RD Congo- qui règne sur Kin: Dieu ou Satan?
Kinshasa est une ville très étrange. À notre époque, elle battait les records du stupre et de la débrouillardise dans une ambiance de kermesse éternelle puisque la vie s’y passait à un rythme endiablé animé par des vendeurs de disques dont la musique tonitruante accompagnait les allées et venues des Kinois.
Le Grand Kallé a trouvé le mot juste pour décrire cette cité d’ambiance : « Kinshasa fête ne fête »
Depuis la chute du régime Mobutu, tout a changé, aux dires de ceux qui y vivent encore. L’émergence des Églises de réveil a fait que les disquaires sont désormais divisés en deux camps qui vendent soit la musique mondaine soit la musique chrétienne. Beaucoup d’anciens bar-dancings ayant fait place à des temples, on a désormais droit à une dualité de messages que les Kinois ont été obligés d’endurer à longueur de journées. Cependant, pour un étranger qui ne comprend pas un traître mot du lingala, c’est toujours la même ambiance. Et pour cause ! Les mélodies et rythmes de l’un et l’autre côté se ressemblent. La seule chose qui les différencie, c’est le nom de Jésus ou celui du St-Esprit.
Les musiciens mondains n’étant plus les seuls maîtres à bord, certains d’entre eux ont cru investir dans la perversion pour faire contrepoids au nom de Jésus trop souvent cité, selon eux, dans les chansons chrétiennes. J’ai déjà fait état de cette situation et des scènes disgracieuses de certains artistes qui se donnent en spectacle.
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Entre-temps la vie continue son train-train habituel. D’un côté tout le monde vend ce qu’il peut pour survivre ; d’un autre, les férus de la débrouillardise (Article 15) rivalisent avec les escrocs de tous genres. « Ventre affamé n’a point d’oreille ! »
Cependant, le paysage et le décor d’antan ont fait place aux grands chantiers et petits travaux qui s’effectuent ici et là. À notre époque, il y avait juste le « Dialelo » à la télé, le « Nye, nye, nye ! » dans les meetings populaires et « Saka yonsa » des animatrices du M.P.R. De ce point de vue là, la ville est vraiment en pleine ébullition. Et il y a la Cité du Fleuve à l’horizon ! À tout seigneur, tout honneur !
Avec la campagne électorale qui débute, - on en connaît déjà l’issue puisque on ne change pas une combinaison gagnante - le climat de cette ville grouillante va davantage s’accroître : la température va grimper et décibels vont monter d’intensité. Les candidats sont déjà sur un pied de guerre : slogans, affiches, banderoles, cortèges, rassemblements, harangues, concerts gratuits, etc.
21.08.2010 - RDC : Elections 2011… tous candidats !
D’aucuns vont consulter leurs sorciers et marabouts habituels et sans doute offrir leurs enfants en sacrifice : « Awuluwala ! » Ne vous en faites pas. Il y en a qui ont tellement de bureaux et de rejetons inconnus du public que ces meurtres passeront inaperçus, comme un couteau sur du beurre !
D’autres vont se regrouper autour de leurs pasteurs- vrais ou faux- qui les encouragent à se surpasser: « Celui qui sème peu récolte peu ! » Matthieu 6 : 19-20 » Connais pas ! Pendant que les pasteurs vont passer à la caisse, eux vont se taper des jeûnes à sec.
Pour faire contrepoids, les musiciens, eux, peu importe qu’ils se disent profanes ou chrétiens, se pourlèchent déjà les babines ! « Mbongo na maboko, mataku na mfulu ! » Eh ! Oui ! « Ventre affamé n’a point d’oreille ! »
On a vraiment l’impression que cette ville, qui, à une époque non éloignée encore, jouissait de l’appellation hybride - « Kin-la Belle » ou « Kin - la Poubelle » dépendamment dans quel camp on se situait et qui - avouons-le- reprend du poil de la bête, est, elle aussi, prise en étau entre le Bien et le Mal.
Or, pour les chrétiens, c’est une situation admissible. Ils clament tout haut : « Nul ne peut servir deux maîtres » Les profanes, pour leur part, leur renvoient la balle : « Il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ! »
Qui a raison ? Qui a tort ? Quand les intérêts financiers entrent en jeu, chacun écoute ce qu’il veut bien écouter « Ventre affamé n’a point d’oreille ! »
Mboka ya etumba! (Ville où les couteaux volent bas)
À demain!