RD Congo: La fratrie Mansanga

Publié le par Vieuxvan

RD Congo : Kinshasa – La fratrie Mansanga

 

 SACHA DISTEL & DALDA " SCANDALE DANS LA FAMILLE

L’histoire que je vais vous raconter est véridique. Elle m’a été contée par un jeune homme qui connaît bien les deux frères Mansanga en cause, qui se trouvent aujourd’hui l’un dans l’au-delà, l’autre en chaise roulante

pour le restant de sa vie. Leur crime ? Avoir osé immigre au Canada.

 

L’aîné se prénommait Mario ; le second Pius. Leur père est décédé à Kinshasa en 1989. Leur oncle Jean Mafuala fit tout ce qui était possible pour les parrainer afin qu’ils vinssent étudier à Montréal au Canada.  Ils  débarquèrent à Montréal en août 1990. Leur oncle, qui est marié à Marlène, une Québécoise de vieille souche, les recueillit et leur prodigua les conseils habituels pour qu’ils se tinssent à carreau dans une ville de Montréal mal famée pour ses motards et gangs des rues. À l’époque, Mafuala était camionneur et sa femme travaillait en garderie. Ils résidaient dans le quartier St-Henri et avaient leurs propres enfants en bas âge.

 

Tout se passa bien  au début mais dès que les écoles ouvrirent leurs portes en septembre, les choses virèrent au vinaigre. Les deux frères Mario (16 ans) et Pius (14 ans) eurent toutes sortes d’ennuis. Cela débuta l’école primaire St-Bernard du quartier St-Henri. Comme ils ne parlaient pas le français des Québécois et qu’ils étaient de race noire, ils furent tout de suite été repérés. Qui plus est, ceux-ci étant des disciples de la sape et étant des adonis, les filles blanches commencèrent par leur courir après. Parmi elles figuraient deux filles qui sortaient déjà avec deux hommes forts de l’école. Le ciel tomba subitement sur les têtes des deux frères congolais. Les jeunes gens de race blanche les attendaient chaque jour à la sortie de l’école pour les agresser. Un jour, ils regagnèrent le toit de leur oncle très mal en point. On les avait rossés avec la promesse absolue de ne plus reluquer aucune fille de l’école sous peine de nouvelles représailles. Or, c’était compter sans les filles de l’école qui allèrent raconter à leur directeur de l’école, le sieur Daniel Côté. Ce dernier convoqua les deux parties dans son bureau et demanda qu’on mît fin aux hostilités. Mais les garçons blancs ne l’entendirent pas de cette oreille d’autant que les filles leur firent carrément savoir qu’ils ne les intéressaient plus du tout. En bon québécois, ça se dit : « Pantoute ! » La saga sanglante reprit de plus belle. L’oncle Mafuala alla personnellement trouver le directeur Daniel Côté qui lui avoua qu’il était dépassé. Il lui avoua même que c’était la première fois qu’il voyait des jeunes Noirs dans l’école. Il venait juste d’arriver des Iles de la Madeleine où tous les habitants sont de race blanche. Bref, la situation des deux frères congolais devint intenable. L’inévitable se produisit.

 

Le plus jeune, Pius, sauvé de justesse par une fille de joie qui habitait non loin de l’école, déserta celle-ci sans tenir son oncle au courant. Pendant que ce dernier le croyait en classe, notre ami se la coulait douce, à 14 ans, dans le bras de Fanny (18 ans) Celle-ci avait déserté le toit familial depuis l’âge de 16 ans et était devenue une danseuse nue dans un cabaret du centre-ville où elle s’était fait passer pour une fille de 20 ans. Le jour, alors qu’on le croyait à l’école, Pius s’envoyait en l’air avec Fanny. Il s’arrangeait pour quitter les lieux et rentrer chez son oncle, donnant l’impression qu’il avait été à l’école. Les samedis et dimanches, il mentait à son oncle en lui disant qu’il allait au cinéma. En réalité il accompagnait sa blonde à son travail et devait endurer le calvaire en voyant le spectacle auquel Fanny se livrait, au grand bonheur des clients qui affluaient dans la boîte. La fille dansait devant un tel, se dénudait devant un autre et se faisait toucher par un troisième. Ça n’allait pas plus loin mais elle se faisait remettre de l’argent à chaque numéro : 20 dollars. 50 dollars, 100 dollars…. Le pauvre Pius avalait sa colère, sa jalousie, sa frustration et son impuissance dans son coin.

