Haïti, c'est pas fini!
J’aurais bien voulu mettre un terme à mes articles sur Haïti. Hélas ! Les contraintes de l’actualité m’obligent à ne pas décrocher. Qu’à cela ne tienne ! Les autres sujets attendront. Je suis ravi d’apprendre que Didi Kinuani, le « mapeka » homme fort de la RDC, le Louis XIV des temps modernes, a fait un don aux sinistrés d’Haïti par l’entremise de la « Fondation Werrason » lors d’un spectacle que l’artiste a livré dernièrement au Grand Hôtel de Kinshasa.
Didi Kinuani exige que Werrason demande pardon à Koffi Olomide
Il y a un seul hic à ce don, c’est que le montant du contenu de l’enveloppe n’a pas été mentionné alors que j’ai vu une photo du chèque remis à la Croix Rouge par le gouvernement de la RDC en faveur des sinistrés en question. Et puis, je ne comprends pas pourquoi la remise de cette dotation est assortie d’une condition qui n’a rien à voir avec Haïti. Au pays des aveugles…! J’y reviendrai ultérieurement.
dans un de mes prochains articles.
Puisque Haïti, bien que meurtrie, demeure sous les feux de la rampe, je me félicite de constater que les décombres ne cessent de vomir des survivants du cataclysme, fatigués mais en vie. Ceci va dans le sens de ma suggestion émise dans mon article intitulé « Rebâtir Haïti » où je disais, je me cite : « Primo, le gouvernement haïtien a tort d’abandonner les recherches de survivants »
Un autre survivant tiré des décombres - LCN - Le monde
Haïti: une jeune fille arrachée aux décombres par les Français 15
Depuis le début de cette catastrophe, les Américains sont montrés du doigt. Ils sont accusés de vouloir faire d’Haïti un pays sous leur tutelle. Je crois que les gens sont injustes. Le président Obama n’est pas le genre d’homme à s’abaisser à ce niveau-là. D’ailleurs, j’aime bien la mise au point de Mme Hillary Clinton, Secrétaire d’État américain à ce sujet.
En Bref Haïti : Clinton réagit aux critiques faites aux Etats-Un
Les Haïtiens devraient plutôt remercier ceux qui leur viennent en aide. Le séisme du 12 janvier n’est que la goutte d’eau qui a fait déborder un vase qui était déjà plein à ras-le bol. Voici deux extraits d’un article rédigé par un citoyen haïtien, témoin de la période d’avant séisme, qui examine la situation. Vous pouvez lire tout l’article si le cœur vous en dit.
Refonder l'Etat, un enjeu historique, par Laënnec Hurbon
Qu'en est-il du régime de Préval juste avant le 12 janvier ? La contestation qui se radicalisait à l'université d'Etat suite à l'assassinat d'un professeur de la faculté des sciences humaines, leader des étudiants, juste une heure avant le séisme, commençait à s'étendre dans plusieurs secteurs.
Tout d'abord, le silence total du gouvernement et son désarroi dans les premiers jours de la catastrophe sont symptomatiques d'un Etat imprévoyant, pourtant averti de l'imminence du tremblement de terre. Certes, vu sa magnitude, celui-ci aurait causé de toute façon des dégâts importants ; mais la population a ressenti qu'elle était livrée à elle-même sans recours.
Voici d’autres extraits qui démontrent que le séisme est arrivé à point nommé pour masquer deux autres facteurs d’insécurité du peuple haïtien. Le premier dénonce entre autres la mauvaise gestion de l’État qui a caractérisé le gouvernement en place. Le second souligne le fait qu’Haïti et ses voisins des Caraïbes n’en n’ont pas fini avec les tremblements de terre. Celle-ci a tremblé aussi en Guadeloupe et en Martinique, et elle tremblera encore.
