Rome n'a pas été bâtie en un jour.
ROME N’A PAS ÉTÉ BÂTIE EN UN JOUR.
C’est avec une indicible joie que je viens de lire l’article dont le titre ci-dessous à propos du retour de la télé-série July et Ngoy.
Le Groupe Avenir
vendredi 25 septembre 2009
« Tatu et Mamu » ou le retour de « July et Ngoy »
J’ai entendu parler de cette série qui fut réalisée par Tshitenge N’Sana à l’époque. Je me trouvais déjà à l’étranger mais les commentaires de ceux qui l’ont suivie à la télé ont été favorables.
Cependant, ne l’ayant pas regardée personnellement, je ne puis émettre un jugement de valeur ni présumer du succès escompté avec la nouvelle version « Tatu et Mamu » S’agit-il d’un film pour le grand écran ? Je crois que non. Avons-nous affaire à un téléfilm ou à une série télévisée ou à un feuilleton télévisé ? Les exigences en matière de taille de financement vont devoir dépendre de la réponse à ces trois questions.
Voici ce qui se passe ici en Amérique du Nord. Les productions qui exigent des décors hors studio, peu importe qu’elles soient tournées en intérieur ou en extérieur, coûtent très cher. C’est pourquoi, les distributeurs préfèrent que ces films soient produits par des producteurs indépendants ; d’ailleurs ces derniers bénéficient de subventions gouvernementales et de crédits d’impôts pour alléger leur fardeau, sans compter les commandites. Les diffuseurs reçoivent alors un produit fini qu’ils diffusent sur leurs antennes sans rien débourser. Ils s’arrangent, il va de soi, avec les producteurs pour le partage des profits découlant des annonces publicitaires et autres formes de promotion. Par contre un distributeur peut produire lui-même ses séries. Disposant déjà de ses propres studios et de techniciens salariés de l’entreprise, il n’aura plus qu’à payer les cachets des comédiens, ce qui lui revient beaucoup moins cher.
Examinons, si vous le voulez bien, chacun de ces trois scénarios.
Le téléfilm est une production audiovisuelle destinée à être diffusée à la télévision. Produit par un studio de télévision et non par un studio de cinéma, le téléfilm a une durée supérieure à 60 minutes. Il raconte une histoire complète qui se suffit à elle-même. Les téléfilms sont généralement tournés en vidéo - désormais numérique- dans divers décors intérieurs et extérieurs.
Les téléfilms sont donc des films comme ceux qui sont projetés sur le grand écran à la seule différence qu’ils sont tournés sur vidéo et pour le petit écran.
C’est une formule à écarter momentanément car elle coûterait trop cher.
La série télévisée est une œuvre composée d'épisodes construits autour d'éléments communs (personnages, décors et/ou thèmes récurrents), conçue pour être diffusée à la télévision et où chaque épisode raconte une histoire indépendante (exemples : Mission impossible, Columbo, K.2000, Les Mystères de l’ouest) Les séries peuvent être filmées en vidéo, c’est le cas des téléfilms nigérians, comme elles peuvent l’être aussi en studio : Les productions ivoiriennes que j’ai pu visionner campent surtout dans cette catégorie, un peu comme le Théâtre de Chez-Nous à l’époque. C’est une formule qui tient et qui nous est familière.
Le feuilleton télévisé ou téléroman est une sorte de série télévisée à la seule différence que chaque épisode est la suite du précédent. (exemples : Dynasty, Dallas, Place Melrose) « Muana Nsusu » et « « Tatu et Mamu » se situent dans cette catégorie.
Il suffit que le diffuseur accepte de produire lui-même cette série. Cela réduirait considérablement les frais de production, Dans ce cas, avec l’implication déjà acquise de la Brakin, de la Trust Merchant Bank, de la Sokyn, il y a juste à trouver quelques sous-commanditaires de publicités indépendants ainsi que quelques institutions publiques et tour est joué.
Je salue au passage Kalimasi, le réalisateur, qui fut un collègue, tout comme sa sœur Mbungu Tshibangu, l’animatrice et journaliste ainsi que son jules Kasongo Mwema que j’ai connu lorsqu’il a eu son diplôme de l’ISTI et qu’il a débuté en qualité de journaliste et commentateur sportif. Je crois avoir appris qu’il est actuellement professeur en France. C’est pour l’honneur et le prestige de notre pays. Quant à son épouse, je l’ai rencontrée pour la dernière fois en 1983 à Paris où elle était venue suivre un stage pour le compte de Télé-Zaïre. J’ai aussi connu jadis de réputation leur père, le vieux Mbungu, fondateur et éditeur du journal « La Présence congolaise », qui fut un des meilleurs journalistes du pays et qui n’a pas eu la vie facile du temps de Mobutu du fait qu’il faisait très bien son travail.
Je souhaite que ce projet puisse connaître un grand succès. Mais je souhaite qu’on puisse aller plus loin. Notre pays vient de prouver, avec l’éclosion de postes de télévision et de stations de radiodiffusion, que trouver du financement n’est pas chose impossible. Je viens de vous parler des producteurs indépendants d’ici qui s’arrangent eux-mêmes pour produire leurs propres films, bénéficiant de subventions, prêts bancaires et commandites. Je crois que c’est une des solutions à entrevoir pour que nos productions ne se limitent seulement pas à la télévision et que, avec le temps,
elles puissent pas à pas se frayer un chemin vers le grand écran, en passant – pourquoi pas- par les téléfilms. Ne dit-on pas, en effet, que « Rome n’a pas été bâtie en un jour » ?
endanceJe suis convaincu qu’il va ouvrir de nouveaux horizons à nos cinéastes. Avec le temps, les gens vont se rendre compte que, avec de la bonne volonté et de bonnes idées, tout est possible. Ne dit-on pas, en effet, que « Rome n’a pas été bâtie en un jour » ?