La rigueurLA RIGUEUR Sacha Distel - Monsieur Cannibal Il n’y a pas longtemps, quelqu’un m’a traité d’arrogant simplement parce que je lui avais dit la vérité. Chaque métier a ses règles.
Sacha Distel - Monsieur Cannibal
Il n’y a pas longtemps, quelqu’un m’a traité d’arrogant simplement parce que je lui avais dit la vérité.
Chaque métier a ses règles. Imaginez un ingénieur en bâtiment de trente étages qui se trompe dans ses calculs ou un médecin chirurgien qui s’est goure lors d’une opération à cœur ouvert ou encore un pilote des lignes internationales qui commet une erreur de pilotage ! J’ai pris là des cas extrêmes. Mais c’est vous dire que, dans tout ce que nous entreprenons, nous devons observer la rigueur sinon nous devenons un danger public.
Une fois, j’ai reçu le commentaire d’un certain Samuel Malonga qui réagissait à mon article intitulé La part des choses. (12/03/2010 ) commentant sa série d’écrits « Premiers parmi les Congolais » parue sur Le Messager. Je lui ai répondu que je ne lui en voulais pas de sa belle initiative mais que je lui conseillais de faire preuve de plus de rigueur. Nous avons tous et chacun été le premier quelque part : premier de classe, aîné d’une famille, premier ressortissant de tel village à prendre un avion, premier résident de telle rue à
avoir travaillé dans telle entreprise, premier Congolais à avoir fait la prison en Europe, et j’en passe.
C’est bien beau de vouloir nous rappeler nos héros ou célébrités du passé mais il serait davantage plus intéressant de mieux nous les faire connaître. Je prendrai un exemple bien banal. Mbrekete. Quel était son vrai nom ? Que faisait-il dans la vie ? Où résidait-il ? Avait-il de la famille ? Qui lui avait fabriqué sa bicyclette ? Est-il encore en vie, etc. ?
Un froid s’est aussi installé avec une de mes connaissances qui voulait que je l’aide à réaliser un film amateur. J’avais le droit de refuser. Je suis un auteur scénariste professionnel reconnu mondialement. Des milliers d’auteurs, toutes disciplines confondues, ont concouru à cinq reprises avec moi dans les concours où j’ai été 4 fois finaliste et deux fois un des gagnants. Sans la discipline et la rigueur, je n’y serais jamais parvenu. Les membres des jurys ne font de cadeau à personne. Pas de sentimentalisme, pas de complaisance, pas de partialité. Ça vous force à ne pas écrire n’importe quoi. Alors, pourquoi me convertirais-je en cinéaste amateur? L’une des choses essentielles que mes professeurs de réalisation m’ont apprises, c’est qu’il ne faut jamais accepter de réaliser un film par complaisance ou sentiment. Quand les conditions ne sont pas remplies, il faut refuser de s’engage car, en bout de ligne, c’est le résultat qui compte. Or, c’est toujours le réalisateur qui essuie les critiques et qui met par le fait même sa carrière en jeu. « Kufua nsoni kumona mpasi » En outre, j’ai le droit de refuser de m’impliquer dans des films amateurs qui ne m’apportent absolument rien. J’ai encore frais dans ma mémoire toutes les fois où je me suis fait exploiter par le passé. « Un homme averti en vaut deux » !
J’ai bien fait d’intituler mon article « La part des choses » Nous perdons souvent beaucoup de temps à éparpiller nos énergies ici et là plutôt que de nous concentrer sur ce qui est important et rentable à moyen et long terme.
Hier soir, je suis tombé par hasard sur deux vidéos sur Wafbu.TV . Le premier porte le titre « Mobutu et les léopards du Zaïre (coupe du monde 1974) ; le deuxième s’intitule tantôt « RTNC, Radio télévision nationale congolaise et Onewovison. Les enfants de la rue à Kinshasa », tantôt « Reportage : La RD Congo: Portrait, Population, capitale, langues, provinces » De prime abord, faut-il rappeler à nos jeunes cinéastes que la langue française a ses règles grammaticales ? Les Léopards étant une équipe de football et un nom propre, il aurait fallu l’écrire avec une majuscule. C’est la même chose avec la Coupe du monde.
