Parfum de corruption au Québec

Publié le par Vieuxvan

      Parfum de corruption au Québec
   
           M'Bilia Bel - NAZA
            Khadir qui chante ; Deltell qui danse ; Marois qui salive  Charest qui signe.
Au cours des derniers mois, le Québec a été secoué par une kyrielle de scandales qui ont éclaboussé et même ébranlé le gouvernement Charest ainsi que son parti, le Parti Libéral du Québec.
Le magazine Maclean’s, paraissant à Toronto, s’est dernièrement attiré les foudres de toute la classe politique québécoise, en affirmant que le Québec était la province la plus corrompue au Canada. Suite à un lever de boucliers des quatre chefs de parti du Québec, l’auteur de l’article incriminé y est allé d’un rectificatif euphémique en affirmant qu’il avait seulement voulu dire que le Québec était l’une de provinces les plus corrompues au Canada.
Bien que solidaires contre les allégations du magazine Maclean’s, les chefs de parti du Québec ont cependant décidé de laver leur linge en famille. Oui, des preuves irréfutables ont été retenues dans le domaine du financement des garderies, dans l’attribution des contrats dans le milieu de la construction et celui  des municipalités du Québec, etc. La liste est longue, il ne faut pas se le cacher.
Dans un article intitulé »Mesurer la corruption », Claude Picher, un journaliste et analyste bien averti, l’a reconnu en écrivant ceci:
« À vrai dire, le Québec a été particulièrement touché par les scandales de toutes sortes ces dernières années, comme n'importe quel observateur le moindrement averti s'en est déjà rendu compte. C'est une réalité, même si cela fait mal de se le faire rappeler par un magazine torontois »

 

Tout ce chichi repose sur les épaules du gouvernement Charest. comme si c’était lui le grand coupable. Quand un bateau chavire, c’est le capitaine qui est en cause. Quand une équipe perd, c’est le coach (entraîneur) qui reçoit le blême. Quand un pays va mal, c’est le président ou Premier ministre qui est interpellé. Les empoignades verbales ont débuté au Parlement de Québec où les partis d’opposition ont réclamé une enquête publique, perceptive que le gouvernement a rejetée du revers de la main, lui préférant une enquête policière qui d’ailleurs est déjà en cours ; elles se sont  poursuivies dans la rue où les citoyens ont été invités à écrire une pétition réclamant la tête de Jean Charest ; les chicanes sont revenues à l’Assemblée nationale où le Parti québécois a présenté une motion pour destituer Charest et son équipe, obligeant le premier ministre à différer de vingt-quatre heures une mission importante qui devait le mener en France.

 

Aujourd’hui, un calme apparent est revenu sur la colline parlementaire, mais on se demande bien quand le feu qui couve provoquera l’éruption volcanique tant redoutée par les troupes libérales. Si l’on avait été du temps des Romains, l’opposition aurait crié à Jean Charest : « Quo usque tandem abutere patientia nostra ? »
Face à tout ce cafouillis politique, chacun a su tirer son épingle du jeu. Amir Khadir de Québec Solidaire a pu asseoir la légitimité de son parti,  Gérard Delttel de l’Action Démocratique du Québec a fait oublier le perspicace Mario Dumont ; Pauline Marois du Parti Québécois se voit déjà Premier ministre ; Jean Charest, lui, s’entête et signe. Crise politique ou pas, le Québec continue son bonhomme de chemin comme si de rien n’était, bon an mal an.
Les gros problèmes, eux, n’ont pas trouvé de solutions satisfaisantes. L’économie est en lambeaux, les listes d’attente dans les hôpitaux n’ont pas désenflé ; les scandales continuent de se multiplier. Par contre, Jean Charest est en train d’essayer de remonter lentement le courant par une série de mesures de nature à redorer son blason : construction de deux méga-hôpitaux, ententes avec la Fédération des infirmiers et infirmiers du Québec et avec les enseignantes en garderies et autres.
Entre-temps, il faut s’interroger si la corruption a des chances de disparaître de nos mœurs. C. Gélinas pose la question dans un article intitulé « La corruption zéro est-elle possible au Québec ? », faisant suite à « Corruption zéro », une initiative d’un groupe de jeunes. Voici un extrait de l’article en question :

 

 Au Québec, la corruption se décline de bien des façons.

« Copinage politique, retours d’ascenseurs, contributions plus ou moins légitimes, faveurs non-déclarées, assentiment négocié (et “marchandisable”), ligne de parti (sans égard à la volonté des citoyens) et bien entendu, l’inévitable “langue de bois” qui protège les sales petits secrets des amis au détriment d’une population entière font partie du quotidien de la classe politique qui avance des agendas personnels, qu’importe “le prix à payer pour le plus grand nombre »

 

La corruption est-elle seulement l’apanage des Québécois ? Que non !

Dans son blog, Richard Martineau nous le fait comprendre en interpellant le magazine Maclean’s:

 

BLANCS COMME NEIGE
 « Vous pensez vraiment que le milieu de la construction n’est pas corrompu dans le reste du Canada ? Que les partis politiques des autres provinces sont blancs comme neige ? La seule différence entre le Québec et le reste du pays est qu’ici, les histoires de corruption finissent toujours par sortir. Alors que chez vous, c’est caché. Vous préférez enterrer ou manger vos vidanges plutôt que les laisser traîner sur le bord de la rue »

L’auteur a raison. La corruption est un phénomène universel.  Sous le titre « Pratique de la corruption : Américains et Européens dedans - par Matshi,

Le Potentiel , un journal cybernétique paraissant à Kinshasa, en République Démocratique du Congo, écrit entre autres ceci :

 

« Dans son rapport rendu public jeudi à l’occasion de la Journée internationale contre la corruption, Transparency International, citée par l’agence Xinhua, indique que la corruption a beaucoup augmenté au cours de trois dernières années en Europe et aux Etats-Unis »

Une des preuves tangibles du phénomène est ce geste posé par les dirigeants de la République du Quatar qui ont consenti un pourboire faramineux de 15 millions d’euros à Zinedine Zidane pour appuyer la candidature de leur pays en tant que prochain organisateur le la Coupe d monde de football. Personne n’a pourtant crié au scandale ? Barack Obama a-t-il eu à se justifier dans le scandale Madoff ?

 

 

Pots de vin  et corruption. Au fait, c’est quoi la différence ? Blanc comme neige n’existe pas. Richard Martineau a raison sur ce point. Tant qu’il y aura des hommes, ces pratiques-là demeureront. Le tout est de savoir quand on les tolère et quand on les dénonce.

 

Le problème du Québec, c’est que, ici,  les hommes politiques et les journalistes, les uns mus par la rivalité, les autres à la recherche de scoops, ont tendance à politiser tous les scandales alors qu’il y a lieu de faire la part des choses entre ceux qui sont qui relèvent du code pénal et ceux qui impliquent les politiciens.

 

Il ne faut donc pas trop en vouloir à Maclean’s et cie. Des fois, il ne vaut-t-il pas mieux tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de s’exprimer d’autant que nos voisins ont l’ouïe très fine - quand il s’agit de nous, de peur que nous foutions le camp de la fédération avant qu’ils aient le temps de dire « ouf » - et que les murs non-insonorisés  qui nous séparent ont des oreilles » Tout bien pensé, la vérité, c’est la vérité ! On n’a pas d’autre choix, démocratie oblige…

Rose Laurens - AFRICA-

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