RD Congo: Comment va Rochereau?
En parcourant l’un de nos journaux qui s’affiche sur Internet, mon attention a été attirée par cet article qui nous rappelle le grand Seigneur Rochereau Tabu Ley, lequel est né au mois de novembre comme moi-même.
Tabu Ley fête ses 70 ans d’âge et 50 ans de carrière musicale
À tout Seigneur, tout honneur ! Je m’en voudrais de ne pas profiter de cette occasion pour rendre au hommage à Seigneur Ley, l’un des plus grands artistes musiciens de notre pays. On a dit tant de choses sur lui. Tout ce que je puis dire, c’est que nul homme n’est parfait. Tiens ! Cela me rappelle une phrase répercutée sous la plume de Bazakana Bayete dans un autre cadre, celui de ses fonctions de ministre provincial de la Culture : « Je ne suis pas Jésus-Christ »
Il y a deux ans, le Seigneur a été victime d’un malaise cardiaque. Il s’est fait traiter dans un hôpital de Belgique et tout semblait indiquer qu’il était hors de danger.
Une amie qui réside en Suisse m’a toutefois révélé que Tabu Ley n’a pas complètement récupéré de son accident vasculaire cérébral (AVC) et qu’il serait présentement victime d’une paralysie partielle. L’auteur de l’article ci-dessous a fait allusion à cette situation sans nous en dire plus. Tabu Ley - Biographie :: Kasaflo.net
J’ai toujours prêché qu’un journaliste doit être capable de mener des investigations pour aller chercher la vérité où qu’elle se cache. Bien que n’étant pas un démon de la plume, du fait que j’écris des articles pour mes nombreux lecteurs, je me suis senti le devoir de chercher. Ainsi, suis-je parvenu à joindre Dino Vangu dont j’avais reçu sur facebook un album photos où le célèbre compositeur de « Kiyedi » et « Ibrahim » est posé sur l’une à côté de Sam Mangwana et sur deux autres avec Tabu Ley. Sur cette dernière, les deux artistes sont souriants ; ils sont habillés en smoking et sortent de la boîte Pré Catelan de Paris. En tout cas, rien ne semblait indiquer que l’auteur de « Maze » fut malade.
Par contre, grâce à Dino Vangu avec qui j’ai pu finalement renouer grâce au téléphone, j’ai pu retrouver un reportage récent qui nous mène à un centre de réhabilitation de Paris où Rochereau est en convalescence.
J’ai cependant trouvé ce reportage édifiant au niveau du contenu mais assez faible en ce qui a trait à la forme. Il y a des longueurs inutiles ; certaines images sont soit floues soit sous-exposées ; la caméra bouge constamment, etc. Je sais que d’aucuns vont, une fois de plus, me trouver dur. Pas du tout ! À notre époque, si un caméraman attaché à la présidence de la République avait présent de telles images de Mobutu, il aurait eu de sérieux ennuis, je vous le jure !
Bon. Passons et concentrons-nous uniquement sur le contenu.
J’ai appris des choses que je ne connaissais qu’en partie sur sa carrière musicale et d’autres que j’ignorais sur sa vie privée. Je savais notamment qu’il avait de nombreux enfants, mais j’en ignorais le nombre. Maintenant je sais qu’il en a officiellement 85 ! Avec combien de femmes s’est-il accouplé dans sa vie ? Mystère ! Cela ne m’étonne pas d’un musicien africain. Il y en a sûrement d’autres qui en ont autant sinon plus.
Avant d’avoir visionné ce reportage sur afriquerédaction.com., je m’apprêtais justement à écrire un article où je fais l’éloge de ce grand artiste que je considère comme étant l’en des plus grands musiciens de la RDC et de l’Afrique, incluant Franco Luambo Makiadi. Le voici dans « Libala ya 8 heures du temps », une de mes chansons préférées que j’aurais bien voulu illustrer. Hélas ! J’étais encore secrétaire de Ndjili à l’époque et je ne savais même pas vraiment ce qu’était la télévision.
Congo - Tabu Ley Rochereau - Libala Ya 8 Heures (Oldies)
Personnellement, je leur suis reconnaissant à Simaro Masiya et lui d’avoir lancé ma carrière au niveau des musiciens congolais. Voici d’ailleurs « Nzale », un remake du clip, en play-back, que j’ai réalisé avec lui à l’époque sur 16 mm. Je me demande si ma version à moi existe toujours.TABU LEY 2 "Nzale"
Plus tard, nous avons réalisé un autre clip qui a été diffusé durant de longues semaines au Ciné-Palladium en lever de rideau des grands films. C’était avec Mosekonzo et j’avais simulé deux cow-boys en tenues de ceux des westerns.
Suspense : On apercevait les bottes d’un des hommes marchant devant ; on faisait un panoramique sur les bottes de son poursuivant ; on répétait la même chose avec les sombreros de l’un et l’autre, vus de dos ; on s’attardait ensuite sur la main de celui qui marchait derrière ; il tenait un lasso qu’il déploya et lança au cou de l’autre, l’attrapant et l’attirant vers lui. Les deux « faux » cow-boys se retournèrent et nous découvrîmes Rochereau et Sam Manwana. Alors seulement débutait la chanson.
C’était juste un brin de fiction que j’ai concoctée pour faire plaisir aux cinéphiles habitués du Ciné-Palladium ! Le vrai cinéma de fiction est celui qui est capable de faire de la dramatisation. À titre de rappel, toute cette mise en scène, c’était pour provoquer Franco à qui Rochereau venait rendre la monnaie de sa pièce en lui arrachant « Muana Ndjoku » que tous les deux grands patrons d’orchestre se disputaient. On n’a pas besoin de dire les choses de façon directe. Une image bien connotée vaut plus qu’un millier de phrases injurieuses. Ce clip-là, qu’est-il devenu ? Si on l’a détruit, c’est vraiment dommage ! En tout cas, à l’époque, les cassettes vidéo de tournage et les DVD étaient inexistants. Nous avons tout filmé un play-back en 16 mm ! Qu’à cela ne tienne ! Voici les deux mousquetaires, i.e. Roch et Sam, dans une version de Mosekonzo extraite sûrement de Kin-Kiese.
J’ai toujours voué de l’admiration envers nos grands musiciens. Professionnellement, Tabu Ley fut un de mes amis. On ne se voyait pas souvent parce qu’il voyageait beaucoup mais, lorsqu’il regagnait le pays et qu’il avait besoin de moi, je répondais toujours présent. Moi-même, je me suis absenté quelque fois aussi pour des missions officielles dont des tournages à l’intérieur du pays (1974-1977), mon voyage en Chine (1978), mon stage de perfectionnement à Paris ( 1982-1983) Les deux dernières fois où nous nous sommes vus, c’est d’abord lors de l’inauguration de la Cité de la Voix du Zaïre (1976) et avant son concert en Côte d’Ivoire (1981)
Quand j’ai appris qu’il n’était pas tout à fait remis de sa maladie, je me suis aussitôt mis à la recherche d’informations â même de nous donner l’heure juste.
À présent, mes craintes se sont atténuées. Il reste encore beaucoup à faire, mais, tant qu’il y a la vie, il y a l’espoir ! Je vais prier pour lui afin qu’il récupère vite et se remette debout. Tout est possible à celui qui croit. Si vous êtes un mélomane ou un frère ou sœur en Christ, priez aussi pour que le Bon Dieu, qui a sauvé Tabu Ley d’une mort certaine, puisse le couvrir de sa grâce.
À demain!