RD Congo- Kinshasa no man's land

Publié le par Vieuxvan

      RD Congo : Kinshasa « no man’s land »

 

YouTube - Indépendance cha cha

 

En lisant des articles ce soir, je suis tombé sur un article paru il y a à peine quelques jours. allAfrica.com: Congo-Kinshasa: L'hôpital…

Je sais que Papa Wemba a fait preuve d’imagination lorsqu’il a donné à son quartier général - la parcelle de ses parents - le nom « Molokai », une contraction des rues de son quartier où il a grandi, côtoyé des amis et fait les quatre cents coups comme tout jeune de son âge.

Mais si je jette un regard historique sur le mot Molokaï, il me réfère à un village de lépreux sur l’île d’Hawaï où un certain Père Damien a fait son apostolat. Il a d’ailleurs été lui-même atteint de lèpre et en est mort. Un film a été produit en 2000 sur sa vie.

Chez-nous, en RDC, j’ai connu deux léproseries. L’une se trouvait à Sona-Bata où j’allais souvent en excursion quand j’étudiais à Mbansa-Mboma ; l’autre était située à Kinshasa après Kintambo,  en deça du Mont-Ngaliema et bien avant les chutes de Kinsuka qui nous a servi de décor avec Simaro Masiya Lutumba lorsque j’ai réalisé une partie des décors extérieurs de mon court métrage « Mabele. Personne n’a vraiment envie de visiter une léproserie. C’est un lieu où vivent des reclus, des gens en marge de la société.

Cela ne date pas d’aujourd’hui. Dans l’Ancien Testament, nous trouvons des passages qui nous parlent d’eux. Ce sont des personnes rejetées par  la société et qui, de ce fait, pouvaient devenir méchantes, n’ayant plus rien à perdre. On en retrouve d’ailleurs une preuve dans 2 Rois 7 : 3-10. Dans le film Ben-Hur également, Charlton Heston  s’en va retrouver sa mère et sa sœur dans une grotte où sont entassés les lépreux sans espoir de secours ni de retour à la vie normale.

              Ben-Hur (1959) - AlloCiné
            Dans bien de mes articles, L'eau empoisonnée. Kinshasa n'est plus Kinshasa, (0
           de sensibiliser les autorités de la Ville de Kinshasa sur le sort de cette belle capitale

qui se meurt et présente actuellement, du moins si j’en crois des articles comme ci-dessous, un visage des plus désolants.

Une image valant mille mots, je me demande comment les autorités urbaines ont réagi à la lecture de cet article. Je me demande si ce sont ces quartiers et ces rues-là que nos autorités ont fait visiter à nos illustres hôtes au lendemain du 30 juin 2010.  Sûrement pas ! Qui plus est, plutôt que de s’occuper de la Ville, les élus provinciaux  sont en guerre les une contre les autres et on ne sait vraiment plus à quel saint se vouer. Assemblée Provinciale de Kinshasa

             Plusieurs observateurs ont, à maintes reprises, déploré le sort des Kinois
             en divers domaines : eau, électricité, érosions, insalubrité et j’en passe !
               Digitalcongo.net 3.0

 

S’il n’y a pas d’eau et d’électricité à Bandal et Matonge, me disais-je, qu’en est-il de Kisenso, Kimbanseke, Ngaba et Masina ? On se croirait carrément dans la vraie cité de Molokaï de feu Père Damien ! je me posais souvent des questions du genre « Y a-t-il des élus dans cette ville ? Où ont-ils la tête ? »

 

Puis, finalement, je suis tombé avant-hier,  sur l’article ci-dessous qui affirme que le problème de l’électricité relèverait plutôt du gouvernement central.

              Digitalcongo.net 3.0

 

Cela n’encense cependant pas les autorités de la ville. C’est à elles de mettre de la pression sur les instances nationales. À ce qu’il me semble, il y a un urgent besoin de centralisation dans notre pays. Ici, au Canada, la distribution d’eau et d’électricité relève du provincial. Chaque province possède ses propres sociétés de distribution d’eau et d’hydroélectricité. 

