RD Congo - Oui mais comment?

Publié le par Vieuxvan

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Samedi 13 septembre  2011

 

           KASSAV - NEW VIDEO - DOUBOUT PIKAN

 

L’événement du jour

Séisme de 6,7 au large de l'île de Vancouver. Pas de Tsunami.

 

L’article du jour

 

RD Congo – Oui mais comment

 

Les élections présidentielles et législatives amènent leurs lots de promesses auxquelles on nous a déjà habitues, lesquelles s’évanouissent aussitôt la campagne électorale passée.

 

Je ne puis donc m’empêcher de suivre de loin les joutes oratoires que se livrent les nombreux candidats qui postulent un poste au sein de la nouvelle législature. Je n’ai donc pas été surpris par un article comme celui-ci :

Elections 2012 : Tshisekedi plébicite « Kabila »

 

De plus en plus, nos politiciens sortent ceux qu’ils ont dans le ventre sans vraiment convaincre.

RDC : Le processus électoral livre progressivement ses secrets

 

J’ai déjà souligné quel genre de candidat serait idéal pour moi. Mes critères sont la sécurisation du pays qui exige une armée super-équipée ainsi que la lutte à la pauvreté qui passe par la modernisation et le développement des nos régions rurales :

RD Congo - Didondera 

 

C’est bien beau de faire des promesses, mais il faut nous dire comment vous comptez les réaliser.

 

Je n’ai jamais été trop tendre envers les Chinois qui s’apprêtent à déferler comme lors d’une invasion de criquets.

La Chine vient de s'éveiller

J’ai reçu sur ma page d’accueil facebook un article consacré à la présence chinoise en RDC.  A ceux qui veulent un exemple du « comment », en voilà un qui devrait les inspirer. En fait, que nous veulent les Chinois et, concrètement, comment comptent-ils s’y prendre ? Lisez donc !


From: dmanga@tfo.org
To: atambunku6@hotmail.com; eve.isa@sympatico.ca; katambu@yahoo.ca; ali.mampuya@gmail.com; aimemampuya@yahoo.fr; fundi53@hotmail.com; mangadv@yahoo.com; airpongo2@yahoo.com
Date: Tue, 6 Sep 2011 14:47:08 -0400
Subject: Les Chinois au Congo: gestion du long terme et pragmatisme

« Alors que les uns creusent à Matadi, d’autres, à Kinshasa, actionnent des concasseuses géantes qui crachent des cailloux destinés au soubassement des artères de la capitale, tandis que des centaines d’engins de chantier attendent d’entrer en action. Mandatés par le gouverneur, les Chinois ont transformé le boulevard du 30-Juin, au cœur de la ville, en autoroute à quatre bandes, un billard que les piétons traversent au péril de leur vie. Alors que les Occidentaux débattent encore des clauses des contrats qui lient désormais la RDC à la Chine, sur le terrain, les travaux ont commencé. Chaque semaine, le président Joseph Kabila inaugure un nouveau chantier. »

Dans un reportage d’Arte consacré il y a quelques mois à la présence des Chinois au Congo, Fiyake LIU, directeur général de la CDM, 2e plus gros producteur de cobalt et de cuivre chinois, déclare : « Quelles que soient l’action de la CDM au Congo et les décisions que nous prenons, nous pensons à long terme : nous nous projetons dans 50 ou 100 ans. »

Il est toujours intéressant de noter ce type de positionnement sur le long terme venant de la part des Chinois, d’autant plus qu’il ne provient pas d’une haute autorité politique mais d’une entreprise engagée dans la course aux matières premières. Pour ma part, je n’ai jamais entendu un dirigeant français affirmer avec une telle évidence son ancrage dans  un si long terme. Très souvent, l’amplitude du regard que porte le dirigeant sur l’avenir de son entreprise reste limitée à la durée de son mandat de dirigeant, voire au terme de sa carrière, et si certains positionnent leur entreprise aux défis des cinq ou dix prochaines années, il ne s’en trouve aucun, même dans le nucléaire, pour raisonner au-delà de 50 ans, et encore moins à l’échéance d’un siècle…

Quand on parle de la Chine, notamment par rapport à sa présence en Afrique, on évoque très souvent son « pragmatisme » basé sur une stratégie gagnant/gagnant et un discours articulé autour de la coopération et jamais sur le paternalisme. L’accord commercial de la Chine passé avec le Congo est à ce titre très intéressant. En voici les termes:

  • la Chine s’engage à construire pour 9 milliards de dollars d’infrastructures : 3500 km d’autoroute, 3500 km de voies ferrées, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles, des universités,
  • en contrepartie, elle accède à 10 millions de tonnes de cuivre et 200 000 tonnes de cobalt
  • « les Chinois ne posent aucune condition en échange de leur aide à reconstruction du pays ravagé par des années de guerre civile, ils ne s’immiscent pas dans la vie politique congolaise et ne réclament ni bonne gouvernance, ni respect des droits de l’homme… » (commentaire d’Arte)
  • « … et surtout ils ont été plus rapides que les Occidentaux » (idem)

On pourrait ainsi reprendre les accords passés avec tous les pays africains où les Chinois sont présents. On retrouverait à chaque fois la mise en place d’une stratégie basée sur le long terme avec un pragmatisme basé sur la coopération, et surtout le BTP comme fer de lance de sa mise en œuvre (voir par exemple l’accord récent passé entre la Chine et la Guinée). Les Chinois ont parfaitement compris qu’il ne servait à rien de partir directement à l’assaut des matières premières, comme l’ont fait dans les décennies précédentes les pays occidentaux.