| La tragédie d'Haïti : au-delà de la catastrophe naturelle Le séisme d'Haïti a ému la planète entière. Devant l'ampleur des dégâts (110 000 victimes officiellement), nul ne peut s'empêcher de poser la même question : le séisme aurait-il été si meurtrier et dévastateur si le pays n'était pas engoncé dans un tel état de pauvreté ? Dans l'article que nous vous proposons aujourd'hui, Adolphine Dibangui, diplômée de master en Droits de l'Homme, soutient qu'au-delà de la force de frappe du séisme, d'autres facteurs expliquent le nombre effroyable des victimes et l'importance des dommages matériels. Ainsi, l'auteur montre comment l'inadéquation des politiques de consensus de Washington, et la mauvaise gestion de l'Etat sont également responsables de la paupérisation et de la misère dans laquelle vivent aujourd'hui les haïtiens. | |
| La terre a encore tremblé ce week-end. Sans lien direct avec la catastrophe du 12 janvier dernier à Haïti, c'est la Guadeloupe et la Martinique qui ont été touchées par un séisme de faible intensité (de magnitude 4.7 sur l'échelle de Richter), dimanche. Haïti, Antilles françaises, mêmes risques ? C'est un fait, la zone est propice aux secousses sismiques. Une réalité qui soulève, dès lors, des préoccupations concernant les actions à mener pour assurer la sécurité des populations contre les tremblements de terre à venir. |
Je me suis souvent demandé pourquoi des peuples occupent les uns des terres fertiles, d’autres des régions arides ; certains des forêts et des rivières, d’autres des zones désertiques ; d’aucuns des contrées équatoriales, d’autres nordiques et, dans le cas de la Mer des Caraïbes, des pays en proie aux ouragans et tremblements de terre ? Ont-ils décidé, chacun, de s’établir là de leur propre gré ou est-ce à leur corps défendant, suite à la loi soit du premier occupant soit encore à celle du plus fort ? Si c’est par leur propre erreur de choix qu’ils ont échoué là, je serais tenté de dire, comme dans Les Fourberies de Scapin de Molière : « Mais que diable allaient-ils faire dans cette galère » ?
J’espère que ceux qui ont pris l’engagement de reconstruire Haïti sont conscients des risques de récidive du séisme et qu’ils en tiendront compte dans le plan de reconstruction de ce pays.
Il n’y a pas que les conditions climatiques qui posent problème, on l’a vu. Certains citoyens font preuve d’un cynisme et d’un sadisme inqualifiables. Ces éléments insubordonnés et incontrôlables risquent de compromettre les élans de bonne volonté du gouvernement en place. Voici un article qui vient de paraître et qui prouve l’incapacité des forces de l’ordre haïtiennes de veiller à la sécurité des personnes et des biens au risque même de s’emparer de l’aide humanitaire, si l’on n’y prend garde.
| Haïti: la police pointe de nouvelles formes de violence après le ... |
À ce rythme-là, l’ONU devra commencer par déployer sur place une escouade spéciale ayant pour mission de neutraliser les pillards et les bagnards en cavale.
Une mission comme celle-là nous permettrait sûrement de découvrir le dessous de la carte car j’ai comme l’impression que le laxisme et l’incapacité de la police ne sont que la pointe de l’iceberg. Il se prépare sans doute un gros « hold-up » Si une partie de l’aide humanitaire se perd dans la nature, on pourra toujours pointer du doigt les éléments incontrôlables et non-identifiables. C’est vrai que le peuple haïtien est complexe !
Qui plus est, si, comme je l’ai entendu à la télé, le président René Préval ne compte pas se présenter aux prochaines élections, il faudra bien qu’il prépare une relève composée de personnes compétentes, aguerries et intègres- au fait, pourquoi pas jeter un coup d’œil du côté de la diaspora ? - sans quoi, le peuple haïtien n’aura pas fini de broyer du noir ! En bon québécois, j’ajouterais: pas qu’à peu près !.
Pas vrai ? ONU, États-Unis, Canada, Union européenne, mieux vaut prévenir que guérir. Ouvrez bien l’œil… et le bon !