Haïti sous les décombres.

Publié le par Vieuxvan

Haïti sous les décombres

 

La nouvelle est tombée comme un couperet hier soir. Haïti est en ruines ! Il a suffi d’une seconde et un peu plus pour qu’une ville comme Port-au-Prince, qui compte plus de 2 millions d’habitants, se change en hécatombe, à la suite d’un tremblement de terre de magnitude de 7 sur l’échelle de Richter, qui a surpris tout le monde. Des bâtiments effondrés, des morts par milliers, les communications coupées, des blessés gisant encore sous les décombres dans une ville où régnait l’obscurité totale, faute d’électricité. C’était l’horreur hier à Port-au-Prince, du jamais vu depuis 200 ans ! Comme s’il y avait eu un bombardement !Haïti: le bilan s'annonce lourd

 

Imaginez-vous, vous retrouvant à la Place de la Victoire ou sur le boulevard du 30-Juin, errant parmi d’autres sinistrés inconnus,  impuissant, affamé, assoiffé, fatigué, n’ayant ni argent ni téléphone, n’apercevant ni taxi, ni autobus, ne sachant où aller,  au milieu de tas de ruines, morts et blessés, à la recherche de vos enfants ou de vos parents, redoutant qu’ils soient morts, sachant qu’ils sont encore peut-être coincés sous les débris, blessés, suffoquant, luttant entre la vie et la mort ! Quel drame horrible !

 

Telle est la scène qui s’offre à Port-au-Prince, la capitale d’Haïti. Les secours s’organisent. L’O.N.U., l’Union européenne, les États Unis, le Canada, la France

Et d’autres pays sont sur un pied d’alerte. Le président Obama  a envoyé immédiatement des secours sur les lieux.

 

Le Canada a promis d’envoyer de l’aide. Mme Michaëlle Jean, Gouverneur générale, elle-même d’origine haïtienne, n’a pu retenir ses larmes. Elle invité la communauté internationale ainsi que la diaspora haïtienne à  se porter au secours des sinistrés.

C’est la désolation et l’inquiétude au sein de la diaspora haïtienne. Les communications étant très difficiles, beaucoup de ressortissants rongent leur frein, étant sans nouvelles des leurs demeurant en Haïti. À la télévision et dans les tribunes radiophoniques, ils ne tarissent pas de commentaires et manifestent leur solidarité ainsi que leur mobilisation.

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Haïti : la diaspora inquiète organise l'aide

 

En attendant, le pauvre peuple haïtien doit se débrouiller pour sauver des âmes et les meubles. J’ai vu des journalistes et commentateurs canadiens commenter l’événement ainsi que des ressortissants d’Haïti ajouter leurs voix mais à aucun moment je n’ai aperçu le président du pays éprouvé ni l’un de ses ministres prendre la parole ni en direct ni par téléphone. Pourtant, nous avions des photos prises sur place et, grâce au téléphone cellulaire, certaines personnes victimes du sinistre ont pu communiquer avec le Canada entre autres.

 

Ces dernières années, Haïti n’a pas été épargné par les catastrophes naturelles. Il a été victime d’ouragans et d’inondations qui ont fait des centaines de morts ainsi que plusieurs dégâts. Je me demande pourquoi le mauvais sort d’y acharne.
D’aucuns prétendent qu’il est puni à cause de la pratique du vaudou ou que ce sont des reines et maîtres de ce rite qui en profitent pour offrir des sacrifices à leurs dieux. LE VAUDOU. Kinshasa aussi a connu des inondations ? Congo : des pluies torrentielles submergent Kinshasa et .. Auparavant, on a fait les mêmes allégations à propos des véhicules renversés sur la route de Nkamba  alors qu’ils transportaient des adeptes kimbanguistes ainsi qu’au sujet des trains et bateaux accidentés en Inde. Il en est même qui vont jusqu’à affirmer, depuis que le tsunami a décimé une grande partie de l’Asie Tremblement de terre du 26 décembre 2004 - Wikipédia et que les volcans, tempêtes,  incendies, cyclones et tremblements de terre se multiplient,  que ce n’est que le commencement de la fin. (Matth. 24 : 3-8) Attention ! Ne tombons pas dans le piège des Témoins de Jéhovah ! (Matth. 24 : 36)

 

On a beau nous rabattre les oreilles qu’Haïti est le pays le plus pauvre du continent américain, je ne puis m’expliquer le silence des autorités locales qui ne viennent de se manifester que ce matin. Ils ont pourtant des téléphones portatifs ! Des citoyens ordinaires ont pu communiquer avec le Canada, le USA et le reste du monde ?

