Un film controversé

Publié le par Vieuxvan

                   Vieuxvan.overblog.com
Mardi 24 janvier 2012

Grand Kalle - Independance Cha Cha - YouTube

L’événement du jour
» La Grande-Bretagne saisie de «thatchermania

L’article du jour

RD Congo – Un film controversé

J’ai été surpris et j’ai même sursauté en voyant, sur l’écran de LCN,  Richard Martineau parler du film « The Iron Lady » (La Dame de fer), film  récipiendaire de l’Oscar de la meilleure interprétation féminine décerné à l’actrice Meryl Streep lors de la dernière remise des Oscar à Beverly Hill (Los Angeles)

A vrai dire je n’ai pas encore visionné ce film mais je m’attendais tant à la performance de Meryl Streep, une de mes actrices préférées, la reine des Golden Globes où elle a été nominée 6 fois ainsi que de la prestigieuse Soirée des Oscars
où elle a glané deux statuettes.

Les intervenants à l’émission de Richard Martineau ont dénoncé le caractère satyrique du film qui semblait se moquer de l’état psychique et physique actuel de Margareth Thatcher incarnée dans le film plutôt que de faire l’éloge de sa brillante carrière politique.

Le commentaire de Richard Martineau
Dans The Iron Lady, le film sur Margaret Thatcher, l'ex-dame de fer, incarnée par une Meryl Streep hallucinante de vérité, prononce une phrase brillante qui résume parfaitement notre époque : «Avant, ce qui comptait, c'est ce que tu faisais. Maintenant, c'est qui tu es.»
Le règne des bozos
Tout est là. Prenez la politique. Avant, on s'intéressait aux actions des élus. Maintenant, on s'intéresse à leur personnalité. Dans quelle maison ils habitent, avec qui ils couchent, les disques qu'ils écoutent, les films qu'ils regardent...
C'est le «people» qui compte. Qu'a fait le bozo qui s'est filmé en brûlant un feu rouge sous la barbe des policiers, à Laval ? Rien. C'est un imbécile, une tête à claques. Mais il est connu de tout le Québec. Il est devenu «quelqu'un». Idem pour l'autre bozo qui engueulait un portier en criant que son père était «riche en tabarnak». Le gars est maintenant payé pour faire des apparitions dans des bars. Il n'a rien fait, mais il est connu de tout le monde et il peut monnayer ses 15 minutes de gloire.
Les invasions barbares
C'est fou, mais c'est comme ça que ça se passe, maintenant. Les médias sociaux, qui devaient «éclairer et informer les gens» (quelle blague), permettent à de sombres crétins de devenir des vedettes instantanées.
Thatcher (qui a sorti à bout de bras son pays de la faillite, un exploit remarquable qui mérite toute notre admiration, quoi qu'en pensent les gauchistes de salon qui ne connaissent d'elle que la stupide chanson de Renaud) avait raison. Avant, pour devenir une célébrité, il fallait gagner une guerre, inventer l'automobile, faire le tour du monde en mono-place, découvrir un fleuve... Aujourd'hui, il suffit de faire le con sur Facebook et le tour est joué. C'est ce que Denys Arcand appelle «les invasions barbares ». La victoire du crétinisme, l'ignorance et l'imbécillité qui se propagent plus vite que le virus de l'ebola...



Note en bas de page
Comme Christian Dufour et Mathieu Bock-Côté, j'ai été très choqué par le film The Iron Lady. J'ai trouvé que la réalisatrice prenait un malin plaisir à montrer Margaret Thatcher vieillissante, diminuée, malade, comme si elle se disait : «Tiens, ma vieille chipie, je vais régler ton compte et je vais déboulonner ta statue !» Mais qui sait ? La réalisatrice voulait peut-être justement montrer cela : l'agonie de l'intelligence et du courage dans un monde de plus en plus vide, de plus en plus pleutre, de plus en plus con. Comme si elle disait : «Regardez, voici le monde d'aujourd'hui : les Kardashian sont des vedettes adulées et plus personne ne se souvient de Margaret Thatcher, elle est devenue une note en bas de page, une vieille dame qu'on croise à l'épicerie et qu'on ne reconnaît plus...»
Fiers d'être cons
Christian Rioux, du Devoir, avait déjà écrit une belle chronique sur ce qu'on pourrait appeler «la culture de l'inculture ». Il disait qu'avant les gens incultes avaient honte de leur ignorance. Ils tentaient de la masquer, de la cacher. Maintenant, les caves sont tout fiers d'exhiber leur bêtise. Ils la montrent à la face du monde en se pétant les bretelles.