On a beau faire l’éloge des 5 Chantiers de la République, j’ai personnellement beau me réjouir du renouveau des infrastructures routières et économiques du pays ainsi que du projet de la Cité du fleuve, lorsque je lis des articles consacrés à certaines réalités quotidiennes kinoises, je n’en crois pas mes yeux ! En plein 21ème siècle ! Et dire que cette ville-là s’apprête à abriter le prochain Sommet de la Francophonie ! J’y perds mon « kindibu »!

Franchement, il va falloir jouer des coudées doubles pour que le barrage hydroélectrique d’Inga puisse être opérationnel, ne fût ce que partiellement, pour les besoins urgents du pays. Pour ce qui est de la pénurie d’eau, il doit bien y avoir quelque entreprise étrangère capable de nous apporter sa coopération ? Et pour les érosions, y a-t-on pensé ? Qui nous aidera à déloger et reloger les personnes qui sont menacées, à tout instant,  d’être enterrées vivantes, corps et biens ? Heureusement que nous vivons pas dans l’Asie des moussons !  Si ça avait été le cas, il y a bien longtemps  que Kinshasa serait engloutie comme le fut la mythique Atlantide .

Sommes-nous bien en RDC et c’est bien cette ville-là qui faisait la fierté de nos artistes musiciens à l’époque où nous n’étions même pas indépendants ? Je sais que d’aucuns m’ont déjà voulu de donner raison à Paul Hergé qui a mal peint le Congolais des années 20 dans son controversé libre « Tintin au Congo » Ce gars-là a été vilipendé et traité de raciste, voire même d’aliéné mental. Ces détracteurs oubliaient cependant le dicton qui veut que « les enfants et les fous disent toujours la vérité » En ce qui me concerne, moi, je ne lui en veut pas d’avoir fait preuve d’imagination, comme le font les caricaturistes de nos jours. D’ailleurs, Steven Spielberg vient de lui rendre hommage puisque Tintin va bientôt être adapté au grand écran par le célèbre et talentueux réalisateur d’E.T. et Indiana Jones.

 

En tout cas, depuis la date où Paul Hergé a écrit ce bouquin, il s’est passé près de 80 années. Si cet auteur belge ressuscitait des morts et venait décrire l’état des faubourgs de Kin-la Belle, il trouverait une pire épithète que « Kin-la Poubelle » que ses propres fils lui ont collée. Croyez-moi !

Ne dites surtout pas que c’est la faute aux « Flamands » Ils nous ont laissé 13 communes que nous-même avons multipliées pas deux. Improvisation, ldésordre, laxisme, complicité, convoitise et autres fléaux figurent parmi les plaies de nos propres dirigeants d’après l’indépendance. Faut-il en rire ou en pleurer ? Les larmes de crocodiles ne viendront pas résoudre le problème.

Quand le vin est tiré, il faut le boire ! On n’a pas le choix. Il faut trouver des solutions immédiates. Il s’en est signé des contrats de coopération avec des entreprises étrangères au cours de ces dernières années ? Avons-nous bien ciblé nos priorités ? À quoi sert-il d’avoir des projections futuristes si au quotidien le peuple vit sans eau ni électricité et dans la hantise d’être engloutie au moindre prochain orage ?

Autorités responsables - disons plutôt ministres responsables -  faites vite, sinon Kinshasa se disputera bientôt les droits d’auteur de l’appellation « Molokaï » avec Papa Wemba. Lui au moins, son antre se veut un trône de chef-coutumier alors que « Lipopo mboka » elle, risque de se transformer en Rio de Janeiro, où gratte-ciel et bidonvilles forment un ménage incongru et insolite, ou encore en New Delhi, où voitures ricshaws, bicyclettes, vaches sacrées, ânes, chameaux, chiens, poules, rats, chauve-souris, pigeons et cobras  se disputent la chaussée dans une odeur pestilentielle que ne peuvent supporter que seuls  les habitués des lieux.

À demain!

YouTube - ‪Gerev 5/5 :Kintweni (Konono /

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