Un procès casse-tête

Publié le par Vieuxvan

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Jeudi 26 janvier 2012

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Un procès casse-tête

Je m’en veux de ne vous avoir pas parlé du procès de la famille Shafia dont le père, la mère et le fils  sont accusés d’avoir intentionnellement assassiné trois des filles de la famille ainsi que la deuxième épouse de M. Shafia, le père, tous habitant à Kingston en Ontario, mais d’origine afghane. Il s’agirait, selon le procureur général, d’un crime d’honneur, les filles ayant enfreint la coutume qui leur interdit d’avoir des rapports sexuels avant et hors le mariage :

Dans un de mes vieux articles, je vous avais expliqué le phénomène du crime d’honneur :
RD Congo - crimes d'honneur

Cette fois, nous nous retrouvons devant une histoire vraie, un drame qui a horrifié tous ceux qui ont suivi cette histoire dont l’article ci-dessous nous présente un résumé :

Paul Shliesmann
KINGSTON – Le procès des Shafia pour un quadruple meurtre commis en 2009 reprend lundi à Kingston.
Pas moins de 54 témoins ont été entendus lors du procès qui a débuté le 20 octobre et qui a été ajourné le 14 décembre. La Couronne a cherché à étayer sa thèse du crime d'honneur en remontant chronologiquement le cours des événements, jusqu'à la nuit fatale du 30 juin 2009. Les trois accusés sont soupçonnés d'avoir tué trois des filles de la famille Shafia, ainsi que la première épouse de Mohammad Shafia, et d'avoir mis en scène un accident à une écluse du canal Rideau à Kingston, où les quatre corps ont été découverts dans une voiture submergée. La famille de Montréal, qui comptait 10 membres à l'époque, revenait d'un voyage à Niagara Falls à bord de deux véhicules et avait décidé d'arrêter à Kingston pour se loger pour la nuit dans un motel. La cour a entendu des policiers provenant de cinq services de police, des employés du canal, des experts informatiques, des membres de la famille provenant de Suède, de France, d'Allemagne, des États-Unis et du Canada, de même qu'un expert universitaire en matière de crimes d'honneur. Des enseignants, des travailleurs sociaux et des policiers de Montréal ont confirmé que deux des filles Shafia, Sahar et Geeti, avaient subi des abus mentaux et physiques. Des amis et des membres de la famille de Rona Amir Mohammad, la première épouse, ont déclaré qu'elle avait subi des sévices et qu'elle souffrait d'isolement à la maison. Mohammad Shafia lui-même a témoigné pour sa défense pendant deux jours et il a été interrogé par son avocat et par le procureur de la Couronne. On ne sait toutefois pas si les deux autres accusés dans cette affaire, Hamed Shafia et sa mère, témoigneront également pour leur défense lors de la reprise du procès.

Si je ne vous ai pas parlé de ce procès plus tôt, c’est parce que je n’y pipais mot moi-même, les accusés étant originaires d’Afghanistan, un pays dont j’ignore particulièrement tout, y compris les us et mœurs, sauf qu’il est en guerre contre les talibans et qu’il est appuyé par les USA et le Canada entre autres dans cette lutte.

Le procès Shafia est très complexe dans la mesure où l’accusation soutient que les trois accusés ont délibérément drogué ou assommé les quatre victimes, les ont attachées aux sièges d’une voiture et ont ensuite poussé celle-ci dans une écluse.

Plusieurs témoins ont été entendus. On a tenté de faire croire que les parents étaient violents, que les filles n’étaient pas libres de leurs gestes, qu’elles vivaient sous la terreur, qu’elles s’étaient confiées à des institutrices et collègues pour se plaindre de leur triste sort. Et patati-patata. Dans une société comme celle où nous vivons dont les coutumes sont en miettes, les parents passent toujours pour de méchants loups qui veulent priver leurs enfants de leur liberté (sic) Or, nous savons ce que cela donne en fin de compte. Des enfants rebelles qui finissent par devenir des ratés ou des délinquants qui ont beaucoup de difficultés à s’intégrer dans une société qui se dit multiculturelle mais qui brime plus souvent qu’à leur tour les citoyens venant ou venus d’ailleurs. Vous n’êtes pas sans savoir que des cadres immigrants  comme des médecins, ingénieurs, professeurs, juristes et autres sont obligés de se recycler ou d’accepter n’importe quel métier pour survivre. Il faut écouter le témoignage de certains taximen originaires d’Inde, du Pakistan, d’Algérie, etc. pour s’en convaincre.

Bref, on a monté tout un scénario pour faire de cette famille des assassins qui devaient payer pour leur sinistre forfait (sic) Or, avec le temps, certains témoignages sont venus démolir l’image de démons qu’on avait prêtée aux accusés et d’anges qu’on s’était faite des victimes. Il serait trop long de vous expliquer tout ce qui s’est passé. Je vous revoie tout simplement au lien ci-dessous :
Google: Procès Shafia | Shafia meutre femme Niagara Falls Kingston La ...

En tout cas, après trois mois de procès, l’accusation n’a pas pu apporter une preuve formelle hors de tout doute raisonnable pouvant confirmer la thèse de l’assassinat prémédité ni des circonstances l’ayant entouré. Cela, c’était hier :
Google : - Plaidoiries finales au procès Shafia

Cet après-midi, coup de théâtre. Ce fut un bête accident. Lisez cet autre lien et vous comprendrez :
Google -Le fils Shafia est  «coupable de stupidité», selon son avocat

Si j’ai décidé de vous en parler finalement, c’est pour vous rappeler que, en matière juridique, les preuves matérielles sont indispensables pour convaincre un accusé présumé d’un délit. Cependant les juges d’instruction disposent d’un tas de trucs pour vous confondre ou vous piéger. Ainsi donc, comme je n’ai cessé de vous le dire, les paroles s’envolent, mais les écrits demeurent. Dès lors, faites attention à ce que vous déclarez sur Internet ou devant une caméra. Parlez-en à Julian Assange et Léon Mugasera ! Ne dites pas non plus n’importe quoi au téléphone, car votre ligne peut être sur écoute. Prenez aussi garde à ce que vous écrivez. Enfin, si vous vous trouvez devant un juge d’instruction, avant d’apposer votre signature au bas de vos déclarations enregistrées, assurez-vous bien qu’elles sont conformes à vos paroles. Cela vous évitera une amère surprise, car certains policiers ne disent toujours pas la vérité.

Je vous en dirai davantage lorsque le dénouement de ce puzzle interviendra

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