RD Congo - La guerre des mots
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Vendredi 3 février 2012
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L’événement du jour
RD Congo – La guerre des mots
J’ai reçu quelques commentaires favorables à propos de mon article d’hier intitulé « RD Congo- Diaspora et développement rural » Par contre, parmi eux, il y en a eu un qui m’a laissé perplexe. Je ne dirai pas le nom de son auteur car je n’ai pas l’habitude de citer nommément des gens lorsqu’il s’agit de leurs opinions personnelles.
Je trouve quand même aberrant que des citoyens reviennent continuellement sur des clichés du passé qui ne nous mènent nulle part. Nous devons à jamais bannir le culte de la personnalité. Les hommes passent ; le pays demeure. Dites-moi, quel est ce héros national qui a transformé notre pays au plan de son développement socio-économiques ? Je n’en connais pas. Ils ont été idéologiquement des patriotes et des nationalistes. Ils n’ont malheureusement pas survécu à leurs bonnes intentions.
Sûrement parce qu’ils n’ont pas su préparer la relève ?
Qu’avons-vous à cirer des courants idéologiques comme le capitalisme, le socialisme, le communisme et autres discours qui ne se traduisent pas par des actes concrets ?
Si on devait juger Fidel Castro par ses discours patriotiques, Cuba serait un paradis au plan économique. Hélas ! Verba volant, scripta manent. Son pays a été englouti sous les discours. Pendant qu’il exportait ses messages à travers le monde, particulièrement ceux en voie de développement, pour qu’ils adhérent à sa vision du développement, son propre pays a végété dans un sous-développement criard. Par contre, le discours de Mao Tse Toung, lui, a eu des répercussions sur sa postérité.
J’ai été personnellement en Chine en 1978. J’ai serré la main de Den Xiao Ping, Premier ministre. Ce peuple-là a été préparé de longue date. Il travaillait très fort ; il se privait de luxe ; les voleurs n’existaient pas ; Mao avait fait abattre tous les oiseaux volants granivores pour sauvegarder le riz et le blé indispensables pour nourrir son peuple évalué à plus d’un milliard d’âmes. Aujourd’hui, il aurait eu Brigitte Bardot sur le dos ! Et pourtant, le gouvernement chinois qui lui a succédé emmagasinait et économisait pour les années à venir. Nous en avons la preuve actuellement. L’Occident est passé de rire sous cape à rire jaune.
Ce n’est pas le cas en RDC. Nous avons des carences au niveau des emplois ; nous sommes individualistes et enclins à nous attarder aux choses passagères que sont le sexe, la bière et le luxe. Ah ! Oui. C’est aussi le pays de la jalousie et des rumeurs. Et surtout et par-dessus tout, nous sommes des kleptomanes :
En RDC, nous avons vécu un demi-siècle de misère parce que ni les Belges, nos anciens colons, ni nos propres dirigeants n’ont été en mesure ni d’éduquer notre peuple sur les vraies valeurs ni de répondre à ses besoins primaires. Dans nombreux de mes articles, j’ai dénoncé cette situation, proposant des solutions non partisanes qui sont applicables peu importe l’identité de l’homme ou des hommes au pouvoir.
Je n’ai jamais eu un frère ou cousin dans les coulisses du pouvoir ni par le passé ni présentement. J’ai fait mon cheminement à la sueur de mon front notamment en participant à des concours. Je n’ai donc de compte à rendre à personne et c’est mieux ainsi. Je m’exprime donc selon ma propre vision du développement et selon mes propres expériences et observations. Je ne nourris pas des ambitions politiques non plus. J’ai choisi et j’exerce une profession qui me fascine. Je me vois mal brandissant des pancartes ou des banderoles d’appui à tel ou tel autre homme politique, en criant à tue-tête «Votez X » Le seul pour qui je puis le faire, c’est Jésus-Christ.
S’il vous plait, ne me mêlez pas à la guerre des mots et des ondes que se livrent maladroitement certains individus et médias qui versent dans la haine, les menaces et les injures réciproques.
RD Congo - Les mamelles de la presse
Jugez-moi et reprenez-moi sur mes propositions concrètes et épargnez-moi les discours creux. Mes oreilles les ont assez entendus alors que notre pays est resté pratiquement tel quel, à part quelques soubresauts non négligeables quand même, il faut l’avouer.
J’ai vu dernièrement à la télé la France qui a vendu 126 avions de guerre à l’Inde. Personne n’osera s’y frotter, je vous le jure ! Avec deux de ce genre d’avions chez-nous, si l’on voulait répondre aux provocations, on ne ferait qu’une bouchée de certains voisins qui nous causent des maux de tête.
Arrêtons de nous tirailler par la guerre des ondes et des mots, une guerre qui peut encore devenir plus meurtrière que celles des armes et des viols que nous dénonçons. Les plaies morales mettent beaucoup de temps à guérir et à se cicatriser. Entre-temps, l’ennemi caché rit de nous dans sa barbe : « Divide ut impera »
Le peuple congolais a besoin de paix, de sécurité, d’emplois, de bons salaires, de routes, d’eau courante, d’électricité, d’accès au crédit, de logements décents, de s’acheter des bagnoles, de se divertir, etc. A bas les discours ! Kolia eleki campus !
Un « Tiens » vaut mieux que deux « Tu l’auras ! »