 

Pour ce qui est de Mario, un jour qu’il sortait de l’école et qu’il était attendu de pied ferme par ses bourreaux, un groupe de jeunes Noirs sortit d’un coin de rue. Une fille de l’école leur avait raconté le calvaire des deux Congolais. Ils venaient pour leur porter secours. Certains étaient des Jamaïcains, d’autres des Haïtiens, tous membres d’un gang de rue et revendeurs de drogue pour les Hells Angels. La bagarre ne dura pas longtemps. Les nouveaux venus avaient sur eux des couteaux, des ceintures cloutées et des chaînes. Ce fut le carnage. Les persécuteurs furent à leur tour écrasés,  saignant abondamment. Cette fois, le directeur de l’école téléphona à la police. Lorsque celle-ci vint sur les lieux, le gang des Noirs s’était déjà fondu dans la nature. Les blessés furent transportés dans un hôpital. L’un d’entre eux se mit à table. Ainsi Mario devint un gars recherché pour qu’il dévoile les noms de ceux qui l’avaient aidé.  Dans ces conditions, il n’eut d’autre choix que de se planquer chez ses sauveteurs. Dès lors, il devint, malgré lui, membre du gang. Il ne mit plus jamais les pieds à l’école. Cependant, grâce à lui, les garçons membres du gang se firent aussi des copines parmi les filles de l’école. Il est inutile de vous dire que les filles blanches aiment sortir et coucher avec des Noirs.

 

Un jour, la police débarqua chez Mafuala. Ce dernier vit son neveu Mario menotté, sortant de la voiture de police et encadré par deux agents costauds. Ceux-ci tenaient à savoir si Mafuala était bien l’oncle des deux garçons et s’il pouvait confirmer que ses deux neveux passaient bien leurs nuits chez-lui. Il n’eut d’autre choix que de dire que certains soirs ils prétendaient avoir dormi chez des amis. Il apprit ainsi des policiers que Mario avait été surpris avec d’autres copains alors qu’ils tentaient de dévaliser une banque. Quoi ? L’oncle n’en revenait pas ! Dès lors Mario alla d’une prison pour jeunes délinquants à une autre et subit des procès à ne plus en finir avant de goûter au bagne pour adultes deux ans plus tard. Il était marqué pour la vie.

 

De Parthenais, à Bordeaux et à Rivières des Prairies, les trois centres carcéraux pour délinquants dangereux, il dut subir les affres des geôles. Comme il était beau et avait des fesses bien proportionnées, il dut jouer les filles pour tel ou tel caïd parmi les prisonniers pour sauver sa peau.

 

Au même moment, l’autre, Pius, lui aussi se retrouvait entre les filets de la police. Il avait surpris Fanny avec un  gars ramené du club aux danseurs. Il avait piqué une sainte colère, dictée par la jalousie.  Il avait fracassé une bouteille de bière sur la tête de l’amant d’un soir de sa blonde qui se retrouva à l’hôpital dans un très piteux état. Lui aussi subit des procès et atterrit dans une prison pour jeunes délinquants. Il avait été victime des mêmes assauts sexuels derrière les murs de pénitenciers et en gardait des séquelles.