Vous allez me dire sans doute que ce ne sont que des fautes de français ? Je vous l’accorde mais n’oubliez pas qu’il n’y a pas que les Congolais de la RDC qui nous lisent et regardent nos vidéos. L’erreur est humaine, c’est vrai, mais si on peut éviter d’en faire, c’est tant mieux.
Venons en au contenu de ces deux films.
Dans le premier, on nous présente Mobutu fier de ses Léopards. Ici encore les fautes d’orthographe s’accumulent. Au plan de notre apprentissage, on voit des footballeurs au sommet de leur gloire mais je crois qu’on aurait pu nous montrer : 1-Mobutu les recevant ; 2- Les cadeaux qu’il leur a offerts dont les maisons et voitures ; 3- la réaction des autorités officielles à propos de la grève des joueurs qui se sont laissé battre « na nko » (na canaille) 9-0 par la Yougoslavie en signe de protestation. C’était une information nouvelle et intéressante pour moi. J’aurais aimé en savoir plus. Où est passé l’argent qui leur avait été promis ? À la centaine de féticheurs ? Connaissant le feu président Mobutu, il a dû en être informé. Quelle a été sa réaction ? J’ai revu à la fin des anciens joueurs vieillis tel que Kabasu et Mana. J’ai failli ne pas les reconnaître. Alors, imaginez-vous mon 4 ème fils, Jubilé Mansevani, qui est né en 1974 et ceux qui sont nés après lui !
Le deuxième film porte à confusion. On nous présente « Les enfants de la rue » comme l’un des titres alors qu’il s’agit du portait de la RDC. Les images ne sont pas commentées pour nous donner plus d’informations sur le pays, les joueurs, musiciens, humoristes, musiciens chrétiens et autres sans citer leurs noms et groupes. Sur une des séquences, Werrason danse Alerte générale sur un air de Papa Wemba (Okoningana) Une fois arrivé là, j’ai arrêté de visionner. Imaginez-vous un Américain, un Chinois ou même un de nos propres enfants ou petits enfants qui regardent cette vidéo. Il n’y apprend absolument rien.
Bien au contraire !
J’ai souvent conseillé à nos artistes d’essayer de s’exprimer dans des langues connues mondialement. Manu Dibango a fait des millions avec « Soul Makossa »
Yannick Noah & Manu Dibango - Soul Makossa
Youssou N’Dour est devenu millionnaire grâce à « Seven Seconds » qu’il a chanté aux États Unis en partie dans sa langue, en partie en français et en anglais avec Neneh Cherry, une Américaine.
Video Neneh Cherry - Seven Seconds ...!
Beaucoup de nos artistes musiciens peuvent composer autant sinon mieux que lui ! Ce que j’écris, je ne le fais pas par arrogance mais par amour de mon pays. Peu importe le savant, sportif ou artiste qui se fait connaître, j’en éprouve de la fierté pour notre pays. Par contre, lorsque des compatriotes diffusent des produits bourrés de fautes d’orthographe ou dénotant leur amateurisme, je ne peux que me sentir mal à l’aise. Si vous saviez combien de fois je reçois des critiques de la part de certains amis et connaissances. Parmi eux, il y en a qui souffrent encore de ce complexe qui leur fait croire que nous sommes une minorité de Congolais à être instruits et cultivés. Ce qui est totalement faux. Nous avons beau leur dire que nous avons des universitaires. Pour un bon nombre d’entre eux, l’Image vaut mille mots. Ils nous jugent par nos écrits et nos productions.
De grâce, amis vidéastes, veillons à mettre plus de rigueur dans notre travail ! L’ « à peu près » ne nous avance en rien.
« Dura lex, sed lex ! » (La loi est dure, mais c’est la loi) , Autrement dit, les lois sont incontourbales.
Avant de nous quitter, je vous propose un article qui parle du séjour en banlieue parisienne de Samuel L. Jackson, un de mes comédiens préférés.
Samuel L. Jackson à Bondy en banlieue pour vanter la réussite à l ... -
« Deux fois sur le métier, remettez votre ouvrage ! »
Merci et à demain !