Reste à savoir si le co-développement tant vanté par les Chinois profitera cette fois vraiment aux Africains. Le pari est ambitieux mais Chinois et Africains sont en train de s’engager dans des liens bien plus intenses que ceux du paternalisme. Toute la question concerne justement le passage du long terme car, pour se démarquer notamment de la France qui joue sur une histoire commune avec l’Afrique, la Chine doit construire cette histoire. Sans cela elle échouera. Voilà pourquoi les Chinois pensent à un siècle d’échéance dans leur action en Afrique – mais voilà pourquoi également leurs concurrents ne doivent plus s’appuyer sur un siècle d’histoire passée

Pour approfondir ce sujet, vous pouvez lire l’article très complet paru en septembre dernier dans le Monde diplomatique, Le Congo et ses amis chinois.

2010: une nouvelle année chinoise en Afrique Mardi 26 janvier 2010

J’ai déjà évoqué la présence chinoise en Afriquepour souligner une stratégie de coopération sur le long terme (Les Chinois au Congo, gestion du long terme et pragmatisme),  pour mettre en évidence la multiplicité des acteurs étrangers en Guinée (La Guinée au cœur d’enjeux stratégiques majeurs) ou pour souligner les éléments de rhétorique liés à la manipulation de l’histoire (L’illusion de la simultanéité).

Tout indique que cette présence ne fera que s’accentuer.Faisons donc un rapide inventaire des actions chinoises en ce début d’année. Nous prendrons ainsi conscience de l’ampleur de cette présence en la mesurant sur un laps de temps de quelques semaines.

Le road show chinois

Du 6 au 12 janvier, le ministre chinois des Affaires étrangères Yang Jiechi s’est déplacé dans cinq pays africains: le Kenya, le Nigéria, la Sierra Leone, l’Algérie et le Maroc. Le 15 janvier, une délégation du Parti communiste chinois a entamé une visite de douze joursen République démocratique du Congo, au Mali, au Sénégal, au Bénin, en République centrafricaine et à Djibouti.

Du 11 au 17 janvier,le Ministre chinois du commerce Chen Demin, accompagné d’une délégation gouvernementale du commerce et de l’économie, a visité l’Ethiopie, le Mozambique et la Tanzanie. Il avait déjà effectué une tournée en Afrique en janvier 2009 au plus fort de la crise.

Lors de la conférence de presse donnée à l’occasion de cette visite, Chen Demin a repris l’argumentaire désormais classique des autorités chinoises pour balayer les accusations de néocolonialisme en mettant en avant la coopération gagnant-gagnant avec l’Afrique, le respect des règles du marché et la non-ingérence dans les affaires internes des pays. Les entreprises chinoises seraient ainsi en rupture avec les entreprises occidentales :

« Dans le passé, l’exploitation de ressources naturelles en Afrique était essentiellement et en grande partie soumise au contrôle monopoliste d’entreprises multinationales occidentales. »

En outre, le ministre cite longuementl’exemple de la coopération sino-éthiopienne afin de démontrer que la Chine peut investir dans un pays qui possède peu de ressources naturelles. Ainsi, il peut utiliser cet exemple à son profit :

« Lors d’un entretien avec le Ministre éthiopien des Finances, il m’a dit tout particulièrement que les diffamations calomnieuses contre les entreprises chinoises en les accusant de vouloir accaparer des ressources naturelles sont complètement fausses et ne tiennent pas debout. »

Et, pendant ce temps-là, le 22 janvier, le vice-premier ministre chinois recevait en Chine la ministre libérienne des Affaires étrangères Olubanke King Akerele (cliquez sur l’image pour l’agrandir). « Nous devons travailler de concert afin d’exploiter toutes les possibilités de notre coopération », a-t-il ainsi déclaré. En outre, il n’a pas manqué de souligner que le Liberia soutenait la Chine sur les questions du Tibet et de Taïwan, accordant ainsi au Liberia un statut auquel ses relations avec d’autres nations, européennes notamment, ne l’avaient pas habitué…

Aides humanitaire et financière

Le 7 janvier, l’ambassadeur de Chine au Cameroun et le ministre camerounais de l’économie et du plan ont signé un accord sur un prêt préférentield’un montant de 49 millions de dollars destiné à la construction d’une centrale hydraulique de Mekin dans le sud du Cameroun.

