Décidément, Kinshasa a changé!
Décidément, Kinshasa a changé !
Je ne me souviens pas qu’un journaliste ou animateur d’émission ait été arrêté en pleine présentation sur plateau de télévision comme ce fut le cas pour le journaliste Honoré Kabongo de RTK. Le président Mobutu a bel et bien fait coffrer et rudoyer quelques journalistes, mais jamais, de mémoire, quelqu’un a été arrêté en direct comme relaté ci-haut. Je crois que si un cadre des services de sécurité s’était aventuré à poser ce genre de geste, il aurait été puni pour son indiscipline et sa témérité.
Dans la même veine, j’ai parcouru quelques articles des deux dernières années, où il est question de l’insécurité qui a élu domicile dans notre belle capitale.
Insécurité à Kinshasa
Encore des personnes tuées à Limete Kinshasa, le 21/10/2009
News Congo RDC : Insécurité à Kinshasa
Avant de commenter ces articles, j’aimerais quand même faire une mise au point relativement à mes affirmations contenues dans mon dernier article. Nous avons déjà connu des périodes d’insécurité par la passé, à l’instar des « Kuluna » que je viens de découvrir en lisant les deux articles ci-dessous.
Trop de sang ! Trop d'insécurité à Kinshasa · Ce petit chez moi
Je me souviens des « ballados », ces voyous qui opéraient aux environs du marché Simba Zikida après que ce dernier eût été transféré près de l’endroit où est situé présentement le Stade des Martyrs. Il nous est arrivé, quelques comédiens du groupe Salongo et moi, après nos répétitions, de partir à pied de la Cité de la Voix du Zaïre. Nous empruntions un raccourci qui passait par l’avenue Assossa puis la rue De la Kethule avant de rejoindre l’avenue Kasa-Vubu. Des ballados sévissaient à cet endroit en fin de journée plus précisément en face de l’hôtel Jocol. Une ou deux comédiennes se sont fait détrousser et arracher leur sac à main. Nous avons dû changer d’itinéraire. Ces ballados ont toutefois disparu des lieux comme par enchantement. On a prétendu que, à la veille d’une grande conférence internationale ou panafricaine qui devait se tenir à Kinshasa, le président Mobutu a envoyé une escouade de commandos déguisés en civils qui ont neutralisé ces voyous et leur ont ôté toute envie de récidive, certains d’entre eux s’étant retrouvés estropiés à vie et d’autres ayant carrément disparu à jamais de la circulation.
Ce fut la même rengaine avec des prostituées qui se pavanaient sur le boulevard du 30-Juin, outrageusement maquillées et les fesses en l’air, racolant des passants. Elles aussi auraient été brutalement réprimées par des commandos. Les rescapées auraient juré sur la tête de leurs ancêtres qu’on ne les y reprendrait plus jamais !
Je salue l’intervention musclée relatée dans l’article ci-dessous, qui est l’œuvre d’une police de quartier. Elle nous convainc en tout cas que nettoyer ces bandes de voyous est possible pourvu d’y mettre de la volonté. « Dura lex, sed lex » Aux grands maux, les grands remèdes !
Ce qui choque le plus, c’est lorsque des bandits opèrent avec des armes à feu. Dans mon dernier article, j’ai analysé plusieurs avenues pour essayer de comprendre d’où venaient ces armes : de Bukavu, d’Angola ? Les deux articles qui suivent viennent peut-être éclairer notre lanterne.
C’est étrange ! Ce sont nos propres militaires qui seraient à l’origine de cette insécurité ? L’une des erreurs que les Belges ont commises, c’est d’avoir installé des camps militaires au sein de la ville. Dans les pays industrialisés où le mot « coup d’état militaire » est inexistant et où les soldats ne s’occupent pas de politique, les casernes des militaires sont situées loin, très loin des villes. Les militaires qui sortent du camp pour rendre visite à leurs parents le font de jour et ils portent leurs tenues officielles pour que les citoyens les reconnaissent aussitôt ! Et ces soldats qui voyagent en métro ou autobus sont très disciplinés !
En 2005, un article faisait état de mesures prises par le commandant en chef de l’armée nationale. Qu’est-ce que cela a donné au juste ?
Tout ce que nous perdons en encre et salive n’est que de la foutaise si nos autorités ne prennent pas des mesures draconiennes pour mettre fin à l’insécurité qui a élu domicile dans notre habitacle. Cette situation découle, semble-t-il, des éléments de l’armée qui ont déserté sans avoir déposé leurs armes. Mais que penser des allégations qui pointent du doigt des policiers et militaires aux salaires de misère ou qui n’ont pas reçu leurs soldes depuis belle lurette?
Dans cette hypothèse qui me paraît vraisemblable, il appartient à nos dirigeants de prendre des mesures. Nous avons des institutions démocratiques où siègent une partie de la crème intellectuelle du pays. On ne va quand même pas nous faire croire que ces leaders-là ne sont pas capables de prendre leurs responsabilités ? Lorsqu’un chef d’état major général est incapable d’honorer ses promesses ou de faire son devoir, il faut lui trouver un remplaçant. C’est aussi simple que ça !
Selon moi, c’est là que réside le nœud du problème. Mon Dieu ! Que Kinshasa a vraiment changé !