Le président René Préval vient enfin de se manifester 24 heures plus tard. Une partie du palais présidentiel a été réduite en ruines et lui-même se retrouve sans résidence.

Heureusement pour les sinistrés, l’aide internationale s’organise.

 

Les Haïtiens sont un peuple qui a beaucoup souffert. Après la colonisation française, le pays a été dirigé chaotiquement par des tyrans dont François Duvalier et son successeur Jean-Claude qui y ont fait régner la terreur ainsi que par Bertrand Aristide qui a chassé le fils du pouvoir et qui s’est lui-même compromis dans des scandales qui ont précipité sa chute. Aujourd’hui, il vit en exil et suit de loin le film des événements dans ce pays qu’il a promis de sauver de la banqueroute mais que, en réalité, il aurait, paraît-il, commencé à saigner pour se renflouer les poches.

 

Lorsque j’étais encore sur les bancs de l’école, j’ai connu des professeurs d’origine haïtienne qui enseignaient dans certaines écoles de Kinshasa. Je me demandais bien pourquoi à l’époque, vu que nous avions déjà des Congolais qui avaient terminé leurs études dans nos propres écoles. Peut-être était-ce juste temporaire pour combler à une insuffisance conjoncturelle ? C’est plausible. De toute façon, ils ont disparu brusquement, corroborant cette thèse.

 

Au Québec, ce même phénomène s’est produit. Des Haïtiens enseignaient dans les écoles avant que les Québécois soient suffisamment nombreux pour prendre la relève. Il n’empêche que les Haïtiens constituent la diaspora noire la plus importante et la plus intégrée. Plus de 130 000 d’entre eux vivent au Québec dont 60 000  à Montréal.  Mme Michaëlle Jean, Gouverneur général du Canada, les boxeurs Jean Pascal et Joachim Alcine, tous deux champions du monde,  Mme Yolande James, Ministre de l’Immigration du Québec, la députée Vivian Barbot, vice-présidente du parti Le Bloc Québécois, l’écrivain Danny Laferrière, lauréat du Prix Médecis 2009 et Mme Yvette Bonny, spécialiste de la greffe de la moelle épinière, font partie du lot, sans oublier des médecins, avocats, comptables, professeurs et gens d’affaires.   Danny Laferrière l’a échappé belle puisqu’il se trouvait incidemment sur place à Port-au-Prince.  En ce qui concerne le Dr Yvette Bonny,  je m’en souviens du fait qu’elle fut l’une de mes invitées dans ma série documentaire « Montréal au pluriel » diffusée en 1996-1997 à l’antenne de CF-Câble TV.   

 

 

J’ai personnellement des amis personnels dans cette communauté dont l’avocat Michel Coulanges, l’agent d’immeubles Jeff Phileus, la travailleuse communautaire Valine Dalton ainsi que Nirvah Casséus, jadis directrice d’un centre d’encadrement de jeunes et d’alphabétisation pour adultes où j’ai œuvré avant de travailler à Radio Canada en 1990. Avec le temps, j’ai même appris quelques rudiments de créole. Mon épouse Jeanne Lutondo, nos enfants et petits enfants, eux aussi, ont eu des collègues ou ont encore des copains et copines d’origine haïtienne.

 

En ces moments difficiles que vit le peuple frère d’Haïti, je compatis à ses malheurs et j’invite mes lecteurs à imiter mon geste. Tout comme les Afro-Américains, les Caribéens et Antillais sont venus d’Afrique. Je vous réfère à la chanson « Muana Bangui » de feu Pépé Kallé : « Mondele moto akabola biso »

 

Ayant avec eux un passé et des ancêtres communs, nous devrions leur témoigner leur solidarité en tous moments, particulièrement lorsqu’ils sont éprouvés, comme c’est le cas présentement.

 

Avant de terminer, je vous poserais une question. Qu’arriverait-il si un tel séisme frappait une partie de la RDC ou Kinshasa ou Lubumbashi ou Kisangani ou Bukavu ? Avons-nous les moyens pour y faire face ?

 

Soyons vigilants car nul ne sait de quoi demain sera fait ( Matth. 25 : 13)

 

 

 

 

 

 

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