RD Congo - La désillusion

Publié le par Vieuxvan

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Samedi 6 août 2011

 

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L’article du jour

 

 

RD Congo – La désillusion 

 

Le Canada en général et le Québec en particulier sont des sociétés multiculturelles

où des dizaines communautés culturelles cohabitent et se côtoient tous les jours. Avant d’immigrer ici, j’avais déjà beaucoup voyagé et j’étais au courant du fait.

 

Mais, quelqu’un qui arrive pour la première fois ici, venant tout droit de la RD Congo, est quelque peu dépaysé en constatant que seuls les Canadiens de souche et ceux d’Europe sont considérés comme des Blancs.

 

En Afrique et au Congo en particulier, les Hindous, Egyptiens et Libanais passaient pour des Blancs d’autant plus qu’ils avaient des magasins au centre-ville dans lesquels ils vendaient toutes sortes d’équipements et denrées alimentaires.

 

J’ai connu personnellement le patron du magasin Byblos. Celui-ci était situé tout près de l’hôtel Memling. J’y suis souvent allé filmer à l’approche des Fêtes de Nouvel An. Il avait effectivement la peau d’un Blanc mais il sympathisait avec moi comme s’il était Congolais pur sang.

 

En Occident, il existe des clivages raciaux dans la plupart des grandes villes du monde. Il y a des Chinatown, des quartiers hindous, des quartiers latins et autres. Au Québec, c’est un peu la copie conforme. Les Italiens, les Grecs et les Russes sont pratiquement chez-eux ici. Et pour cause ! Ils sont enracinés ici depuis d’un demi-siècle Ils ont leurs leaders et on les retrouve à tous les paliers de la hiérarchie et de la société. Seuls leurs noms trahit leurs origines et encore ! Généralement, ils sont très bien organisés. Les nouveaux arrivants sont vite encadrés. On les aide à se trouver du travail et un logement.

 

Les Haïtiens essaient aussi de se serrer les coudes. Qui plus est, le Québécois est généralement compatissant envers les Haïtiens., connaissant les problèmes qu’éprouve leur mère-patrie, notamment le dernier tremblement de terre qui a failli engloutir cette île. Eux aussi ont leurs leaders. En tout cas, en plus des fonctions officielles au gouvernement ainsi que dans les établissements hospitaliers, d’enseignement et étatiques, il existe bien des Haïtiens qui exercent des professions libérales et ça leur va plutôt bien.  

 

Quant aux Africains, ils sont plutôt dispersés. D’abord, ils ont du mal à s’identifier. L’Afrique est un grand continent. Les Maghrébins ont la peau très claire. On peut facilement les confondre avec des Blancs à part la barbe dans certains cas chez les hommes et le mouchoir de tête chez la femme qui n’échappent pas à un œil avisé. Ceux de la Corne de l’Afrique, les Somaliens et les Ethiopiens, ont des traits nilotiques. J’en ai connu qui refusent qu’on les appelle des Africains. C’est leur problème.

 

Cette situation a le malheur de diviser la diaspora africaine. Il n’existe pas de quartiers africains ni moins encore congolais ou camerounais ou que sais-je encore, à part les HLM où les familles nombreuses ont la chance de se loger plus ou moins convenablement.

 

Cette division fait en sorte que chacun vit dans son petit coin et refait surface de temps en temps lors d’un événement particulier : décès, mariage, anniversaire, etc.

Qui plus est, les leaders prennent certaines distances pour éviter les « gars à problèmes » Un scandale peut coûter son emploi à quelqu’un qui a réussi à la sueur de son front. Il est difficile, dans ces conditions, de s’organiser comme les autres communautés et, ce faisant, les nouveaux immigrants ne peuvent être encadrés par leurs communautés respectives. Or, au Québec, il existe des chasses gardées pour les Québécois « pure laine » La situation s’améliore peu à peu au niveau de la volonté politique, mais on est loin d’endiguer les vieux clichés xénophobes ou racistes surtout dans les entreprises privées.

 

Il faudrait qu’un jour un Africain plein aux as convainque les autres de se regrouper autour de lui pour créer des entreprises où ils pourront engager des travailleurs originaires d’Afrique et organiser des activités de nature à rassembler davantage les Africains (sports, soirées culturelles et autres)

 

Prions pour que cela arrive. Nos jeunes pourront alors être mieux encadrés et ne se joindront pas aux groupes marginaux qui convertissent leur frustration en actes inciviques.

 

Cependant, peu importe les regroupements communautaires, il faut encourager le melting-pot. Je suis de ceux qui croient qu’il faut oublier les différences de races pour vivre librement et se sentir heureux n’ importe où sur la planète. La peau n’est qu’une armure ; les mœurs, elles, sont plus enracinées dans l’identité de chacun de nous. C’est un phénomène immuable. C’est à chaque individu de s’adapter à toute situation ou alors de se montrer tolérant envers les autres notamment par la cohabitation. Nous sommes tous égaux devant Dieu.

 

Hélas ! La tendance actuelle va dans le sens inverse. C’est pourquoi, nous devons prier pour l’émergence de leaders africains prêts à investir dans des entreprises afin de créer des emplois pour les jeunes qui sont souvent désemparés.

Le vrai problème, c’est l’attitude de ces jeunes. Car, on dit généralement des Africains qu’ils n’ont aucune notion du temps, qu’ils sont paresseux, couche-tard, et exhibitionnistes et que ce sont des disciples de Bacchus ainsi que des maniaques de la magouille (« coop »)

 

Et n’oublions surtout pas qu’il y a des jaloux prêts à bousiller les œuvres d’autrui « na nko », « na canaille » « Kinshasa babetaka tolo te »

Ce dicton s’applique ici aussi.

 

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La pensée du jour

 

On ne grimpe pas dans un arbre

Quand on n’a qu’un seul bras

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À demain !

 

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