Combattons la prostitution en Afrique!Combattons la prostitution en Afrique Sacha Distel - Monsieur Cannibal À la veille de la Coupe du Monde de football qui se déroulera bientôt en Afrique du Sud,
Sacha Distel - Monsieur Cannibal
À la veille de la Coupe du Monde de football qui se déroulera bientôt en Afrique du Sud, la controverse refait surface à propos du rôle conféré aux femmes dans les mœurs africains.
Il faut croire que les autorités sud-africaines veulent faire d’une pierre deux coups. Pourquoi ne pas se faire un peu la malle pour renflouer les caisses de leurs finances publiques ?
Cette histoire remet sur le pavé le phénomène de la prostitution en Afrique. J’ai déjà expliqué en quoi consiste la prostitution dans la ville de Kinshasa. Chaque pays a ses raisons et ses pratiques. Mais, peu importe où l’on se trouve, l’Afrique se complaît bien dans la prostitution officielle ou déguisée. Voici un aperçu de ce qui se passe au Maroc.
La face cachée de la prostitution au Maroc
Nos ancêtres, on le sait, ont considéré l’homme comme étant supérieur à la femme. Ce n’est pas pour rien que, dans de nombreuses sociétés africaines, le futur mari est contraint de payer une dot. En cas de divorce, certaines familles de garçons exigent qu’on leur rembourse l’argent de la dot. Personne ne s’est jamais questionné non plus sur ce qui pousse beaucoup de chefs coutumiers à avoir beaucoup de femmes. Il paraît que c’est une preuve de richesse (sic) Dans mon village d’origine, les hommes, peu importe leur statut social, ne prennent qu’une seule femme. Il y a déjà eu des gens mariés à une deuxième femme pour deux raisons principales : soit parce que la première femme était stérile, soit pour cause de sorcellerie décelée chez la première épouse. Dans ce dernier cas, la seconde femme était souvent la fille ou la nièce d’un homme plus puissant que le protecteur de la première femme reconnue sorcière. Ainsi, l’homme se faisait désormais protéger surnaturellement par sa seconde belle-famille. Mais, dans tous les cas, toutes ces unions devaient être officialisées. Je le répète : c’était des cas très rares et isolés. J’ai même connu une fille qui avait choisi de devenir une prostituée professionnelle. Elle avait quitté le village et vivait à Kimpese où elle avait pris un logement non loin du bar « Gérard Kiakumba » Elle y allait offrir ses charmes aux commerçants et hommes de passage et c’était connu de tous. Quand elle venait au village, personne ne lui en voulait. Elle avait même le béguin pour moi. Si vous aviez vu la réaction de mes parents ! Il fallait que je m’éloigne d’elle comme la peste !
Reportons-nous à présent en milieu urbain. Certains Africains prétendent que la monogamie nous est venue de l’occident. Notre société l’a acceptée et adoptée presque malgré elle. Ainsi, beaucoup de personnalités africaines n’hésitent pas à se prendre une, deux ou plusieurs épouses. Il n’y a jamais eu de procès pour infidélité maritale, ce qui n’est pas le cas pour la femme légitimement mariée.
Chez certaines tribus africaines, lorsqu’on reçoit un ami, pour lui témoigner notre attachement, on lui cède l’une de ses femmes ou on lui fait apporter une femme pour qu’il ne passe pas sa nuit dans la solitude.
Mobutu était champion de cette pratique, paraît-il. Des politiciens occidentaux de passage à Kinshasa sans leur épouse lui en étaient très reconnaissants, raconte-t-on.
Il ne faut donc pas s’étonner outre mesure que les autorités sud-africaines poussent leur zèle en matière d’hospitalité jusqu’à permettre aux hôtes de la Coupe du Monde de joindre l’utile à l’agréable en passant
des nuits chaudes et agréables, comme dans le film « Les mille et une nuit érotiques »! Ainsi ont-elles décriminalisé la prostitution à la veille de ce grand événement sportif.
Toutefois, l’Afrique du Sud n’est pas le seul pays où se pratique officiellement la prostitution, comme l’a constaté Afrik.com.
