RD Congo - Elections: la bataille de Kinshasa
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Samedi 28 mai 2011
L’événement du jour
Quand on brasse des millions de dollars, on peut bien s’offrir tous les caprices !
Le patron de Facebook ne mange que de la viande d'animaux qu'il a lui-même tués
RD Congo – Elections : la bataille de Kinshasa
Ce qui est dernièrement à Vital Kamerhe démontre que certains Congolais et particulièrement ceux de la diaspora sont insatisfaits de la situation qui prévaut actuellement en RDC.
Kamerhe échappe à la mort ! Lire l'article
Il ne faut pas se le cacher, nombreux sont ceux qui estiment que certains de nos politiciens sont à la solde des Rwandais, dès lors que nous savons tous l’origine de la situation qui persiste à l’est de notre pays et particulièrement au Kivu..
Ce genre d’incident n’est pas nouveau. En Europe, des politiciens se voient interdits de séjour par des compatriotes établis en France et en Hollande, lesquels se sont érigés en justiciers.
Les escarmouches entre ces mêmes groupes n’ayant toujours pas la même opinion ni les mêmes allégeances politiques se multiplient. J’ai suivi un lutteur qui dénonçait une attaque dont il avait été victime à Paris ou Bruxelles. C’était sur Youtube.
Il n’y a pas que les politiciens qui goûtent à la médecine des résistants établis à l’étranger. Les musiciens aussi sont leur cible. On leur reproche d’une part de lécher la main au régime actuel à Kinshasa et d’autre part de venir se faire la malle à leur détriment. L’histoire des obscénités n’est qu’un faux prétexte. Franco ne nous en a-t-il pas servi toute une brochette durant sa vie avec entre autres Chicotte, Eleini, Non, Falasha, etc. ? A-t-il subi les mêmes foudres ? De toute façon, au cours des années passées, ces mêmes musiciens n’avaient-ils pas tissé des relations privilégiées avec les mélomanes établis en Europe occidentale qui les ont gâtés en guise d’argent et de cadeaux ? La lune de miel semble bel et bien finie.
Le reproche qu’on a fait à Kamerhe, paraît-il, c’est de s’être porté candidat alors que l’opposition aurait besoin d’un candidat unique pour affronter Joseph Kabila. Et, ce leader serait Etienne Tshisekedi. Or, certaines sources estiment que les chances de ce dernier de convaincre des bailleurs de fonds occidentaux de soutenir sa cause accusent des ratés inquiétants.
En tournée euro-américaine, Tshisekedi parle de quel délai constitutionnel ?
Qui plus est, on est en droit de se demander si, en dehors de ce dernier et de Kamerhe, il n’y aura pas d’autres postulants au siège présidentiel. Va-t-on-leur servir à tous ceux-là le même traitement que celui qu’on a réservé à Vital Kamhere ?
D’aucuns ont brandi l’argument de la congolité à l’endroit de Joseph Kabila ; d’autres affirment qu’il a chassé les Kinois de leur ville pour y installer des « Mina sema »
Cela est bien compréhensible. L’ethnicité joue un rôle primordial dans nos pays.
Les populations de Kisangani, Lubumbashi et Bukavu auront tendance à voter pour Kabila ; celles du Kasaï se pencheront vers Tshisekedi ; celles de l’Equateur préféreront Kengo wa Dondo. C’est le même scénario qui prévalut lors des dernières élections présidentielles
L’UDPS absente, l’est du pays, qui est swahilophone, vota massivement pour Joseph Kabila. On s’y attendait. Par contre, à l’ouest le vote fut divisé. Déjà, l’UDEMO se rallia à Kabila. Mais c’est surtout la bataille de Bandundu et de Kinshasa qui permit à ce dernier de remporter les élections, fort de l’appui du PALU. Ce n’est pas un secret de polichinelle, ce n’est pas pour rien que Gizenga fut nommé Premier ministre et que Muzito l’est encore selon les accords conclus. Avec les milliers de centaines de votants des quartiers Masina et Kingasani, tous deux très populeux et solidaires, auxquels il faut ajouter la province de Bandundu, la majorité pour Kabila ne fit plus aucun doute. Ainsi, J.P. Bemba fut battu sur son propre terrain.
