Supu ya ntulu - adieu tristesse!Supu ya ntulu : adieu tristesse ! SACHA DISTEL & DALDA " SCANDALE DANS LA FAMILLE Il y a deux jours, je vous ai raconté l’histoire de l’homme crocodile de Ki

Publié le par Vieuxvan

Supu ya ntulu : adieu tristesse !

Il y a deux jours, je vous ai raconté l’histoire de l’homme crocodile de Kizola-Mvelezi. J’ai reçu quelques commentaires à ce sujet qui sont tous des appuis concernant l’ivrognerie dénoncée dans mon article. Boire de l’alcool n’est mal en soi. Dans les pays froids, on aime bien prendre un rhum, un whisky ou de la Vodka pour se réchauffer. Dans les pays chauds, comme la RDC, c’est plutôt une bière bien glacée qui fait l’affaire. Je buvais beaucoup lorsque j’étais à Ndjili. Nous avions même un club de jeunes dénommé « Avantageux » dont j’étais le fondateur. Nous avons fait toutes les folies de notre époque, de la bière aux jupons, en passant par les parties. Plus tard, j’ai appris à contrôler ma consommation d’alcool, convaincu que, pour garder mon cerveau intact, je devais m’abstenir de trop en consommer. Je n’ai pas dit que je dédaignais la boisson. J’en prends de temps en temps.

Ici, au Québec, nombre d’accidents sont dû à l’alcool au volant. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce ne sont pas seulement les ivrognes ou les alcooliques anonymes qui causent des accidents mais des gens ordinaires qui ont juste bu un peu trop à l’occasion d’une petite réception anodine des fois.

Comme on peut s’en rendre compte, ce sont surtout les jeunes qu tuent les autres ou sont eux-mêmes leurs propres victimes. C’est le même phénomène en France.

À Montréal, lors de certains matchs du Canadien de Montréal, on assiste à certains débordements. Les jeunes se défoulent. Durant les périodes de l’année où il ne se joue pas du hockey, ils se tournent vers la bière, faute d’autres distractions dignes de leur intérêt. Un de mes fils a fêté dernièrement son anniversaire. Ses copains et copines sont allés trinquer avec lui. La bière a coulé à gogo mais ils n’ont même pas esquissé un seul pas de danse, contrairement à ce qui se passe chez-nous. Les jeunes québécois n’ont pas le rythme dans le sang comme nous et les Latinos -Américains.  

Revenons en RDC, notre pays bien aimé ! Je viens justement de lire un article qui met en garde contre la consommation des boissons alcoolisées en milieu de travail :

La consommation des boissons alcoolisées au travail: à quel risque s’expose-t-on?

Il paraît que, à Kinshasa, boire des boisons à fort pourcentage d’alcool est devenu monnaie courante. Qui plus est, les consommateurs « Milangwa » ou « Kwiti-Kwiti » se tourneraient de plus en plus vers ces boissons de fabrication locale qui sont si dommageables pour la santé que les autorités urbaines ont dû intervenir et, dans certains cas, prendre des sanctions.

L’Avenir Quotidien" Supu na ntulu " : Malafu ikele fwisa bantu mingi na ba balabala ya Kinshasa

J’ai connu quelques boissons de fabrication artisanale, telles que le Masanga ya mbila, le Lotoko, le Bitatila ou le Lungwila alias « mandat d’amener » ou « Écoute-moi » Je connais les ravages provoqués par certaines de ces boissons à forte teneur alcoolique. Je me demande si ce sont les mêmes breuvages ou de nouvelles qui sont dénoncées par un reportage comme celui-ci :

Ils sont légion ceux qui pensent noyer leurs soucis dans la boisson ou la drogue. Ils se retrouvent dans une sorte d’état second ou même ivres morts.  Imaginez les dangers qu’ils courent ! Ils peuvent se faire voler, empoisonner ou même trucider. Heureusement qu’il y a un dieu appelé Bacchus pour les ivrognes !  Mais il ne faut quand même pas tenter le diable ! Charlie Chaplin a admirablement décrit ce riche qui, lorsqu’il était ivre, faisait montre de prodigalité, mais qui au réveil ne se souvenait plus de ce qu’il avait fait ou dit la veille :

Les Lumières de la ville (1931) - AlloCiné

Ceux qui s’endorment sous l’effet de l’alcool, croyant avoir noyé leurs soucis,  se rendent compte, à leur réveil,  que rien n’a changé et que, au contraire, ils se retrouvent avec un mal de tête, un autre problème de santé ou même avec une condamnation pour crime. J’aime bien la chanson « Tristeza », l’une des chansons que l’on retrouve dans  le célèbre film « Orfeu Negro ».

