RD Congo- Sapeurs au cimetière: profanation!

Publié le par Vieuxvan

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Dimanche 20 février 2011

 

      Congo - Mbilia Bel - Naza

 

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L’article du jour

Sapeurs au cimetière : profanation

Je me suis déjà fait traiter de méchant par un sapeur qui n’avait pas apprécié un de mes articles dans lequel je dénonçais certains excès des adeptes de cette « religion »

 

Les Congolais sont reconnus pour le soin qu’ils attachent à leurs habillement et look et, en particulier, les grands sapeurs qui sont actifs au pays, à savoir des bureaucrates, employés d’entreprises et artistes de tous bords.

 

Ce sont les désœuvrés qui se pavanent dans la rue comme des paons qui choquent.  Ce sont les tenues trop criardes qui sont ridicules. J’ai suivi l’autre jour sur TV5 un sapeur kinois qui, lors des retrouvailles au cimetière de la Gombe, s’est habillé en carton avec de beaux dessins dont il est lui-même l’auteur. Franchement ! Plus ridicule que ça, tu meurs !

 

Je ne veux pas m’étendre davantage sur ce sujet puisque je l’ai déjà suffisamment abordé. Je viens toutefois de sursauter à la lecture de l’article que voici :

Sapeurs sur la tombe

 

Ici, au Canada, nous avons déjà connu des profanations de tombes par des individus non identifiés. Les proches et parents décédés, dont des Juifs,  n’ont pas apprécié. Certains auteurs ont quand même pu être identifiés et ils ont dû faire face à la justice.

 

Comment expliquer que chez-nous, où le respect de l’âme des ancêtres fait partie des valeurs, de tels gestes  crapuleux se produisent ? Comment pardonner à des citoyens qui font preuve d’incivisme en allant profaner les tombes de nos disparus ? Comment interpréter le laxisme des autorités locales qui ont toléré de tels comportements ?

 

Nous avons souvent tendance à nous mêler de politique et des problèmes tant sécuritaires que socio-économiques de notre pays. Nous avons raison de le faire.

 

 

 

Mais, le problème essentiel demeurera le changement de nos mentalités. Nous avons acquis des vices ; le non-respect de nos valeurs en fait partie.

Les musiciens congolais, dont certains  sont peu instruits et sans éducation morale, sont en grande partie de cette situation. Ils se surpassent en usant de gros mots français qu’ils collent à leurs lèvres et à leurs œuvres. Demandez-leur de vous composer une seule chanson dans la langue de Voltaire ! Kallé Jeff, Madiata et Frank Lassan sont morts de leur belle mort. De sa génération, seul Sam Mangwana a été capable de le faire. Chapeau bien bas à l’artiste !

 

Or, hélas, ce sont nos musiciens modernes que le « vulgus popolus » considère comme ses modèles, alors que nombre d’entre eux ne le méritent aucunement, bien au contraire ! J’ai un jour, dans l’un de mes articles, qualifié ces artistes-là de « nouveaux pachas » Comme « au pays des aveugles les borgnes sont rois », eux, qui disposent de quelques moyens financiers, sont portés à l’arrogance, à l’exagération, à l’exhibitionnisme et même à des scandales publics, allant jusqu’à régler certains comptes en public. C’est triste à dire, mais il est des journalistes contemporains complices qui, plutôt que de les dénoncer, non seulement leur offrent des tribunes pour s’injurier réciproquement, mais adoptent eux aussi les mêmes frimes et verves ostentatoires, à telle enseigne que, par moments, on a du mal à identifier qui est l’intervieweur et qui est l’interviewé. Le peuple, lui, applaudit à tout rompre !

 

Nous n’avons pas de reproches particuliers à l’adresse des ténors de ces artistes puisque le « kitendi » fait partie de leur profession, notamment lorsqu’ils s’exhibent sur scène. En fait, la haute couture a toujours existé. Mais, dans les pays qui se respectent,  ceux et celles qui en sont les adeptes réservent leurs numéros dans les soirées de galas et sur les tapis rouges. De toute manière, ils peuvent bien se le permettre puisqu’ils sont pleins aux as !

                Sympatico.ca style de vie : Mode et beauté : Tapis rougeSTYLE_DE ...

 

Je ne parle donc pas de ces leaders-là, qui sont des employeurs, ni de leurs adeptes qui se comportent en citoyens travaillants et honnêtes. Je crie haro sur les autres, comme ces désœuvrés qui ont trimballé des valises et  exhibé des fringues « griffées » dans un cimetière, en plein jour, au vu de tous, sans vergogne et imbus d’eux-mêmes.

 

Ils sont libres de jouer au « Marcel » que nous avons connu jadis au zoo de Kinshasa. S’il est mort, Dieu ait son âme ! Ce que nous devons surtout leur reprocher, c’est d’avoir commis un sacrilège en profanant les tombes de nos disparus. Si nous n’avons aucun respect pour nos morts, comment en aurons-nous pour nos parents et nos aînés ?

 

Il nous faut d’abord et avant tout éduquer la génération actuelle pour le respect de nos us et coutumes. Un peuple sans culture est un peuple mort. Si vous saviez combien les Afro-Américains cherchent à retracer leurs racines ! En tout cas, nos sapeurs donnent parfois l’impression de vivre dans un autre monde. Peut-être est-ce l’au-delà ? Si c’est le cas, ils risquent d’avoir des ennuis avec nos ancêtres qui ne badinent pas avec ce genre de profanation.

 

À vrai dire, tout cela découle de l’éclatement de la cellule de base, la famille, ainsi que de la dégradation de l’enseignement, le tout étant relié évidemment au nerf de la guerre. Même si l’on relevait aujourd’hui le niveau de vie des parents et la qualité de l’enseignement/éducation, le mal est déjà consommé. Il faudrait des politiques hors du commun pour réparer les pots cassés.

 

Ce n’est pas le fait du hasard si TV5 a présenté ce mini-reportage. Avez-vous entendu le commentaire qui a clos ces scènes d’exhibition ? Voilà un peuple qui meurt de faim, mais qui se permet d’exhiber des « griffes » qui valent des milliers d’euros  dans une ville où les gens vivent avec moins d’1 dollar par jour ! Ce n’est pas seulement des sapeurs qu’ils se moquent ; de notre pays d’abord et surtout !

 

Je sais que d’aucuns me trouvent dur en matière de critique, mais ne dit-on pas « Aux grands mots, les grands remèdes » ? Certains de nos concitoyens sont aussi têtus que Laurent Gbagbo. Avec ces gens-là, de vraies têtes de mule, il ne faut pas s’exprimer à demi-mots. J’ai, à portée de main, la fameuse bande dessinée controversée « Tintin au Congo » et je me demande souvent, en la feuilletant avec amusement,  comment Paul Hergé, s’il vivait de nos jours, décrirait les extravagances de certains de nos compatriotes.

 

En attendant le jour hypothétique où le pays reviendra à ses bonnes vieilles habitudes que nous ont léguées nos ancêtres, il faut quand même parer au plus pressé. Les autorités urbaines devraient interpeller les leaders de ce mouvement, leur demander des comptes pour cette profanation des tombes et les mettre en garde contre toute récidive, eux ainsi que leurs ouailles.

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La pensée du jour

L’éclat des tombes peintes est trompeur

Il cache bien des choses dont se passeraient bien nos regards

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À demain!

Rose Laurens - AFRICA-

 

 

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