolais ! On aime vivre au jour le jour. Et pourtant, il est des situations dans la vie où il faut planifier et attendre. Il est aussi primordial de ne pas oublier nos fondements, c’est à dire les précurseurs vivants ou morts de notre culture. Je vais vous dire franchement une chose. Quand j’entends chanter Koffi, Werrason, Fally Ipupa, Félix Wazekwa et autres, cela me rappelle un certain Papa Wemba et un certain Pépé Manuaku.

Vous est-il arrivé de regarder un orchestre cubain à la télé ? Ces gens-là jouent ensemble depuis de nombreuses décennies. Il en est de même avec Kassav et  la Compagnie Créole. La musique n’a pas d’âge. Elle est d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Elle subit des altérations dues aux contraintes du moment, mais elle demeure à jamais la musique.

Il y a cependant un grand oublié dans nos citations. Il existe un artiste encore en vie qui est déjà un monument. J’ai cité le poète Simaro Masiya Lutumba.  Lui, mes amis, il n’a pas son pareil en tant qu’auteur compositeur.

La musique congolaise se souviendra toujours de Sylvain, Mbawu, Nganda lopango bateka, Trahison, Maya, Verre cassé, .Ebale ya Zaïre, Mayamba, Dati Pétrole Eau bénite, Merci bapesa na mbua et autres. Ces oeuvres-là demeureront là pour la postérité, contrairement à d’autres qui poussent et disparaissent aussitôt comme des champignons. Cela me rappelle souvent la fable du chêne et du roseau.  Lutumba me donne l’air d’un roseau qui résiste à tous les courants et à tous les vents. C’est un modèle à suivre pour nos artistes musiciens.

J’en ai connu des chansons qui ont embrasé le pays à certains moments de notre histoire notamment « Indépendance cha-cha, « Félicité » et « Oiga Kallé cha-cha »  (Grand Kallé) »,  « Polo », « Nakoma mbanda ya mama » et « Mario » (Franco) «  Mokolo nakokufa » et « Maze » (Rochereau), « Eluzam » et « Fièvre Mondo » (Evoloko), « Georgette Eckins » (Sam Mangwana », « Kiri-Kiri mabina ya mboka » (Dr Nico), « Mère supérieure » (Papa Wemba), « Sentiment Awa (Nyoka Longo), « Nzinzi » (Emeneya) , « Africa mokili mobimba » (Déchaud), «  Bolingo ya bougie » (Kwamy), « Nouvelle génération » (Lipua-Lipua), « Kadima » et « Maya) (Lutumba), « Mouzi » (Ya Ntesa), « Elo » et «  Bongo bougé (Teddy Sukami) , « Mwambe no 1 » (Johnny Bokelo), « Fariya » (Josky), « Bangambo ya moto » (Shama-Shama), « Amba » (Nyboma), Article 15 » (Pépé Kallé), « Kanda te, zuwa te » ( Kiese Diambu), « Nelly ya Moro » (Moreau Maurice), « Zamba » (Soki Vangu), etc. Bref, tous nos musiciens sont d’excellents artistes lorsqu’ils décident de s’y mettre !

Encourageons-les à faire preuve de plus de créativité et surtout d’originalité. Tout casse ; tout casse ; tout lasse. Mais les chefs-d’œuvre, eux,  passent à l’histoire !

À demain !

Sacha Distel - Monsieur Cannibal

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