Aujourd’hui, la situation n’a pas changé, bien au contraire ! Avec l’appui et l’ajout de la province du Bas-Congo, qui, paraît-il, ne jurerait plus que par Kabila en raison de quelques réalisations qu’il y a faites. Pourtant, on lui a reproche d’avoir muselé BDK ! Ne perdons pas de vue les ressortissants Bakongo qui pullulent dans les quartiers comme Ndjili, Selembao, Kimbanseke, Bumbu, Kisenso, Makala et autres. Il est à noter que ces derniers, par solidarité à la population de leur province d’origine désormais reconnaissante à Kabila, se seraient convertis et seraient prêts à le soutenir. Kabila au Bas-Congo, record des visites et - RDC: Le Président de
Il ne faut pas non plus passer sous silence l’implication d’Olive Lembe Kabila dans les mouvements chrétiens et charismatiques où les musiciens chrétiens de renom, pour la plupart des Kinois, l’ont accueillie à bras ouverts.
Et que dire de son geste envers Simaro Lutumba Masiya, une icône adulée par les mélomanes du pays, à qui elle rendu personnellement visite ?
RD Congo- Hommage de Maman Olive à Lutumba
Tout cela n’est qu’une vaste opération de charme, disent certains. Mais, c’est permis en démocratie.
Pour toutes ces raisons, les dés risquent d’ores et déjà d’être jetés, car, qu’on le veuille ou non, le dernier round de la bataille électorale va encore une fois se jouer dans l’ancienne province de Léopoldville. Pour quelle raison ?
A l’époque coloniale, les populations de Bandundu et celles du Bas-Congo se considéraient comme des cousines. Elles faisaient partie de la même province de Léopoldville ; certaines de leurs coutumes (respect, patience, pudeur,
honnêteté, hospitalité, etc.) se ressemblaient ; elles parlaient la même langue vernaculaire, le « Munu kutuba »
Après l’indépendance, on a fait de Kinshasa une ville neutre et on a séparé l’ancienne province de Léopoldville en deux entités à savoir le Bandundu d’une part et le Kongo Central, actuelle Bas-Congo, d’autre part.
Malgré cette séparation forcée, les deux peuples sont restés des cousins et jamais ils ne sont entrés en conflit l’un et l’autre ni en régions ni dans la capitale congolaise.
A Kinshasa, en tout cas, jamais de mémoire il n’y a eu des conflits ni des escarmouches notamment entre les deux populations mitoyennes vivant paisiblement de part et d’autre du boulevard Lumumba sur la route de l’aéroport de Ndjili.
Dans les années 70-80, je suis quelques fois allé en mission de tournage à l’intérieur de la RDC pour le compte de Télé-Zaïre. Lorsque j’étais de passage à Kisangani, à Mbandaka ou à Mbuji-Mayi, j’y rencontrais des fonctionnaires ressortissants de Bandundu ; ils m’accueillaient à bras ouverts, comme étant un des leurs et m’appelaient « mpangi ya beto » (notre frère). J’étais souvent invité quelque part pour un souper en famille.
Pourtant, à Kinshasa je ne bénéficiais pas de la même attention de la part des ressortissants de Bandundu. Cependant, un underground tacite demeurait au-dedans des deux peuples. D’ailleurs, avant la chute de Mobutu, Kinshasa était demeurée une ville des Bakongo version coloniale.
Tout ce préambule m’amène à vous parler du poids de ce phénomène dans les
élections présidentielles en vue. Ma théorie est que, peu importe le candidat qui se présentera contre Kabila, tant et si longtemps que l’ancienne province de Léopoldville, comprenant le Bandundu, le Bas-Congo et la Ville de Kinshasa, est favorable à ce dernier, aucun candidat ni aucune opposition unifiée ne pourra le déloger. C’est une question de stratégie.
