RD Congo: Franco, le misogyne

Publié le par Vieuxvan

 

RD Congo : Luambo Franco, misogyne
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D’aucuns croient que la violence se limite aux actes physiques. Détrompez-vous ! Il y en a plusieurs sortes dont la violence verbale qui peut faire très mal. À ce propos, je viens de lire un article qui proscrit cette forme de violence dans les écoles de France.

Chatel veut sanctionner les "violences verbales

 

En RDC, la violence verbale est omniprésente. On aime bien injurier : « Mama na yo ! », « Nkoko na yo » « Yuma » « Mbendre » « Bande à yes » », etc.

 

Notre sujet de ce jour concerne la violence faite aux femmes dans notre pays, pratiquement par certains musiciens, particulièrement Franco Luambo Makiadi. Ce dernier est décédé, il y a onze ans, c’est vrai. Mais ses oeuvres continuent à être écoutées et nous ont amené à faire ce petit examen de conscience.

 

« Matata ya muasi na mobali esila te na mokili » C’est le thème de l’une des chansons de feu le Grand maître Franco Luambo Makiadi qui s’exprime sur les rapports entre l’homme et la femme. À l’entendre, on dirait que l’homme et la femme sont condamnés de vivre à couteaux tirés. D’autres chansons abondent dans le même sens, telles «  Liberté », « Matinda », « Bokolo muana ya mbanda », « Tosambi bapesi yo raison » et autres.

 

L’auteur n’a pas tort de s’interroger sur les rapports entre l’homme et la femme. En effet, depuis le temps de nos ancêtres, l’homme a toujours été considéré comme supérieur à la femme. Celle-ci a habituellement pris son mal en patience mais, avec l’émancipation de la femme, les choses sont en train de changer, pas suffisamment vite cependant, puisque le complexe des hommes africains sur leurs épouses n’a presque pas bougé d’un cran. Qui plus est, les pires ennemies de la femme moderne sont leurs belles-mères et belles sœurs : « Nakoma nbanda ya mama »

 

J’ai déjà assisté à des scènes de ménage jadis. Selon Rochereau Tabu Ley, il y a même des femmes qui aiment se faire violenter. Il paraît que ça met du piment dans la vie de couple (Sorozo) Sauf que certaines femmes en ont gardé des séquelles C’est le cas dans « Vincent » (Nzotu ekoma tache na ba taches lokola ngai nabundaka na nkoi) ou encore dans « Mario » (lobi tango nakopola, yo oboi ngai) Étranges musiciens ! Certains font l’éloge de la violence faite aux femmes pendant que d’autres la dénoncent.

 

Mais à écouter certaines chansons de Franco, ce dernier se rend personnellement coupable de violence.  On l’a déjà entendu proférer des injures contre Kwamy dans « Chicotte »

 (Zala na ngai reconnaissant, mivais témoin… nabikisaa yo na liwa, nani abungi likambo yango,  opolaki,  olumbaki solo, obimaki nde nsoi y mobesu,  okomaki ebembe ya l’État, na supportaki bosoto yango)

 

 

 

Dans « Tailleur », il tire la langue à Kengo wa Dondo à qui il en voulait de l’avoir fait écrouer auparavant pour outrage aux mœurs.

« Tailleur »

(Masini etikali polele, okotonga na nini, olobaki trop na esika yango, batii yo pembeni. Loba lisusu, babotoli yo vidéo,  ozongeli ventilateur, babotoli yo malili,  okomona mpasi na bangungi,  okomibeta mbata na nzotu,  lakisa ngai fungola oyo ozalaki kopepa, ozongeli mai ya moto, frigo na yo tango nyonso ba pannes, etc.  »

 

Dans « Nyongo na yo nakofuta te », il jette son fiel sur Johnny Bokelo qui lui avait prêté de l’argent à l’époque où il en arrachait financièrement :

« Mbongo na yo nakofuta te »

Soki nyongo ngai nakofuta… Ah ! Nzambe osala nde bato…Yo okosenga ngai mbongo na miso ya bato, awa osali boye, nakofuta te…Kende epai ya bazuzi, zwela ngai convocation,  Ndolo nakokota mpo na nyongo na yo)

 

Si vous préférez une chanson au complet, je vais vous transcrire les paroles de la chanson « Mbanda ozwi kizungu-zungu ».

 

Lelo yo okofinga ngai moi na butu

Mpo na muasi  nayo, nasali nin ?

Mbanda na mbanda bakokutanaka

Ya ngai na yo, ekomi nde likambo

 

Oyebi, zuwa yo okosalaka ye

Ekotindaka ye alinga ngai mingi

Okotoboka libumu mpo na zuwa

Muasi na yo azwi kizungu-zungu

 

Oyebi ? Mbongo yo okopesaka ye

Akopesaka ngai nasombaka essence

Tala likambo ya monene boye

Muasi na yo, lobi akotika yo

 

Yeba oh oh, ngai nakokaka te

Kosala baninga mabe

Mpo namesana ndenge wana te

Naboi na ngai basi ya baninga

Ekopesaka bato ba malchance

 

Lobi yaka nakozongisela yo

Muasi na yo mpo bovanda

Oyoki, oyoki, mbanda na ngai eh!