Ma curiosité m’a poussé naturellement à approfondir le sujet, ce qui m’a permis d’en découvrir davantage sur cette polémique. Commençons par en lire le synopsis, version Cinocle.com :

LA DAME DE FER (2012) | Film | Cinoche.com
SYNOPSIS
Margaret Thatcher a un jour été une femme de pouvoir, de convictions et d'audace. Elle ne faisait certes pas l'unanimité mais elle avait l'inébranlable volonté de changer les choses. Malheureusement, le temps a fait son œuvre et la première ministre fonceuse et irascible est maintenant une vieille dame aux pas lents et aux yeux tristes. Entre la démence et l'amertume, Margaret se rappelle les moments forts de sa carrière et de sa vie personnelle ; sa rencontre avec son mari, la jeunesse de ses enfants, sa première victoire électorale, sa décision de devenir chef de parti et sa démission du leadership conservateur
Celui-là, c’est l’aspect politique du film. Cependant, certains critiques l’ont vu autrement. Voici une autre version du scénario plus critique, selon Le Parisien :
La « Dame de fer » divise toujours –par Julien Laurens
L'Angleterre s'agite. « La Dame de fer », le film biographique sur Margaret Thatcher, 86 ans, qui sort aujourd'hui sur les écrans anglais et le 15 février en France, fait l'objet d'une grosse polémique outre-Manche sur la façon dont l'ancien Premier ministre est représenté au cinéma. Depuis plus d'un mois, sa famille comme le Parti conservateur multiplient les critiques à l'encontre de l'œuvre de Phyllida Lloyd, dont le long-métrage précédent, « Mama Mia », fut un succès planétaire. Pour «Iron Lady», elle a misé une nouvelle fois sur l’Américaine Meryl Streep, magnifique dans le rôle de Thatcher. Au fil des multiples flash-back qui rythment le biopic, l’«Iron Lady», devenue sénile et fragile, se remémore ses trois mandats au pouvoir, de 1979 à 1990, durant lesquels elle fut admirée ou détestée, au gré de ses réformes radicales pour tenter de redresser l’économie britannique ou de ses prises de position sur la scène internationale. «Ce film n'est pas du tout objectif. Il dépeint une image injuste, fausse et intrusive de Mme Thatcher. Certes, la performance de Meryl Streep est superbe mais je ne sais pas pourquoi le réalisateur a autant insisté sur la maladie mentale et le côté sénile alors que la Baronne Thatcher a été très importante pour la Grande-Bretagne et le monde. Ce film dénigre une personne qui a été un grand Premier ministre pour ce pays », réagit Bob Wilson, un député de droite qui n'a pas abandonné l'espoir d'ouvrir un débat officiel dans la Chambre des communes à propos du film et de la vraie nature de Mme Thatcher.