En examinant bien la situation, on peut se rendre compte qu’il y a une autre raison cachée à l’origine de la solidarité kinoise en période électorale. Le Bandundu et le Bas-Congo sont deux provinces qui ont presqu’été ignorées depuis l’accession du pays à l’indépendance.
Commençons par parler des Bakongo. Avec leur sagesse dite légendaire, ceux-ci se contentaient de ravaler leur frustration et leur colère. Pourtant, ce ne sont pas les érudits qui lui faisaient défaut avec les Joseph Kasa-Vubu, Jean Umba di Lutete, Bayona Bameya, les frères Kanza et Nimy, Sophie Kanza, Albert Ndele et autres.
Cependant, il ne faut pas oublier que le peuple est aveugle et qu’il a ses propres modèles, ses propres idoles. D’où la place qu’occupent nos artistes. Dans ce domaine, Luambo Makiadi, Simaro Lutumba, Madilu System, Mpongo Love, Freddy Mayaula, Gérard Madiata, Djuna Mumbafu, Defao, Félix Wazekwa et autres ont laissé leurs marques.
Je vous ai déjà raconté l’histoire de feu Luambo Makiadi qui, alors qu’on le disait mouchard et au service de Mobutu, me répétait sans cesse en badinant : « Tribalisme esila ; tribalisme ezali » Les Bakongo ont été « tassés » C’est d’ailleurs ce qu’il insinuait dans sa chanson « Belela authenticité » dans laquelle il s’époumonait : « Bas-Zaïre à la mer » !
Pour ce qui est des gars originaires de Bandundu, ils étaient les mal aimés, les négligés de la société. A Kinshasa, il n’existe pas des Shabiens, Kasaïens, Equatoriens ou Bakongo exerçant le métier de « Moto ya pusu » (conducteurs de pousse-pousse) Et pourtant, ces gars-là sont très travailleurs et solidaires (Article 15) Quant à leur élite, beaucoup d’intellectuels que le pays a connus, dont certains des martyrs, à savoir entre autres Gérard Kamanda, Takizala, Kamitatu. Mungul Diaka, Singa Odju, Boboliko Lokanga, Kudia Kubanza, Mulele, Gizenga et autres furent originaires de Bandundu, comme le sont Muzito, Premier ministre et Kimbuta, gouverneur de la Ville de Kinshasa. Eux aussi ont leurs musiciens célèbres tels Rochereau Tabu Ley - il fut élu puis nommé ministre de la ville-province de Kinshasa -, Kester Emeneya, Ngiama Werrason, son frère Patrice Ngoy Musoko, Kamona, Reddy Amisi et autres ?
Cela expliquerait d’ailleurs pourquoi ces musiciens-là particulièrement sont visés par les Combattants et Résistants congolais qui leur reprochent leur allégeance. Faut-il leur en vouloir aux uns et aux autres ? Les uns ont raison de se préoccuper de l’avenir de leur pays ; pour les autres, on ne renie pas ses origines ! Mobutu nous a appris que « entre un frère et un ami, le choix est clair ». A vrai dire, les clivages tribaux et ethniques existent toujours chez les Congolais, même au sein de la diaspora. Les Baluba, les Equatoriens, les Bakongo, les Shabiens, etc. se réunissent et fêtent entre eux. C’est chacun chez-soi et chacun dans sa langue maternelle.
Au pays, en province, le scénario doit être identique sinon pire. Va donc demander à un candidat qui ne pipe un mot de swahili d’aller haranguer une foule de Kolwezi, ou à un Mwisi Ngombe d’aller courtiser l’électorat des Baluba de Mwene Ditu dans leur dialecte ! Heureusement que tous les Congolais ont adopté le lingala comme langue commune, un précieux héritage de Mobutu Sese Seko. Mais, malgré cela, certains inconditionnels de l’ethnicité et du dialecte ne dérogeront pas d’un chouia de leurs habitudes.
