RD Congo: un "je le connais"

Publié le par Vieuxvan

      RD Congo : un “Je le connais”

 

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Il y a environ une cinquantaine d’années, on parlait assez souvent des « je le connais » C’est ainsi que l’on désignait les personnes instruites surtout celles qui se mettaient en vedette ou avaient la langue bien tournée.

 

Je ne sais si cette expression vétuste a survécu. Néanmoins, elle cachait une sorte d’ironie envers les intellectuels endimanchés, surtout des fonctionnaires, les « kalaka » (clercs  congolais de l’époque coloniale) qui s’habillaient de pantalon gabardine, de chemise Arrow Mitoga et de « nkila mfuenge »(cravate) C’était à une époque où la sape était inconnue, son fondateur n’ayant pas encore vu le jour. La semaine, certains d’entre eux s’ennuyaient à mourir, enfermés dans de beaux bureaux climatisés, mais confinés aux mêmes  tâches qui, à la longue, s’avéraient  redondantes et cassantes. La bureaucratie peut vous tuer. C’est pourquoi, le soir venu, ils déferlaient dans les bars dancings, décidés à changer d’air, draguant des « petits mbongo » ici et là, « lifuku na libenga », prêts à cocufier leurs chères moitiés, dociles comme des nonnes.  Ils impressionnaient. On les désignait de l’index : « Kalaka, na bureau monene ; je le connais » Leurs rivaux, ceux avec qui ils se disputaient quelque blonde, répliquaient : « Kinshasa babetaka tolo te ! » La jalousie se lisait dans leurs yeux.

 

De nos jours, les « je le connais » ont fait place aux débrouillards (article 15 et faux nkanda), la sapologie  a pris les rênes du pouvoir vestimentaire ; de nouveaux modèles ont déferlé sur l’Europe occidentale (Nord, Miguel, Shengen) Ceux-ci ont  franchi nos frontières nationales et se sont propagés à la diaspora, s’il faut en croire le texte ci-dessous.

 

Celui-ci circulait déjà depuis belle lurette à Montréal et il a suscité beaucoup de commentaires, certains de nos compatriotes s’étant reconnus dans la description qu’un étranger fait de nous. L’auteur est, paraît-il, un Belge dont nous ignorons l’adresse. Il  trace le portrait d’un Congolais à sa façon. Je parie qu’il décrit plutôt nos compatriotes  Belgicains ? Je vous livre intégralement son texte sans y ajouter ni enlever le moindre iota.

 

Version intégrale.
Voici la première intervention de monsieur Hans Deboeck, lisez-là.
En face, devant un Africain, vous reconnaîtrez qu'il vient du Congo Kinshasa s'il
 
1. parle en français, en effet les Congolais sont très éloquents, ils ont l'art de tout, mais ne trouvent pas des solutions ni de consensus lorsqu'ils se réunissent, ce qui les amène à ne pas finir à temps ce qu'ils ont entamer. Il suffit d'assister à leur réunion pour comprendre ce que je dis ici ; Ils murmurent trop et ne cherchent jamais les voies et moyens pouvant les permettre à aspirer au changement, ils aiment se victimiser, ( Excusez-moi pour le terme) pour attirer la compassion; Ils ne savent pas distinguez entre l'intérêt de leur nation et le sentiment qu'ils ont à l'égard de leur leaders politiques et tribaux, pour eux, le tribalisme l'emporte sur le patriotisme;
 
Lorsque vous parlez avec un Congolais, à cause de sa jalousie envers son compatriote qui semble évoluer, il ne fait que le rabaisser et le détruire afin de le voir régresser. Si nous lui faisons une promesse, il étalera même la vie sécrète de son patriote; Ce qui est pire, c'est qu'ils sont désorganisés de haut jusqu'en bas.

Les avez-vous déjà vu s'organiser ? Où ? Et qu'est-ce qui est sorti de cette organisation ? Bien qu'ils soient intellectuels, ils ne peuvent jamais se mettre ensemble pour une cause noble, ils sont peureux et n'osent pas essayer de nouveaux horizons, ils s'enferment sur leurs expériences blessantes du passé et ne veulent pas lâcher prise ni apprendre d'elles, afin de connaître le changement.
 
Combien qui vivent dans nos pays ? Et pourtant en s'organisant, ils feraient des exploits, parcequ'ils ont un pays vachement riche, mais mal entretenu. Je conclu donc, donnons leur de la pizza, de la bière Heineken et de la musique pour qu'ils en mangent, boivent et dansent, afin qu'ils en cherchent encore et encore, de peur qu'ils ne reconstruisent leur pays et qu'ils ne développent les idées d'organisation, lesquelles peuvent les pousser à retourner chez eux. Il y a eu des guerres, de l'insécurité et de la pauvreté dans nos pays, mais nous nous sommes mis ensemble pour éradiquer ces fléaux, eux veulent que nous les organisions et que nous travaillons à leur place. Hey mon oeil! Et lorsque nous le ferons, ça leur coûtera les yeux de la tête.            
 
Hans Deboeck. Benjamin Felix. B. Notice of Confidentiality.

Ce texte se passe de tout commentaire. À chacun de nous d’en tirer ses propres leçons. Je crois personnellement que ce monsieur a raison sur certains points mais qu’il se goure sur d’autres.

Que le Congolais soit un « m’as-tu vu », un couche-tard, un retardataire, un bavard, un excentrique, un sapeur, un disciple de Bacchus, un fêtard, etc. Oui ! Cependant, je m’objecte à l’affirmation gratuite selon laquelle tous les Congolais de la diaspora  sont des paresseux. Ceux du Canada, en tout cas,  travaillent fort. Je sais qu’ailleurs aussi c’est le cas. Je n’aime pas les gens qui généralisent.

Par contre, ce monsieur a raison de dire que les Congolais se jalousent entre eux. Cependant, ce n’est pas une exclusivité de la diaspora. J’en ai souvent parlé dans mes précédents articles. Beaucoup de Congolais doués et talentueux ont choisi l’exil volontaire pour ce motif-là. Quand tes propres patrons sont jaloux de tes succès, se mettent à te combattre et  cherchent même à t’ôter la vie, tu n’as pas d’autre alternative. Tu crisses ton camp au plus sacrant (expression québécoise qui signifie In fuga salus !)

On ne vit qu’une fois…

À demain !

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