Dieu voit tout.
« Mbongo na ngai bana ya mike basilisi » (les jeunes ont dépensé tout mon argent). C’était feu Luambo Makiadi qui en voulait aux « petits poussins », amants de sa femme, les mêmes petits poussins décriés dans « Muana nsusu » du groupe Salongo dont l’idée originale et le synopsis m’appartiennent. Ceux qui ont parcouru mon site web « vieuxvan,com » savent que, à 8-9 ans, j’ai incarné un petit poussin dans une pièce rudimentaire de théâtre scolaire intitulée « Nsuesue a nsusu a mpembe » (NDLR Il faut dire plutôt poulet car « nsuesue » en langue kikongo signifie poulet alors que poussin se traduit par « muana nsusu »), une pièce éducative analogue à « la Cigale et la fourmi » de Jean De la Fontaine. Moi, j’étais la fourmi travailleuse, infatigable, planificatrice, prévoyante, alors que mon vis-à-vis, le poulet noir, lui, vivait comme la cigale de la fable: paresseux, complaisant, étourdi: un sans souci, quoi !
L’auteur compositeur et guitariste Simaro Masiya Lutumba a chanté un jour « Verre cassé » Il a juste fait sien ce vieux dicton « Verre cassé sans réparation »(Un vase ou verre est brisé est irréparable) Dans la chanson précitée, il s’agissait justement d’une épouse étourdie, qui avait délaissé son mari tambour battant pour s’en aller aux bras d’un autre soupirant. Lorsqu’elle a compris qu’elle s’était jetée dans la gueule du loup, l’ex-mari s’était entre-temps remarié. Délaissée, elle agonisait à l’hôpital. Personne ne pouvait, hélas, faire quelque chose pour elle !
Verre cassé ! Les Kinois adorent les sobriquets. Certains ont vu leurs noms déformés. Ainsi Ndungidi est devenu Ndoungle, Kasa-Vubu… Kassam, Kabasele… Kallé, Muya …De Mouillard, Mbala…Ambard…Nzuzi…De Nzu, etc. D’autres doivent leur surnom à leur physique : De Mokuse… ou Nseku Bwengu… (petit de taille) ; De Molayi (grand de taille) ..Bourreau (gros), etc. D’autres encore, ont été surnommés par rapport à leur réputation: Kasongo, Mampuya (mauvais payeur), Abeba (Bon à rien), Mongali ou Mario (qui se fait entretenir par une femme), Ma Hélé (femme infidèle), Mukala (émissaire d’un dragueur), Alinga (cupide), Wouyeur (escroc), Bulawayo» (pute), Movila ou Mowuta (villageois) Mapeka (prétentieux), Mbendre ou Yuma ou Swamayi ou Swapant (connard), mofiti (traître), etc. Cela va plus loin. Les Africains aiment imiter. Alors, des Kinois se sont autoproclamés qui Fédérer, qui Pelé, qui Maradona, qui Muhammad Ali. Un homme fort, lui, se fait passer pour un « gang » (abréviation de gangster), même s’il n’est pas un hors-la loi, ou encore « yankee » (à prononcer « yanké » Dans cette catégorie apparaissent des noms de célèbres politiciens: Washington, Bill Clinton, Kissinger et surtout ceux d’acteurs ou de héros de films: James Stewart, Buffalo Bill, John Wayne, Gary Cooper, Kirk Douglas, Rambo, Charlot, Superman, Bruce Lee, Jackie Chan, Kojac, Columbo, J.R., Indiana Jones, Steve Austin, et j’en passe. Le surnom « Verre cassé » s’inscrit vraisemblablement dans le même ordre d’idée.
Le hic avec les gens qui se confient dans leurs muscles, c’est qu’il ne sont pas tellement doués pour l’activité intellectuelle. En langage québécois, on dirait « ils ont le cerveau où la poule a l’œuf » C’est vrai qu’il n’y a pas de sot métier. Moi, je pense que chacun, dans sa profession, dans sa spécialité, peut se surpasser. Qu’on fasse du sport, qu’on œuvre dans les affaires, les arts, la cybernétique ou qu’on soit un policier, un éboueur ou un chauffeur d’autobus, on peut attirer sur soi les projecteurs. Il faut savoir exploiter ses talents. Dieu a dit : « Multipliez ! Développez ! »
Ils sont légion les gens qui vivent au jour le jour, attendant les mannes du ciel, comme des poules et des oiseaux. Pour eux, à chaque jour suffit sa peine, en référence à Matthieu 6:25-34. ( Pauvre Jésus ! C’est vrai que les gens n’ont pas toujours saisi le sens de ses paroles et proverbes !) Lorsque survient une tuile ou un cas non conforme, les voilà qui paniquent et cherchent des boucs-émissaires pour se sortir de l’impasse. Personnellement, je n’aime pas recoller les pots cassés des autres surtout lorsque je les ai prévenus en temps et lieu et qu’ils ont fait la sourde oreille. Une autre classe des gens est citée dans Jacques 4:1-3. Ceux-ci s’acharnent à calomnier et dénigrer les autres. À chacun son destin! Et ne jugeons pas par les apparences ! Si d’aucuns investissent à court terme, d’autres le font à long terme et travaillent avec acharnement, loin des regards. Ils savent attendre patiemment leur tour. Ne les confondons surtout pas avec les fainéants ! Les tulipes sont saisonnières ; les baobabs, eux, vivent très vieux. Avez-vous entendu parler du code secret de la Bible ? Dieu a mentionné dans le Livre sacré des noms de grands personnages de l’Histoire ainsi que tous les grands événements qui ont marqué ou vont marquer celle-ci. Il existe deux camps d’élus: ceux de Dieu d’une part (Romains 8.29-30) et ceux du diable (Jude 4-16) d’autre part. Ce dernier l’a lui-même rappelé à Jésus lorsqu’il le tentait dans le désert en lui disant : « Il est écrit ! »
Je me souviens de Marcel Kuyena Muzita Banzadio, ce griot congolais respecté de sa génération. Chaque fois qu’il me rencontrait en public, il avait coutume de faire le signe de la victoire avec son majeur et son index levés, et il me disait : « Les nuages cherchent à cacher le soleil mais celui-ci finit par percer quand même » C’était bien cogité! Il n’était pas fou, le gars !
Le hasard n’existe pas (Madenda Kiese et Luzolo Puati- Congoline- culture-cinéma) Une chanson de l’époque coloniale me revient à l’esprit : « Kalaka na bureau monene…Motindo nini na kalaka na yo, elamba ya kokufa…zonga e, zonga e, soni mingi » N’imitons ce commis colonial visé par cette chanson, qui menait une vie de routine, monotone, usant ses fonds de culottes, enfermé dans un bureau, en attente de sa retraite, et se transformait en ivrogne et colporteur les fins de semaine. De grâce, laissons ceux, qui ont un but dans la vie et qui sont réputés des génies, poursuivre l’œuvre de Dieu. Les artistes ne meurent jamais tout à fait. Charlie Chaplin, Marilyn Monroe, Elvis Presley et Franco Luambo Makiadi. Ça vous dit quelque chose ? Vouloir tuer des talents c’est défier la Parole de Dieu, indélébile et irrévocable; c’est déclencher sa colère (Jean 3 :15-21) Inspirons-nous de Psaumes 105:15 « Ne touchez pas à mes oints et ne faites pas de mal à mes prophètes ! » Ne nous abusons donc pas ! Car Dieu voit tout !