Qui plus est, les intellectuels ont beau se triturer les méninges, récolter des appuis extérieurs, collecter des fonds et rivaliser en verve oratoire, c’est le vulgus populus, le peuple ordinaire, qui décide. Ça requiert des millions de voix pour remporter une élection. Les intellectuels sont loin de ce nombre. L’ethnicité y est pour beaucoup dans la confiance faite aux candidats ; c’est un fait indéniable.
Enfin de compte, zigouiller Kamhere ou trucider tout autre candidat pour donner le feu vert à Tshisekedi ne rimerait à rien. Il s’agit d’une question stratégique. Or, personnellement, pour les raisons que je viens d’évoquer et que tout le monde est d’ailleurs censé connaître, y compris Tshisekedi lui-même, Joseph Kabila possède une longueur d’avance considérable sur les autres candidats.
Faisons un jeu de prévisions fictif. Excluons tous les autres candidats présidentiables et laissons le terrain à deux candidats à savoir Kabila de AMP (confirmé) et Tshisekedi de l’opposition unifiée (potentiel)) Allons-y par prévisions arithmétiques ! Ne vous étonnez pas si je vous donne des totaux approximatifs arrondis pour faciliter la compréhension. Après tout, ce n’est que de la fiction. Les chiffres qui apparaissent ici et la sont issus de Wikipedia ; ils peuvent d’ailleurs avoir changé.
Si l’on tient compte des origines des candidats, Kabila vient de l’est de la RDC. Il a un potentiel de plus de 16 millions d’habitants (Katanga : 8 167 240 hab. ; Kivu : 2 837 779 hab ; Orientale : 5 566 000 hab). Tshisekedi vient du Kasaï qui en compte plus de 7 millions (Kasaï oriental : 3 830 000 hab. ; Kasaï occidental : 3 337 000 hab. Il reste la province de l’Equateur (7 391 082 hab.) dont nul des deux n’est originaire et qui peut se pencher d’un côté ou de l’autre.
Même si Tshisekedi pouvait convaincre toute l’Equateur de voter pour lui,- ce serait tirer sur les cheveux, mais accordons-le lui - il aurait une population totale de plus de 14 millions. Les deux candidats se retrouveraient à égalité avec un léger avantage (2 millions de plus) pour Joseph Kabila quand même. Il resterait donc Kinshasa, Bandundu et le Bas-Congo dont le scrutin ferait nettement la différence.
La faute n’est donc pas aux candidats présidentiables. La balance du pouvoir en RDC n’appartient pas à l’axe Kasaï-Katanga, comme le prétend un des analystes, faisant référence au diamant et au cuivre de ces deux provinces. Les matières premières ne votent pas ; ce sont les hommes qui sont appelés aux urnes. Cela étant, la parole revient aux habitants et originaires de l’ex-province de Léopoldville qui sont plus de 18 millions (Kinshasa : 10 076 099 hab. ; Bandundu : 5 201 000 hab. ; Bas-Congo : 2 835 000 hab.)
Bien sûr, nous ignorons le pourcentage des électeurs aptes à voter mais le rapport de force reste le même pour toutes les provinces.
Du coup, on se rend à l’évidence que le vote de l’ex-province de Léopoldville est
non seulement très déterminant mais un passage obligé.
Or, ces populations ont la réputation d’être silencieuses mais rancunières, vindicatives et solidaires. Ne serait-ce pas une nouvelle occasion de revanche par rapport aux « injustices » subies lors des régimes précédents ? Malheureusement pour les coureurs en piste, ils les trouveront à la croisée de leurs chemins.
C’est cet électorat-là qu’il faudra courtiser. Mais, se laissera-t-il séduire ? Pourquoi pas ? Dans la vie, rien n’est impossible !
La bataille de Kinshasa ! J’ai hâte qu’on soit en novembre 2011 pour voir ce que ça va donner !
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La pensée du jour
Les enfants d’un couple ne sont jamais identiques
Même les jumeaux les plus ressemblants
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À demain !