Selon Premieres.fr, ce film se moque carrément de Mme Margaret Thatcher, laquelle n’a plus du tout ses facultés intellectuelles à cause de sa vieillesse et aussi parce qu’elle souffre d’Alzemheir :
PHOTOS - La Dame de Fer : se moquer de Margaret Thatcher, est-ce la meilleure stratégie marketing ? Promo virale pour La Dame de Fer
La Weinstein Company rappelle aujourd'hui que La Dame de Fer est le biopic d'une femme politique, à travers des fausses affiches de campagne dénigrées par des opposants à Margaret Thatcher. Pourtant, jusqu'ici, la promotion mettait en avant son actrice principale, Meryl Streep, et pas vraiment la personnalité controversée qu'elle incarne. On peut du coup s'étonner qu'elle soit aujourd'hui ainsi détournée, la veille de la sortie du film dans les salles américaines. Surtout que depuis quelques semaines, quelques critiques sur le film ont filtré, et qu'elles ne sont pas toujours tendres  accusant le film de ne faire que survoler, voire éviter les enjeux politiques. Les performances de Meryl Streep est saluée, mais le fond de l'histoire, beaucoup moins !Quelques exemples avec cet extrait de The Entertainment Weekly : "Réalisé par Phyllida Lloyd, le film est entraîné par une structure dramatique tendue, des flashbacks maladroits, des attitudes apolitiques et l'analyse trompeuse de ce qui fait / a fait avancer le sujet." ou celui du Chicago Tribune : "Voilà un portrait très étonnant, complètement dépolitisé de la première femme à la tête du Ministère britannique". Difficile de croire que la politique n'est qu'un thème très secondaire du film quand on voit cette série de posters inspirés, qui imaginent les réactions des détracteurs de Thatcher si elle faisait campagne aujourd'hui. Des slogans appelant à voter pour elle sont transformés en "ne votez pas", l'image de la femme politique est éreintée, avec des cornes, une dent noire, des moustaches... On pense aux messages officiels détournés par les Indignés, et l'affiche faisant référence aux Tea Party enfonce le clou, mélangeant fiction et réalité. Après tout, pourquoi se priver ? 2012 marquera une nouvelle élection présidentielle pour les Américains, et de telles affiches promettent un beau coup de pub au film, intrigant même les plus sceptiques. En voyant ça, on suppose que le film traitera sérieusement de politique, non ?

Le point de vue de ce critique du cinéma fait consensus auprès d’un certain auditoire notamment les politiciens. En tout cas, le Premier ministre de Grande-Bretagne, David Cameron, a réagi très négativement à ce film :
David Cameron critique La Dame de Fer - à la une - Actualités
La Dame de Fer «C'est beaucoup plus un film sur la vieillesse et la démence que sur un premier ministre qui a été extraordinaire», a déclaré le premier ministre britannique, concernant le biopic sur Margaret Thatcher. Photo : Le Figaro Le film sur Margaret Thatcher n'en finit pas de susciter la controverse. David Cameron a exprimé, vendredi un avis plus que mitigé concernant La Dame de fer, sorti dans les salles anglaises. Interviewé par la BBC, l'actuel premier ministre conservateur britannique regrette que le film se concentre. sur la maladie de Margaret Thatcher plutôt que sur ses actions en tant que premier ministre. «Je ne peux pas m'empêcher de me dire mais pourquoi faut-il que ce film sorte maintenant? C'est vraiment un film concernant davantage l'âge, la démence plutôt que l'action d'un ex-premier ministre extraordinaire.»
Cependant, David Cameron a salué la performance de Meryl Streep. «Le jeu de l'actrice est excellent, bluffant. Meryl Streep est fantastique dans ce film.»

Je partage l’avis des contestataires. C’est comme si un cinéaste portait la carrière de Mohamed Ali ou Ariel Sharon ou encore Rocherau Tabu Ley à l’écran en mettant plus l’emphase sur sa condition physique actuelle alors qu’il est fort diminué par rapport à ce qu’il fut auparavant. J’y vois vraiment une grave erreur de jugement de la part de la réalisatrice de « The Iron Lady »

Le moment est plutôt mal venu, car Mme Thatcher est encore vivante et passe sa vie assez difficilement à case de son âge et de sa maladie. Malheureusement, les dégâts sont déjà là. Je ne vois pas comment y remédier.

Une chose est certaine. Les gens s’intéressent à vous lorsque vous êtes encore au mieux de votre forme. Aussitôt que vous ne faites plus leur affaire, certains vous oublient ; d’autres se moquent de vous. J’ai connu bien des gens de chez-nous qui en ont fait les frais.

Ainsi va la vie !

KASSAV - NEW VIDEO - DOUBOUT PIKAN - YouTube

Commenter cet article