Eh! Bandibu ye lulendo!
Les dernières dépêches que j’ai lues sur la situation au Bas-Congo tournent autour de deux événements, à savoir la situation des refoulés des deux côtés de la frontière avec l’Angola et la démission de François Kimasi, président de l’assemblée provinciale.
Je n’aime pas tellement aborder les sujets politiques parce que ce n’est ni mon domaine de formation ni celui de ma profession ni ma passion. Ceux qui me connaissent savent que je ne suis ni tribaliste ni régionaliste. La plupart de mes copains, quand j’étais au pays, appartenaient à des ethnies et provinces diverses. Je n’ai pas changé depuis. Bien au contraire ! Tout en demeurant nationaliste, j’ai élargi le cercle de mes amis. Ils viennent pratiquement de tous les continents. Cependant, je ne renierai jamais mes origines !
Si j’aborde ce sujet, c’est subséquemment à mes articles dont « Les irréguliers de Brazza » et « Piraterie, la pandémie du siècle »que j’ai écris sur les relations de bon voisinage qui devraient exister entre nos pays liés depuis des siècles par des frontières, des langues et coutumes communes. La situation des refoulés des deux pays me fait beaucoup de peine.
J’ai lu que l’usine de la Sucrerie de Kwilu Ngongo avait fermé ses portes pendant deux jours à cause de cette situation. Sans être xénophobe, je me demande cependant pourquoi l’usine n’employait ou n’emploie-t-elle pas suffisamment de Congolais pour éviter ce genre de situation ? Combien sont-ils de chômeurs au Bas-Congo et même à Kinshasa qui pourraient travailler dans ces plantations de cannes à sucre ? Si la République Démocratique est un scandale géologique, la province du Bas-Congo en est autant.
Selon Wikipédia :Sa spécificité économique tient à une diversité considérable :
- Énergie électrique : barrage d'Inga, centrales de Tsango et de Zongo
- Produits agricoles et autres : riz, manioc (fufu), sisal, fibres, sésame, canne à sucre, bois, légumes, élevage, huile de palme, arachide, banane, caoutchouc, etc.
- Productions minières : pétrole et existence de gisements considérables de différents minerais non exploités
- Productions industrielles :
- Production artisanale : bière…
Ce n’est pas tout. Dans le Bas-Congo, nous avons aussi des gisements d’or, de fer, de bauxite, de manganèse et du mercure jusqu’ici non exploités. Il y a aussi, bien sûr, le chemin de fer Kinshasa-Matadi. À vrai dire, le Bas-Congo aurait dû être une des provinces où le chômage, la pauvreté et la famine seraient absents du vocabulaire !
Je me souviens que, dans mon enfance, lorsque je passais une partie de mes grandes vacances dans le grand village de mon père retraité, je n’ai jamais manqué de rien au plan alimentaire. Comme je l’ai dit dans mon article intitulé « Soir au village », nous avions un célèbre marché tropical où les commerçants en provenance des villes venaient s’approvisionner en produits agricoles, vivriers, fauniques et autres. Ceux-ci affluaient de tous les villages voisins. Le matin, quand je me levais, je n’avais qu’à faire quelques pas dans la forêt qui entourait notre village pour trouver un fruit ou des fruits murs quelconques tombés d’eux-mêmes. Dans cette même forêt poussaient des champignons et autres aliments sauvages. À l’époque, le fameux arbre aux feuilles « mfumbwa » s’étendait pêle-mêle partout et, comme chez-nous, à la différence des Bandibu de Mbanza-Ngungu, des Besi Ngombe et des ressortissants de la Lukaya, les gens ne le savaient pas comestible, personne ne s’en souciait jusqu’à ce que les commerçants de la ville le découvrent, en achètent et nous apprennent ses vertus gastronomiques.
Les élus nationaux et provinciaux du Bas-Congo devraient se battre pour défendre les intérêts de leur province plutôt que de se voir impliqués dans des scandales comme celui de François Kimasi, un des anciens du Collège de Mbansa-Mboma qui, si mes souvenirs sont bons, était de la même promotion que maître Nicolas Bayonne alias Bayona ba Menga, ancien président de la Cour suprême de justice qui, en tant que chanteur ténor, faisait partie entre autres avec José Mayidika Nimy (soliste), François Vangu (guitariste accompagnateur) et moi-même (compositeur et chanteur 2ème voix) de l’orchestre « JE.CO.MBA » (Jeunesse du Collège de Mbansa-Mboma ». Le peuple mukongo n’est pas reconnu voleur et François Kimasi m’a toujours donné l’impression d’un gars intègre. Je ne vais pourtant pas me faire l’avocat du diable, n’étant vraiment pas au parfum de la situation. Je me rappelle la dernière fois que j’ai croisé François Kimasi, alors secrétaire d’État, je crois, ce fut dans l’antichambre du bureau du colonel Bolozi où je me trouvais en compagnie de Jean-Claude Tambwe, un copain, époux de l’une cousines du président Mobutu. Le couple habitait à Lemba et c’est là que j’ai souvent rencontré quelques enfants du président, qui se disaient être mes fans, ainsi que la sœur jumelle de maman Bobi Ladawa.
J’espère que la saga François Kimasi va trouver un heureux dénouement. Je réitère mon invitation aux élus du Bas-Congo de revendiquer les droits de nos populations longtemps demeurées passives. Je ne peux pas comprendre que cette province, avec ses trois centrales hydroélectriques, ne dispose même pas de l’éclairage ne fût-ce que public dans ses villages ! Voici, en tout cas, un article qui en dit long.
UDPS ONLINE
| 2009-09-26 19:30:55 |
| "Nous produisons de l'électricité, mais nous gérons l'obscurité. Nous avons de grandes sources d'énergie électrique, mais seulement 20 pour cent de la population a accès à l'électricité parce qu’une grande partie de l'énergie est vendue à des pays étrangers". Ces propos sont de Georges Bokundu, qui travaille pour la 'Open Society Initiative for Southern Africa' (Initiative de la société ouverte pour l’Afrique australe - OSISA) en République démocratique du Congo (RDC). Il a ajouté : "Les populations dans la région de Bakongo ont vu des lignes électriques en train d’être posées. Ces lignes passent au-dessus de leurs têtes. L'électricité ira au Congo Brazzaville, en Zambie et au Zimbabwe. Pendant tant d'années, elles ont vu ces lignes électriques, mais elles n'ont jamais vu une ampoule électrique allumée". |
Je l’ai dit et le répète : Je n’aime pas m’ingérer dans la politique mais après tout le Bas-Congo est ma province d’origine et lorsqu’une injustice flagrante est commise, peu importe la province et le coin du pays, je me sens en devoir d’exprimer mon point de vue et de demander que réparation soit faite. Le Bas-Congo mérite un meilleur sort et surtout qu’on arrête d’y appliquer la soi-disant Loi Bakajika. On est en train de mettre le feu aux poudres ! Les Bandibu sont les Budja du Bas-Congo !
Ce n’est pas pour rien que les tenanciers de tabagies européennes d’origine arabe se sont vus coller le sobriquet de « bandibu » Je me souviens vaguement d’uns chanson qui passait souvent sur les antennes de Radio Congo du temps de mon enfance :
Eh ! Bandibu ye lulendo eh ! Mama. Eh ! Bandibu ye lulendo. Ka mambu ko eh !