Sacré Simaro Lutumba Sacré Simaro Lutumba ! Congo - Simaro Lutumba - Mbilia Bel - Mobali ... Ma fille Trophée Mansevani est revenue de deux semaines de vacances qu’elle a passées en à Paris en

Publié le par Vieuxvan

Sacré Simaro Lutumba !

 

Congo - Simaro Lutumba - Mbilia Bel - Mobali ...

 

Ma fille Trophée Mansevani est revenue de deux semaines de vacances qu’elle a passées en à Paris en compagnie de Lydie Imwa Belesi, ma bru, ainsi que leurs enfants Christiane Gama (16 ans), Joris Gama

 (10 ans) et Phynée Mansevani (2 ans)  Elle m’a apporté un cadeau d’Emma Miguel, ma belle-sœur et petite-sœur de Maman Jeanne Lutondo, mon épouse. Il s’agit d’une pochette contenant sur DVD et CD  le grand concert donné  en 2008 au salon Congo du Grand Hôtel de Kinshasa, à l’occasion des 70 ans d’âge de mon aîné et ami, l’artiste auteur compositeur et guitariste Simaro Lutumba Ndomanueno, surnommé le poète.

 

Nous avons visionné ensemble, ma fille, mon épouse et moi-même, les images de la soirée. Il y a régné  vraiment une ambiance électrisante à l’image de « Kinshasa fête na fête »

 

Parlons d’abord des visages. Après 23 ans d’absence du pays, j’ai eu de la peine à identifier certaines de mes vieilles connaissances. Ce fut le cas de Mbiyevanga Lengema. Il a fallu que ma fille me dise que c’était lui le gars qui présentait si bien. J’aurais pourtant dû le reconnaître à cause de sa voix. La dernière fois que je l’ai vu, c’est quand il est venu à Montréal dans le cadre de l’émission « Génies en herbe » présentée à Radio-Canada, laquelle réunissait et confrontait plusieurs jeunes venant de divers pays. Mbiyevanga est venu me rendre visite dans mon petit appartement de l’époque. Je venais juste de déménager de la ville de Québec à Montréal après avoir obtenu mon diplôme de maîtrise. Nous avons passé une grande partie de la soirée à échanger nos vieux souvenirs et, moi, j’étais si avide de savoir ce qui se passait au pays.  Bref, en le reconnaissant sur ces images de la soirée, j’ai été heureux de constater qu’il est encore plein de verve et de vitalité même s’il a pris quelques kilos et porte désormais des lunettes.

 

Il n’y a pas que lui que j’ai reconnu. Il y avait aussi le ministre provincial Rochereau Tabu Ley, un ami,  Sam Mangwana, Michel Boyibanda , Mbilia Bel, Malage Lugendo et d’autres musiciens plus jeunes. J’ai quand même déploré l’absence de certaines têtes d’affiche du moment. Heureusement, dans des entreviews montées bout à bout à la suite des images de cette soirée mémorable, Josky Kiambukuta et Papa Wemba nous ont fait savoir qu’ils avaient eu des empêchements pour des raisons professionnelles. J’aurais quand même aimé voir Verckys Kiamuangana aux côtés des fêtards. D’autres têtes d’affiche des ensembles nés dans les années 70 et après auraient pu s’y trouver aussi.

 

Au plan des sponsors, je rends hommage à la Société Bralima (j’y suis souvent allé à l’époque du président Makani et de mon meilleur ami Jean-Matie Gomba alias Col Canto) avec sa Primus, la reine des bières, « muasi ya liboso » avec son slogan « Tozalaki, tozali, tokozala » Belle trouvaille ! Je ne puis oublier non plus le Grand Hôtel de Kinshasa qui ne rate jamais une occasion de mettre ses beaux salons à la disposition de nos artistes. Et que dire du gouverneur de la Ville de Kinshasa qui lui a promis de baptiser, du nom du poète et ce,  de son  vivant, une des artères de Kin-La-Belle ! Mes pensées s’en vont également aux nouveaux noms et visages, inconnus à notre époque, qui encadrent nos musiciens tout au long de leur carrière. Merci également à Antenne A qui a retransmis cet événement en direct sur ses ondes.