Le 8 janvier, la Chine accorde au Sénégal un prêt sans intérêt de 4,4 millions de dollars. Ce prêt est remboursable dans un délai de dix ans courant du 1er décembre 2024 au 30 novembre 2034. Il servira à accompagner le programme de coopération entre le Sénégal et la Chine qui s’élève à 215 millions de dollars. A noter  la dimension culturelle de l’un des volets de ce programme avec la construction du Grand Théâtre National et du Musée des civilisations noires.

Le 18 janvier, la Chine annonce avoir fait don à l’Ouganda de plus de 244 000 doses de médicaments contre le paludisme, et ce pour une valeur de 400 000 dollars. Dans la dépêche chinoise, il est précisé que cette maladie fait 320 morts par jour dans ce pays et que l’aide chinoise permettra de pallier au financement irrégulier des agences donatrices (lesquelles ? ce n’est pas précisé).

Ainsi, entre les 6 et 27 janvier, soit en l’espace d’exactement trois semaines, ce ne sont pas moins de dix-sept pays africains qui auront été l’objet de toute l’attention de la Chine, soit par des visites de délégations chinoises du plus haut niveau, soit par des signatures d’accords et de prêts entre les autorités africaines et les ambassadeurs chinois des pays concernés, soit par une réception officielle en Chine.

Si l’on reporte ces dix-sept pays sur une carte, nous visualisons tout de suite l’ampleur et l’intensité de ces relations entre la Chine et l’Afrique sur ce court laps de temps:

Une vigilance de tous les instants

Il a fallu d’une simple déclaration de Michael Sata, leader du parti d’opposition en Zambie, battu lors de la dernière élection présidentielle d’octobre 2008, pour susciter une réaction au plus haut niveau du gouvernement chinois. Coutumier du fait, il dénonce depuis plusieurs années de façon véhémente la présence chinoise en Zambie.

Peu avant l’élection de 2008, il avait modéré ses propos et assuré les Chinois qu’ils restaient les bienvenus en Zambie alors qu’il se déclarait peu de temps avant prêt à les expulser de Zambie. Or, dans les premiers jours de janvier 2010, il reprend de nouveau son discours anti-chinois, accusant la Chine de compromettre la sécurité de la Zambie et de ne pas respecter la culture locale.

La réaction des autorités chinoises a été quasi-immédiate.Le 21 janvier, l’agence Xinhua publie une dépêche intitulée Les entreprises chinoises invitées à respecter les cultures locales en Afrique. Il s’agit d’un communiqué du porte-parole du Ministre chinois des Affaires étrangères. On peut notamment y lire ceci :

« La Chine a demandé à ses entreprises de respecter les droits légitimes des employés locaux et les cultures locales en Afrique. Le gouvernement chinois a toujours demandé à ses entreprises d’observer les lois et règlements locaux, de respecter les us et coutumes, de vivre en bons termes avec les nationaux, de remplir leurs responsabilités sociales et de garantir les droits légitimes des employés locaux. »

On le voit avec ces quelques éléments mis en évidence sur une période de trois semaines, l’Afrique est plus que jamais le centre de l’attention de la Chine – et ce au moment même où la plupart des pays de l’Afrique subsaharienne s’apprêtent à fêter en 2010 les cinquante ans de leur indépendance. Or, il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas d’une période d’une exceptionnelle activité de la Chine en Afrique, comme une sorte de tournée de vœux de début d’année. Le reste de l’année est en effet tout aussi intense en termes d’échanges entre la Chine et les pays africains…

Je ne sais pas si le programme des Chinois n’est pas le fruit d’un tapage médiatique, mais il me paraît bien modelé. Ces gens-là se présentent comme des partenaires et non comme des paternalistes (i.e. néo-colonialistes). Dans leur programme, c’est donnant - donnant et ils expliquent bien les termes des accords bilatéraux qu’ils veulent négocier avec nos dirigeants.   

RD Congo - Restons maîtres chez-nous

La Chine est peut-être un des seuls pays qui, au vu de son programme, serait pour la RDC un partenaire sincère, honnête et crédible et ce, contrairement à nos vieux partenaires occidentaux traditionnels qui tiraient toute la couverture de leur coté.

Par ailleurs, alors que le reste du monde vient d’entrer dans une crise économique qui fait peur, les Chinois, eux, continuent à produire des milliards de dollars…

La Chine continue de produire toujours plus de milliardaires

 

En tout cas, pour ce qui est de la RDC, puisqu’ils ont signé des traités de partenariat avec nos dirigeants et au vu de tout ce qui précède, nous n’avons rien à perdre à leur faire confiance.

 

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La pensée du jour

 

On ne choisit pas le nouveau conjoint de notre mère

 

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À demain !

Congo - Mbilia Bel - Naza

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