Barack Obama, Nicolas Sarkozy, Hu Jintao; Le Bon, le Truand et la Bête.
Le Bon, la Brute et le Truand.
Depuis que le monde a découvert ses immenses richesses, la République Démocratique du Congo est devenue un véritable Eldorado où se sont donné rendez-vous toutes sortes d’individus comme au temps de la conquête de l’Ouest américain. Bons, méchants et aventuriers, tous essayaient de se faire la malle. Pour une poignée de dollars, le régime Mobutu, qui était au pouvoir, a fermé les yeux.
Aujourd’hui, le pays ne cesse de déferler la chronique à cause des fléaux qui y sévissent dont la famine, les épidémies et la guerre pendant que des «cow-boys» se disputent les mines d’or, de diamant, de cobalt, d’uranium, de cuivre et autres, ainsi que le mercure, le pétrole et j‘en passe.
Dans un climat aussi explosif, même ceux qui sont de bonne foi et veulent proposer des solutions pour sortir ce pays de sa crise permanente risquent d'y perdre leur latin et de mal paraître. J’ai suivi quelques bribes de la visite du président français Nicolas Sarkozy en Afrique centrale, notamment en République Démocratique du Congo, le 26 mars 2009. Je me souviens qu’il n’y a pas longtemps le même Sarkozy a suscité la controverse voire même l’ire de certains nationalistes congolais, dont Honoré Ngbanda, au point qu’il a dû faire une mise au point qui n’a rien clarifié du tout. Son concept de «partage des ressources» n’a convaincu personne. Nous, qui avons vécu sous l’ère coloniale, à l’époque de l’existence du «Congo Belge et Rwanda-Burundi», savons pertinemment que Rwanda ne possède pas de monnaie d’échange qui lui permette d’échanger ses ressources avec la République Démocratique du Congo. Allons donc!
Au moment où de grands penseurs s’évertuent à proposer des solutions, de nouveaux «envahisseurs» sont déjà à l’œuvre. Il s’agit des Chinois. Dans une entrevue accordée à une radio locale, parue sur Internet sous le titre RDC: Pourquoi l'aide de la Chine inquiète les Congolais ? – Freddy Mulongo, un homme politique que j’ai connu jadis quand il était footballeur au temps des anciens Léopards qui ont affronté notamment le F.C. Santos du roi Pelé, dresse un portait détaillé de la Chine et de son peuple. Il n’a pas tout à fait tort notamment lorsqu’il affirme, je cite : «Même s'ils ne se mélangent pas avec les Congolais, la présence des Chinois est très discrète en République Démocratique du Congo. Ils vivent entre eux, mangent les produits venant de la Chine, se promènent en groupe»
J’ai moi-même fait partie d’une délégation officielle qui, conduite par le Ministre Mokolo wa Mpombo, a visité la Chine d’un coin à l’autre pendant un mois en 1978. Nous avons même été reçus par le Premier ministre de l’époque en personne, M. Den Xiaoping. La Chine s’ouvrait tranquillement au reste du monde. Et, depuis que je vis en Amérique du Nord, j’ai croisé et même fait des affaires avec des Chinois. Les temps ont changé, la Chine et les Chinois aussi. Ce que j’admire chez ce peuple, c’est le fait qu’il soit travailleur, honnête et aussi «discret» comme le stipule l’auteur. Que nous les traitions de peu bavards, c’est normal. Tout nous différencie d’eux: la couleur de la peau, les yeux, les cheveux, la langue, l’écriture et la culture.
Personnellement, je ne suis pas contre la présence des Chinois en République Démocratique du Congo. Ce sont des gens de bonne volonté qui essaient de survivre à leur manière et profitent actuellement de la mondialisation pour se trouver de nouveaux horizons et espaces vitaux. Avec tous ces milliards qu’ils sont, la Chine aurait été vite étouffée s’il n’y avait pas ces débouchés à l’étranger. Il n’y a pas de mal à cela. Tous les peuples du monde ont chacun sa diaspora. Nous sommes nous-mêmes de ceux-là.
Le hic avec les Chinois, c’est qu’ils vous transforment l’environnement en un tour de main. À Montréal, ils ont monopolisé le commerce au détail dans certains quartiers
comme le quartier chinois et l’arrondissement Verdun. Ils ont racheté la plupart des dépanneurs, une sorte de boutiques où se vendent toutes sortes de marchandises principalement des aliments et des boissons. Quand ils ont mis les pieds quelque part, ils y restent et on n’en ressent.
Je pense que les Chinois qui investissent en République Démocratique du Congo peuvent se montrer très utiles pourvu qu’on leur définisse des champs d’activités.
Qu’ils ouvrent des magasins de vente en gros ou en demi-gros, cela pourrait servir. Par contre, le commerce de détail doit demeurer la chasse gardée des Congolais. Il fait vivre des millions de familles dans un pays où la majorité des habitants vivent pratiquement au seuil de la seuil de pauvreté. Il y en a même pour qui il constitue la seule source de revenu. Rappelons-nous le fameux «article 15»: «Sa ngolo zaku» Voilà pour rassurer ceux qui ont peur du Péril jaune ( La revue des ressources : Le Péril jaune.
Venons-en à présent à un autre sujet qui fait la «Une» de l’actualité : la sécurité.
J’ai lu un article intitulé A l'inverse du « Plan Sarkozy » : Obama refuse la balkanisation de ...«Si vis pacem, para bellum» disaient les Romains de qui nous avons appris la politique, le droit, la rhétorique et bien d’autres choses. On a souvent reproché à certains pays de posséder l’arme nucléaire. Comment lutter contre «le terrorisme d’État» sinon en se dotant des moyens adéquats pour décourager ceux qui veulent nous attaquer ? On a rapproché à certains pays d’avoir acquis ou développé l’arme nucléaire. Pourquoi leur en vouloir si c’est dans le seul but de décourager des voisins prédateurs et sans scrupule ? Pourquoi certains pays ont-ils le droit de disposer de leur arme nucléaire et d’autres pas ? N’est-ce pas là deux poids et deux mesures ? Je suis parfaitement d’accord qu’on interdise à qui que ce soit de s’en servir comme moteur de guerre mais si c’est à titre préventif, je n’y vois personnellement pas de mal. Si Mobutu s’était préparé en conséquence, le petit Rwanda se serait bien tenu à distance. Je ne dis pas qu’il aurait dû acquérir l’arme nucléaire. Je dis simplement que s’il avait disposé d’une véritable armée et n’avait pas été trahi, selon certaines sources, par ses propres officiers supérieurs, on n’en serait pas là aujourd’hui. Le président Barack Obama a donc parfaitement raison Digitalcongo.net 3.0. La République Démocratique du Congo, cette «gâchette du revolver» de Franz Fanon»- voir Africiné, dont Mobutu avait la manie de nous rabattre les oreilles, a besoin d’une armée forte et, puisque celle-ci a cessé d’exister, il faut la réformer et la doter des moyens nécessaires. La République Démocratique du Congo n’a jamais été considérée comme étant un État terroriste. Je ne la vois donc bomber son torse, une fois bien équipé, pour brandir voire étaler soudainement ses armures de guerre.