 

Six ans plus tard, les deux frères sortirent de prison, brisés à jamais. À cause de leurs casiers judiciaires, ils peinaient pour se trouver un emploi. En prison, ils s’étaient fait des relations. Ils renouèrent avec les gangs de rues. L’un et l’autre se trouvèrent des copines, les mirent enceintes et devinrent des pères de famille. Mais, l’épée de Damoclès demeurait suspendue au-dessus de leurs têtes. Ils essayèrent toutes sortes de solutions pour se sortir des griffes des gangs de rue. En vain. Entre-temps, ils restèrent traumatisés par ce qu’ils avaient vécu derrière les barreaux au point que leurs relations sexuelles avec leurs blondes s’en ressentirent. En prison, ils avaient été habitués aux caresses parfois rugueuses et répugnantes de mains criminelles, à la merci d’amants qui leur faisaient jouer des rôles de femmes. Ils ne se sentaient plus la force de mener le jeu de l’homme qui prend les devants et les initiatives dans une relation amoureuse. Mario se mit à boire et se transforma en joueur compulsif ; il allait soir après soir jouer au Casino de Montréal dans l’espoir de gagner le jackpot. Pius, lui, devint manutentionnaire dans une fabrique de meubles.  Hélas ! Ce fut peine perdue ! Le gang les retrouvait ; les Hells Angels aussi.

 

Un jour, on retrouva Mario se balançant au bout d’une corde. Il avait craqué, ayant tout perdu au casino et s’étant fait dire pas sa blonde de débarrasser le plancher. Sa blonde regrettait de l’avoir rencontré et fait une fille avec lui. Il n’était fait ni pour la vie couple ni pour le rôle de chef de famille. Quant à Pius, il déménagea et se terra à Calgary, chez un copain rencontré en prison, qui est adepte de l’alchimie. Il apprit à jeter le mauvais sort chez les autres grâce à sa main gauche qui laissait une marque de malédiction sur tout ce qu’il touchait. Il se vit d’ailleurs surnommer « soi-disant », « Main gauche » ou encore «Ponce Pilate » Entre-temps, il avait retrouvé le goût des spectacles de danseuses nues. Il en dénicha une nommée Peggy et se mit à l’exploiter en lui prenant tout son argent. Puis, un jour, elle rencontra un autre amant, un autre magicien adepte du vaudou haïtien, qui lui fit découvrir le pot aux roses. Chassé par la fille, Pius voulut jouer les gros bras et fut poignardé par son rival qui, avant de se tirer, lui jeta également un mauvais sort. Frappé de paralysie cérébrale, il se retrouva dans un hôpital. Il fut guéri de sa blessure mais il perdit  la raison et vit actuellement dans une maison d’accueil en chaise roulante.

 

Leur oncle Mafuala a quitté le Canada depuis quatre ans, dégoûté de tout et heureux d’avoir pu changer d’air.

Il vit actuellement à Boston avec sa femme et leurs deux enfants qui, tous deux, vont dans une école primaire.

 

Voyez où l’intolérance et le racisme peuvent mener. Je me demande si à l’école secondaire St-Bernard quelqu’un se rappelle encore des préjudices que ces deux gerçons immigrants ont subis par la faute des autres. J’ai accepté de relater cette histoire, sachant qu’il y a bien des parents immigrants en Amérique du Nord ou en Europe qui ont perdu le contrôle de leurs enfants à cause de l’intolérance des sociétés d’accueil.

Lorsqu’une famille quitte un pays du sud pour s’exiler, elle se dit soulagée d’avoir tourné à jamais le dos à la misère. Or, dans certains cas, ce qui l’attend est souvent pire : chômage chronique, divorce, éclatement de la famille, perte de ses valeurs, de sa dignité et de son identité et j’en passe ! L’Occident, elle-même, a aussi ses problèmes: moeurs décadentes, gangs de rue, clochards dormants dans le métro, bandes criminalisées, discrimination dans les emplois, etc.

 

Il faut prier fort pour que les mentalités changent  car, à mon avis, le paradis terrestre n’existe nulle part.

Tout ce qui brille n’est pas de l’or. L’attrait du bien-être occidental n’est parfois qu’un mirage !

 

À demain !

 

Sacha Distel - Monsieur Cannibal

 

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