 

Nayebi nyonso nasalaki mabe

Ezalaki faute na ngai te oh

Nakotubela lobi ya ngai nde masumu

Mpo balimbisa ngai, likambo mpe esila

Oyoki, oyoki ? Mbanda na ngai eh !

 

Mettez-vous à la place du mari cocufié qui entend ça !

 

Mais, vous n’avez encore rien vu ni entendu ! Dans Heleini et « Non », ce fut vraiment le comble de la bassesse. Qui plus est, les cibles sont des femmes, des mères à qui on doit du respect. Franco, lui-même, ne vouait-il pas une sorte d’adoration envers sa mère après tout ce qu’elle a fait pour lui ?

 

Il  arrive des fois que des amis de race blanche me demandent de leur traduire des chansons de nos artistes musiciens congolais. Si je leur traduisais ces deux-chansons-là, ils seraient scandalisés et me demanderaient pourquoi ces chansons n’ont-elles pas été censurées. Si l’auteur avait vécu au Canada et avait édité ces chansons ici, il se serait retrouvé avec une meute de contestataires à ses trousses et les procès intentés contre lui par des groupes de femmes ne décolleraient pas. Je vous fais grâce de ne pas vous citer des passages de Heleini, parce que je manquerais de respect envers vous.

 

 Cependant, je tiens à  vous citer quelques bribes de qualificatifs du visage de la femme insultée dans « Non »

« Non !

Yango bino basi bilongi mabe

Botuna nani asala bino bilongi oyo

Basi ya bilongi kukukuku

Basi na bilongi misukusu

 

Basi ya bilongi mabe

Bilongi ku…ku…ku…ku

Surtout ba oyo bazali na elongi maseke

Surtout ba oyo bilongi ebukana

Botuna nani asala bino bilongi oyo

Basi bilongi migugu, mitema mabe

 

Plus méchant que ça, tu meurs ! (expression québécoise) Je ne sais pas qui lui a appris ces  épithètes. Peut-être les a-t-il inventées lui-même ? Il n’y a pas que ces deux chansons pour crier haro contre feu le Grand maître : Mamou, Très fâché, Quatre boutons et autres auraient dû être censurées.

 

Tout être humain a ses défauts. Je sais que certaines femmes ne font pas honneur à leur dignité de femme. Et les hommes alors ? Il y en a qui sont encore pires. Mais ce n’est pas une raison de les descendre au rang d’animaux.

 

L’O.K. Jazz a été plus poli et même plus condescendant avec les femmes dans les chansons de Dalienst Ntesa (Mouzi, Bina na ngai na respect et autres), de Pépé Ndombe (Tawaba et Mawe).  Si Franco s’est permis de dénigrer la femme congolaise, c’est parce que les Congolais eux-mêmes tardent à reconnaître l’égalité entre l’homme et la femme.

 

Pourtant, nous devrions avoir du respect et de la considération envers les femmes de notre pays qui, pendant de longues années de vaches maigres, se sont occupé de nourrir leur famille à la sueur de leur front, en s’adonnant soit à l’agriculture dans nos villages, soit au petit commerce dans les villes. 

 

Je sais que le complexe de supériorité envers la femme prédomine encore chez les hommes. En voici quelques exemples :

 

Maloba ya kulutu, Mon mari est capable,  muasi abonga na mobali (Rochereau),, Nalembi, Cœur artificiel, Nakosalaka se ndenge okolingaka (Simaro)

 

Cependant, jamais ces deux musiciens n’ont eu des écarts de langage envers les femmes sauf peut-être Lutumba dans « Bisalela » et « Ma Hélé » mais il n’est jamais allé trop loin.

 

Franco Luambo Makiadi est donc le seul qui ait dénigré les femmes qui l’avaient excédé. Quand on connaît  son caractère impulsif, on serait  tenté de lui pardonner. Non. Ce serait encourager le mal. Avec tout le respect que je lui dois – c’était un de mes « vieux » et – je l’appréciais beaucoup- je ne puis cautionner ses écarts de langage surtout ceux envers les femmes, nos mères.

 

Néeamoins, tout bien pensé, le vrai coupable, ce n’est pas lui, c’est la commission de censure qui avait peur de le sanctionner parce qu’on le disait tout puissant. On ne défie pas un ministre de la justice aussi puisant que l’était Kengo wa Dondo !

 

Mpo na nini, likambo, soki  balobi na yo, olingaka kotia tembe, ba oyo bapekisa, basuka boye ! (Quand les gens te disent que je suis un homme du président, pourquoi refuses-tu de les croire ?  – traduction dénotée )

 

 Il avait même le culot de répéter ses insanités en direct à la télé dans l’émission « Kin-Kiese » avec les chansons « Toyeba yo », « Balobi » « Na mokili tour à tour » (le titre m’échappe)  

 

Selon une émission radiophonique dont j’ai écouté dernièrement une émission intitulée « Nani aboma Luambo Makiadi, Il paraît que même Mobutu lui-même en avait peur ! Quel pays ! Quel fouillis ! Quel gâchis !

 

Ce côté sombre de notre grand monument national de la musique me fait souvent sourciller. Toutes ces rumeurs sur son penchant sur le spiritisme sont-elles fondées ? On s’en reparlera !

 Merci de votre attention et à demain !.

YouTube - ‪Gerev 5/5 :Kintweni (Konono /

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