Prostitution déguisée - Afrik.com : l'actualité de l'Afrique noire ...
Un des présidents, reconnu pour son bon sens, le président Thomas Sankara, a admis avec euphémisme que la prostitution était le fruit des injustices sociales. On en revient toujours au même mobile : la pauvreté.
Thomas Sankara écrit au congrès mondial des prostituées (octobre
La prostitution devient même une monnaie d’échange incontournable, dans certains cas, pour résoudre des problèmes économiques, tel est le cas de ces femmes commerçantes du Kenya, obligées d’offrir leur corps pour une poignée de poissons. « Ventre affamé n’a point d’oreille »
Grand reportage Afrique : "Kenya : la prostitution pour du poisson"
Au Cameroun, la prostitution est devenue, paraît-il, une sorte de tourisme. Les autorités laissent faire. Les touristes étrangers n’en demandent pas mieux.
Prostitution : Welcome to Africa ! - AgoraVox le média citoyen
À une époque où les maladies transmissibles sexuellement sont en vogue, les autorités africaines devraient faire bien attention pour mettre la population et même les touristes à l’abri du sida et d’autres maladies vénériennes. Regardez ce qui se passe au Maroc.
Maroc : 43% des prostituées n’utilisent pas de préservatifs
L’Afrique a un grand besoin de changement. L’égalité entre l’homme et la femme est loin d’être effective. C’est vrai que de plus en plus de femmes prennent leur place et font preuve d’un incontestable leadership. Mais les préjugés n’ont pas encore tout à fait disparu des mœurs. Le complexe de supériorité des hommes hérité des ancêtres continue à faire mal à la femme africaine. La pauvreté qui sévit dans plusieurs pays empêche d’une part bien des filles à s’instruire et force d’autre part d’autres filles à user de leur corps pour obtenir certaines faveurs. Si les filles non scolarisées courent les rues et les boîtes pour se faire remarquer des hommes, celles qui graduent à l’université ou dans des entreprises le font parfois à la sueur de leur sexe.
Je vis au Canada, un pays très développé où l’homme et la femme sont pratiquement égaux, sauf quelques cas d’inégalité non criarde. Mais, ici, il existe des programmes qui permettent aux femmes de se trouver plus facilement un emploi. Ici, les métiers cléricaux, ceux de caissières de banques et grandes épiceries, celui des entreprises et associations à but non lucratif emploient plus de femmes que d’hommes. Qui plus est, des programmes comme l’assurance chômage et l’assurance emploi prennent charge de celles qui perdent leur emploi ou mettent du temps à se recaser quelque part. Cela leur permet donc de survivre pendant les périodes de vaches maigres. Si ces programmes n’existaient pas, ce serait la même situation qu’en Afrique.
J’ai déjà prôné, dans le cas de Kinshasa, de décentraliser la ville et de doter les communes d’infrastructures autonomes qui leur permettraient de se développer davantage. J’ai déjà suggéré d’ouvrir des écoles de métiers dans chaque commune pour des infirmières, des caissières, des monitrices, des secrétaires, des réceptionnistes, des couturières, des vendeuses et autres, d’y créer des places commerciales regroupant des succursales de banques, des épiceries, des pharmacies, des garderies, des salons de beauté et de coiffures, des boutiques de vente de chaussures, disques, bijoux, montres et autres. Voilà des occasions de créer des emplois et de permettre aux femmes se voir valorisées et de gagner honnêtement leur vie !
J’espère que, dans le cadre de la coopération internationale, un grand projet de ce genre pourra voir le jour. Les associations de défense de la cause des femmes devraient insister pour la réalisation d’un tel projet.
C’est vrai qu’il y aura toujours de prostituées professionnelles qui le seront par choix personnel, mais beaucoup de jeunes filles, qui l’auraient fait comme jadis par nécessité, pourraient désormais l’éviter en se trouvant un emploi stable et à leur goût !
Il nous faut absolument explorer toutes les pistes de solutions pour combattre la misère, si nous voulons que nos fils et filles retrouvent leur dignité !