 

Au plan des chansons, les musiciens qui se sont succédé sur le podium ont bien tiré leur épingle du jeu, notamment le duo Sam Mangwana-Michel Boyibanda. Les autres aussi se sont surpassés, de Pépé Ndombe à Manda Chante, en passant par Mbilia Bel et son légendaire jeu de fesses. J’ai eu des instants de tristesse en écoutant les chansons jadis interprétées par Franco Luambo, Joe Mpoyi, Ya Ntesa , Madilu System, Pépé Kallé et autres qui nous ont définitivement quittés. Ceux qui les ont parodiés ont été à la hauteur de leur tâche. Mes œuvres préférées du poète demeurent, dans l’ordre : « Merci bapesa na mbua », « Dathi Pétrole », « Trahison », « Mbawu » et « Cœur artificiel » C’est avec plaisir et nostalgie que j’ai vu chanter « Fifi nazali innocent » Cette chanson-là a lancé ma carrière au plan des clips illustrés. C’est grâce à ce clip que Tabu Ley est venu me trouver pour Nzale ; ensuite Simaro Lutumba est revenu et nous avons réalisé Mabele aux chutes de Kinsuka. Si notre ami Samuel Malonga, qui aime répertorier tous les premiers du pays,  avait regardé la télé à l’époque, j’aurais figuré sur sa liste des premiers, respectivement pour Fifi nazali innocent, le premier clip illustré et Mabele pour les effets de ralenti et accéléré sur 16 mm.

 

Je me suis toujours imaginé cette femme de Dathi Pétrole. Si j’avais à réaliser un vidéo-clip de cette chanson, je jouerais plus avec des images. Au début de la chanson, après la voix de Madilu qui dit : « Bobeti na bino ; le poète Lutumba, lakisa bango », on verrait le couple au bon vieux temps, flirtant, roucoulant, allant au cinéma, en pique-nique,  se mariant ensuite dans une église, circulant en ville en voiture de mariés avec cortège et klaxons, puis lors de la soirée dansante.  Puis, le jour du décès du grand-père de la femme, on le verrait au cimetière, entouré des autres membres de la famille pleurant et en deuil (pili) ainsi que des amis et connaissances. On verrait le mari jurer sur la tombe du mort. Quelques mois plus tard, tout s’effiloche. Il devient infidèle et coureur de jupons. Je ferais alors de cette épouse, rongée par la jalousie, une sorte d’ « espionne » hypocrite. Elle filerait son mari infidèle partout : dans les bars, magasins, restaurants, dancings, hôtels, etc, filmant avec son appareil photo toutes les infidélités de son jules. Pour rendre cette histoire tragico-comique, je ferais en sorte qu’elle s’arrange toujours pour regagner son domicile avant le retour de son mari, faisant tranquillement ses travaux ménagers comme si de rien n’était. Le mari ne se douterait donc de rien alors que, en secret, elle collectionnerait des photos des filles qui sortent ave lui. Puis, un jour, elle colle les photos de ces femmes (une vingtaine) au mur de sa chambre et, lorsque la chanson dit : « Nandimi babenga ngai muasi mabe, naboi ko partager yo na bambanda », elle serait en train de jeter une tomate pourrie sur chaque visage de rivale à tour de rôle. À ce moment-là, le mari rentrerait à l’improviste, la surprendrait et resterait bouche bée ! Nos musiciens ont beaucoup d’imagination. Ne me dites pas qu’on ne peut pas faire un petit film rien qu’avec le thème de cette chanson ? « Ngo oh ! Congo na biso, babeti mindule batondi mayele! »

Pour ce qui est des thèmes des chansons et de leur contenu, vous ne pouvez vous imaginer combien je suis fier d’être Congolais en entendant chanter « Opepi ngai kitambala » (Ofela), « Mela lemba-lemba » (Fifi nazali innocent) , « Ebele ya basi Nzambe asala na mokili, bino molingi se Kadima », « Natangi ba plafonds na ngonga ya minuit » (Mbawu) etc. Ça, ça fait l’originalité et la richesse de notre culture à nous !

Si je voulais parodier certaines grosses gueules, je m’exclamerais : « Tala miziki ya mboka na biso ! Meka ko copier okangama ! »

La qualité technique de cet enregistrement aussi est bonne. Il y a eu, par moments, des sifflements suite à de l’interférence de micros. Les images prises à contre-jour sur les projecteurs affectaient quelquefois l’image mais sans grands dommages. En général, ce fut du bon travail.

 

Enfin, à tout seigneur, tout honneur ! Notre jeune ami Yves Kambala mérite des ovations debout pour avoir eu l’idée géniale d’organiser cette soirée combien historique ! J’espère qu’il honorera d’autres artistes ! Bravo !

Bravissimo !

 

Merci à tous et à demain !

 

LUTUMBA SIMARO

 
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