Adieu tristesse | Jean Sablon | Abazada.com | Paroles de Chansons

Ceux qui causent la mort de parents, amis et autres usagers de la route en restent traumatisés toute leur vie, incapables de se départir du sentiment de culpabilité qui les ronge, se souvenant de la figure de telle personne tuée sur le coup ou d’une telle autre marquée à jamais pour avoir eu les jambes sectionnées ou la colonne vertébrale en bouillie.

Les ivrognes de la RDC prétendent que leur vice découle de leur condition sociale. Ils sont pauvres. Cela devient redondant et monotone de continuer à parler de la misère de notre peuple. Cependant, nous n’avons pas d’autre choix. Néanmoins, il convient de se demander où ces gens trouvent l’argent pour s’acheter ces cochonneries alors qu’ils se disent pauvres ! Au fait, il devrait exister des centres de désintoxication chez- nous pour les alcooliques anonymes, comme c’est le cas ici ? Je l’espère bien, sinon il faudrait les inventer.

De fil en aiguille, je me pose la question de savoir si nous ne pouvons pas, en RDC, en dehors des bières, produire des boissons alcoolisées à partir de plantes de chez-nous. C’est étrange. Je ne pense pas qu’on puisse produire du vin de palme en grosse quantité. Pourtant, c’est un vin très succulent qui ferait bien l’affaire de quelques consommateurs. Cependant, tel n’est pas de la canne à sucre, des bananes et du maïs. Dans les pays des Caraïbes, bien des pays le font avec la canne à sucre.

Pour avoir étudié un an à l’École secondaire des Frères des Écoles chrétiennes à Tumba, dont la gare de descente sur le chemin de fer Kinshasa-Matadi est Kwilu-Ngongo, anciennement Moerbecke » et pour avoir déjà réalisé un reportage écrit sur la Sucrerie de cette localité lorsque je travaillais pour le Ministère de l’information du Kongo Central à l’époque, je me souviens des étendues de plantations de cannes à sucre qui s’étendaient à perte de vue. Et que dire de la forêt équatoriale avec ses étendues de surfaces cultivables à perte de vue ? J’ai lu dernièrement sur Facebook le commentaire d’un ressortissant de l’Équateur qui estime que les élus de sa province n’en font pas suffisamment. Je me demande bien pourquoi. Feu le président Mobutu n’était-il pas de l’Équateur ? Les prestigieux noms tels que Kengo,  Bemba, Mokolo, Bomboko, Bompese, Engulu, Litho, Vunduawe, Eluki, Kikunda, Nzodomio, Moleka,  Badjoko, Seti et autres  n’évoquent-ils pas des « Bana Ekanga » ? On peut tout reprocher au Vieux Léopard décédé sauf de ne pas avoir tendu la perche aux intellectuels ressortissants de l’Équateur ! Personne ne nous fera avaler que ces hautes instances-là sont indifférentes à la cause de leur province ? Alors, quoi ?

J’ai connu l’époque où l’on fabriquait des purées de tomates au Domaine présidentiel de la Nsele. Pourquoi ne le ferait-on pas en fabriquant des boissons alcoolisées ou gazeuses ou encore de la purée à partir de fruits à l’Équateur, au Bas-Congo et au Bandundu, pour ne citer que ces provinces-là ? On pourrait du coup créer des emplois pour des milliers de chômeurs ainsi que pour ces désœuvrés qui cherchent à noyer leurs malheurs dans les « Supu ya ntulu » !

« In vino veritas » ! Les mordus de “Supu ya ntulu” seraient peut-être en train d’envoyer un signal à nos autorités pour plaider leur propre cause et celle de leurs compatriotes qui meurent de faim dans un pays qui est considéré à la fois comme un scandale géologique et un grenier inépuisable ? J’ai appris ce proverbe de mes ancêtres :

« Mputu yilele nzala mu nkela ya zinguba, kizoba kiandi » (Un rat, qui meurt de faim dans une caisse pleine d’arachides, n’a que lui seul à condamner» (

Merci de votre attention ! À demain !

Sacha Distel - Monsieur Cannibal

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