Le corps ou le coeur: qui ases raisons?
Les lampions viennent à peine de s’éteindre au Centre Bell où « nos amours », les joueurs du Canadien de Montréal, viennent de succomber aux coups et blessures que leur ont infligées les Bruns de Boston que les journalistes et chasseurs d’images, telle une meute affamée, toujours à l’affût, viennent se précipiter sur une autre proie ; la ministre Nathalie Normandeau. Ils ne faut pas leur en vouloir. Ils ne font que leur métier. Je suis un ferment téléspectateur de l’émission « Le club des ex ». J’ai entendu Jean-Pierre Carbonneau se plaindre de la pression médiatique exercée sur François Bonnardel, député adéquiste qui entretient une liaison avec la précitée.
Et que dire de celle exercée sur l’entraîneur des Glorieux et celles qu’a dû subir Mme Monique Jérôme-Forget ? Qu’en serait-il si nous vivions au pays de l’Oncle Sam où les faits et gestes des élus sont scrutés à la loupe et où les paparazzi semblent coller au cul de tout personnage en vue? «Qui sème le vent récolte la tempête » !
Quand on choisit la vie publique, on renonce à certains privilèges dont la vie privée. Les scandales ne sont pas bons pour la santé, surtout pas lorsqu’il s’agit d’un gouvernement et encore moins celui de Jean Charest qui fait déjà face à bien de tirs nourris de l’opposition dont la fameuse affaire de la Caisse de Dépôt et Placement du Québec. En s’engageant dans la politique, Mme Nathalie Normandeau en était bien consciente ! François Bonnardel aussi. C’est vrai qu’ils sont libres de tomber en amour. Ne dit-on pas, en effet, que l’amour est aveugle ? Ne dit-on pas que le cœur a ses raisons que la raison n’a pas ? Ne dit-on pas que le corps, lui aussi, a ses raisons que le cœur n’a pas ? Personne ne peut exercer un poste de ministre ou de député toute sa vie ? Par contre, ne se marie-t-on pas pour la vie ? À moins qu’il ne se soit agi d’un simple flirt auquel cas laissons leurs démons se déchaîner sans nous en mêler? Mais si, au contraire, c’est le grand amour avec A, celui qui rend dingue, foutons-leur la paix car entre la politique et l’amour le choix est bien clair !
Le seul reproche que nous pouvons adresser à Mme Normandeau c’est de n’avoir pas été honnête avec son chef. Avant que le scandale n’éclate, elle aurait dû l’informer de la situation et poser sa démission du gouvernement tout en restant députée. Pourquoi donc ? Ceux qui suivent, sur Canal D, l’émission « Un tueur si proche » en savent quelque chose. À qui faire confiance ? Or là où règne la suspicion, la confiance n’est plus. Nul d’entre nous n’a oublié l’affaire des documents oubliés par l’ex- ministre fédéral Maxime Bernier au domicile de Julie Couillard. L’A.D.Q., on le sait, est le parti qui a souvent mis le Premier ministre Charest dans l’embarras en sortant des lapins inattendus de sa poche !
« Quand le vin est tiré, il faut le boire ! » Maintenant que le scandale a éclaté, que Mme Normandeau ait donc le courage de poser sa démission en qualité de ministre, tout en demeurant députée. Tout le monde la comprendra. Et encore là ! Tant que l’ADQ et le Parti Ljbéral demeureront opposés et auront à débattre de dossiers sensibles à l’Assemblée nationale, le spectre de l’affaire Maxime Bernier demeurera ; celui des lapins de Mario Dumont aussi. En plus, dans le cas Bernier, Julie Couillard n’était pas une députée de l’opposition, théoriquement une ennemie jurée, alors que dans le celui qui nous préoccupe, c’est tout le contraire. La politique aussi a ses raisons.
« Dura lex sed lex ». Ainsi va la vie. Nul ne peut servir deux maîtres.